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Íkala, Revista de Lenguaje y Cultura

Print version ISSN 0123-3432

Íkala vol.15 no.25 Medellín May/Aug. 2010

 

ARTÍCULOS DE INVESTIGACIÓN

 

Le texte spécialisé comme élément clé dans la pédagogie de la traduction vers les langues secondes*1

 

The specialized text as a key element in the pedagogy of translation to second languages

 

 

John Humbley**; Óscar Torres Vera***


** John Humbley, Université Paris-Diderot. Professeur des universités, responsable du Master de langues appliquées de l'UFR d'Etudes interculturelles de langues appliquées, spécialisé en traduction spécialisée et en rédaction technique. Ses activités de recherche se déroulent dans le cadre du Centre de linguistique Inter-langues, de lexicologie, de linguistique anglaise et de Corpus de l'Université Paris-Diderot, et du Laboratoire Lexiques, dictionnaires, informatique de l'Université Paris 13, dont il est membre associé. Il est cofondateur corédacteur de Neologica, revue internationale de néologie. Courrier électronique: John.Humbley@eila.univ-paris-diderot.fr
*** ÓscarTorresVera,UniversitéParis13.Professeuragrégéd'espagnol,enseigne en Licence et Master (MIA, Management International des Assurances). Auteur du manuel de traduction: Le theme espagnol: de la phrase au texte (Paris, Ellipses). Courrier électronique: o.torresvera@yahoo.fr

 


RÉSUMÉ

Objectifs: remettre en cause l'attitude de rejet de la traduction vers une langue seconde, compte tenu du rôle véhiculaire de l'anglais et de l'espagnol dans le monde contemporain; proposer quelques principes d'une méthode de traduction s'appuyant sur des textes spécialisés.
Méthode: le point de départ de la méthodologie proposée est de choisir des textes spécialisés, toujours les memes, a traduire tour a tour en anglais et en espagnol. De cette façon, les étudiants comprennent l'importance d'une démarche raisonnée de traduction, qui s'applique, mutatis mutandis, aux deux langues.
S'agissant de textes hautement finalisés, l'accent est mis sur la transmission du message: une analyse des contenus fait ressortir la nécessité de savoir se documenter afin d'en maîtriser la terminologie.
Résultats: puisque les textes spécialisés sont plus contraints que les textes journalistiques, et donc plus prévisibles, les étudiants se rendent vite compte qu'ils arrivent a un résultat tres satisfaisant, moyennant l'application des regles de la méthodologie.
Conclusion: cette démarche permet de jeter les bases d'une méthode qui sera expérimentée grâce a la publication d'un manuel trilingue.

Mots clés: traduction vers la langue seconde, texte finalisé, méthodologie de la traduction, terminologie, langue de spécialité


RESUMEN

Objetivos: cuestionar la costumbre tradicional de traducir solamente a la propia lengua materna, ya que el inglés y el espanol se han convertido en idiomas vehiculares e internacionales; sugerir métodos para ensenar a traducir utilizando textos especializados.
Método: el punto de partida es presentarles a los estudiantes textos especializados, aunque sencillos, que se deben traducir a ambas lenguas. Al hacer esto, los estudiantes se dan cuenta de la importancia de adquirir una estrategia de traducción, que se puede aplicar, mutatis mutandis, a ambas lenguas. Ya que los textos son de fnes específcos, el principal objetivo de la traducción es la comunicación del mensaje: el análisis de contenido requiere la amplia recurrencia a la investigación documental para llegar a dominar la terminología utilizada.
Resultados: ya que los textos especializados son más estandarizados y predecibles que los periodísticos, los estudiantes pronto se dan cuenta de que pueden alcanzar los resultados acercándose a aquéllos de los hablantes nativos en la medida en que apliquen los principios fundamentales.
Conclusión: el enfoque ha allanado el camino para un manual trilingüe que será una propuesta de publicación.

Palabras clave: traducción a un segundo idioma, idiomas aplicados, texto de fines específicos, principios de traducción, terminología


ABSTRACT

Objectives: To question the traditional ethos of only translating into one's mother tongue, since English and Spanish have become vehicular, international languages; put forward some suggestions for a method of teaching translation using specialised texts.
Method: The starting point is to present to the learners simple though specialised texts to be translated into both languages. In doing so, students realise how important it is to acquire a translation strategy, which can be applied, mutatis mutandis, to both languages. Since the texts are goal-oriented, the prime aim of translating is getting the message across: content analysis necessitates extensive use of documentary research in order to master the terminology used.
Results: Since specialised texts are more standardized and predictable than journalistic texts, students soon realise that they can achieve results approaching those of native speakers, so long as they apply the relevant principles.
Conclusion: The approach has paved the way for a trilingual handbook to be proposed for publication.

Key words: Translation into the second language, applied languages, goal-orientated text, translation principles, terminology


 

 

1. INTRODUCTION

Cet article est essentiellement une réflexion méthodologique sur une série d'expériences menées dans le cadre de l'enseignement des langues appliquées en France, en particulier en ce qui concerne l'anglais et l'espagnol. Le but de cette initiation est de privilégier une démarche communicative, ce qui caractérise la traduction pragmatique, connue depuis longtemps (Delisle 1999). Celle-ci vise des textes spécialisés et hautement finalisés qui se pretent facilement a une évaluation pratique: la traduction est bonne si les destinataires parviennent a en tirer les renseignements utiles, ou a exécuter les instructions contenues dans le texte traduit. Cette démarche est, selon nous , tout aussi applicable a la traduction vers la langue seconde qu'a la traduction vers la langue maternelle. Elle mérite toutefois réflexion, car il y a peu la traduction vers la langue seconde n'entrait pas encore directement dans la formation du traducteur professionnel. Nous discuterons de la position déontologique qu'il convient d'adopter a cet égard, car nous estimons, a la différence de certaines organisations professionnelles de traducteurs, qu'il est légitime de traduire des types particuliers de textes vers une langue seconde dans des situations bien précises. L'une des conditions requises est une formation spécifique, dont nous esquissons ici les grandes lignes. Afin de souligner l'importance de la méthode dans la démarche préconisée, nous adoptons une méthode identique pour préparer des textes en langue française qui seront traduits en anglais et en espagnol. Un socle commun de connaissances et de stratégies de communication est donc établi avant d'envisager la transposition vers les deux langues cibles.

Cette formation comporte une progression qui consiste a partir des textes a traduire de nature générale, tels qu'on les pratique dans les formations classiques, pour aboutir a des textes tres spécialisés. Il en ressortira que la spécialisation, qui s'appuie sur des structures linguistiques et surtout textuelles prévisibles, ainsi que sur un lexique relativement contrôlé, convient bien a ce type de traduction. En retenant les memes textes a traduire vers l'anglais et vers l'espagnol, nous mettons l'accent sur l'analyse préalable a la traduction, qui comporte des étapes extralinguistiques indispensables a la compréhension, et donc a la restitution du texte. Meme au niveau de la reformulation dans la langue seconde, nous notons des constantes dans la démarche, au-dela des spécificités de chaque langue.

 

2. LES MODIFICATIONS DANS LE MARCHÉ DE LA TRADUCTION ET DANS SA FORMATION

Il est possible d'affirmer, sans schématiser a l'exces, que dans les premieres années des cursus universitaires la conception de la traduction a été calquée sur les pratiques des filieres classiques. La traduction littéraire a toutefois fait place a la traduction de textes de civilisation ou d'économie, que ce soit vers la langue maternelle ou vers la langue étrangere. Cependant, la traduction restait dans les deux cas un exercice essentiellement scolaire qui ne visait aucune application professionnelle. Plus récemment, la professionnalisation a amené un infléchissement de la pratique de ce que l'on appelle encore la ''version'' pour aborder des types de textes qu'un traducteur professionnel serait appelé a traiter. Le ''theme'' , en revanche, reste cantonné a l'esprit scolaire, dont l'objectif est principalement l'acquisition de la langue étrangere.

Un choix de textes a traduire privilégiant des sujets plus professionnels ne garantit cependant pas une meilleure adéquation a la formation des étudiants. Contrairement aux idées reçues, les textes journalistiques sont souvent bien plus complexes d'un point de vue linguistique, et donc plus difficiles a traduire que les documents tres spécialisés. L'extrait suivant est un exemple de ce qui a été proposé a des étudiants de deuxieme et de troisieme années de licence en Langues étrangeres appliquées dans nos universités:

Consommation. Les Français entre plaisir et contrainte.

Consommation contrainte ou achat plaisir? Les deux répondent les Français. Telle est la conclusion de l'enquete menée par TNS Sofres pour LaSer. Pas réellement désenchantés, toujours fortement impliqués, les consommateurs ont désacralisé l'acte d'achat, qui n'est plus statutaire -et encore moins identitaire. [...] Véronique Yvernault, LSA, p. 46-47, 16 novembre 2006 [LSA, Groupe Industrie Services Info]

Le texte est tres général, mais le style journalistique, tres élaboré, contient des métaphores en tres grande quantité. Ces dernieres sont pertinentes dans le domaine du marketing, mais elles constituent un défi que les étudiants, pour etre démunis aussi bien sur le plan cognitif que d'un point de vue de l'expression linguistique, auront bien du mal a relever. S'ajoutant aux autres obstacles stylistiques, les difficultés de ce type de texte se situent a trop de niveaux différents pour que les étudiants puissent y faire face, de telle sorte que l'exercice ne parvient pas a atteindre son objectif premier, a savoir le maniement du code de l'anglais ou de l'espagnol au regard du code du français. La tentative de traduction que font les étudiants est inévitablement tres médiocre, ce qui a pour effet de décourager ces derniers.

 

3. DU ''THEME'' A LA TRADUCTION DE TEXTES FINALISÉS VERS LA LANGUE SECONDE

Le décalage dans l'évolution de l'offre de formation n'a rien d'étonnant: si la traduction vers la langue maternelle est reconnue comme l'activité normale du traducteur professionnel, la traduction vers la langue seconde est encore considérée comme contraire a la déontologie de la profession. C'est la position de la Société française des traducteurs, qui déconseille a ses adhérents d'accepter des missions de traduction qui ne viseraient pas la langue maternelle du traducteur. Les traducteurs des autres grandes langues ont généralement une attitude comparable: c'est aussi le cas des traducteurs de langue anglaise. Cependant, si l'on considere le cas de langues moins répandues, on comprend qu'il s'agit plutôt d'une prise de position d'ordre culturel. Les traducteurs scandinaves, pour ne donner que cet exemple, traduisent régulierement vers l'anglais, voire vers d'autres langues, car il existe trop peu de traducteurs anglophones ou francophones capables de rendre un texte danois, suédois ou finnois en anglais ou en français. Il semblerait que le résultat ne soit pas trop mauvais: on recense en effet peu de plaintes concernant les notices Electrolux ou Nokia. On objectera sans doute que les Scandinaves ont une bien meilleure maîtrise de l'anglais que les Français, et que l'anglais est chez eux une langue seconde plutôt qu'une langue étrangere. Cet argument est tout a fait recevable: la traduction n'est guere envisageable vers une langue dans laquelle on ne possede pas d'expérience communicative. Mais la situation de l'anglais évolue rapidement, en France comme ailleurs dans le monde. Ces deux évolutions nous incitent a priori a ne plus exclure la traduction vers l'anglais.

En France, les responsables des filieres de traduction constatent que leurs étudiants sont de plus en plus souvent amenés a traduire vers l'anglais dans le cadre de leur expérience professionnelle, que ce soit lors de stages ou de périodes d'apprentissage. On peut citer le cas de la promotion du Master des Industries de la langue et traduction de l'Université de Paris-Diderot de 2008-2009: un sondage effectué en fin d'année scolaire révele que plus d'un tiers des 36 étudiants traduisent vers l'anglais durant leur période d'apprentissage en entreprise. Pour la plupart il s'agit de traductions relativement occasionnelles, mais pour d'autres cela représente l'essentiel de leur travail. Si la profession change, il est du devoir des formateurs de répondre au défi.

Au niveau international, une autre tendance se manifeste et a pour effet de conforter notre point de vue. Comme le signale Brian Mossop, les anglophones constituent désormais une minorité a l'intérieur de ce qu'il appelle l'anglophonie, c'est-a-dire l'ensemble de ceux qui se servent de l'anglais comme langue véhiculaire, surtout pour lire des textes spécialisés, aussi bien dans un cadre professionnel que privé. Pour ces types de textes, mieux vaut une rédaction simple, claire et prévisible qu'une traduction trop idiomatique, qui risquerait de désorienter l'utilisateur non anglophone. ''To put it in economic terms, employers and buyers of translations may be less inclined to pay for editing 'up'to the old standard'' (Mossop 2006:792). En lisant entre les lignes, on voit arriver le jour ou le non anglophone, parfaitement rompu aux techniques de rédaction et de traduction spécialisée, sera préféré a l'anglophone, moins conscient des difficultés que ses phrases trop bien tournées peuvent occasionner lorsqu'un non anglophone lit ses textes. Les rédacteurs techniques ont d'ailleurs montré la voie: depuis plus d'une décennie, ceux-ci rédigent aussi bien en anglais qu'en français, sans que personne ne trouve rien a redire (cf. Karel 2007).

On peut donc démontrer qu'il existe en France une demande de la traduction vers l'anglais et que pour certains types de textes, surtout ceux qui s'adressent a un public international, le concours d'un natif n'est plus obligatoire, bien au contraire. Mais qu'en est-il pour l'espagnol? Certes, l'espagnol n'a pas le meme statut que l'anglais, langue véhiculaire internationale par excellence, mais on peut dire qu'il suit le meme chemin. Tout comme l'anglais, et contrairement a l'allemand, par exemple, l'espagnol est une langue internationale, véhiculaire et pluricentrique dont les besoins en traduction vont croissant. Le meme sondage aupres des étudiants de Master a Paris-Diderot révele que certains traduisent vers l'espagnol, expérience confirmée par d'anciens éleves des promotions antérieures.

Une troisieme raison nous incite a remettre en cause le tabou de la traduction vers la langue seconde: la nature meme de la communication et donc de la traduction technique, qui n'est qu'en partie linguistique. Les linguistes ont tendance, dans les textes techniques, a faire abstraction de tout ce qui ne releve pas de la langue. Le spécialiste procede tout a fait autrement: les schémas, les formules, les organigrammes constituent souvent l'essentiel de sa lecture, qu'il complete le cas échéant en se rapportant a un texte explicatif. Une tendance qui ne cesse d'augmenter. Il suffit en effet de regarder l'évolution des notices d'entretien et de dépannage d'équipements mécaniques pour se rendre compte que la notice papier est souvent remplacée par le DVD, qui utilise des vidéos, des animations, des bruitages, et éventuellement un peu de texte pour expliquer les techniques de dépannage. Il s'agit certes d'un cas extreme, mais il montre bien une tendance. Le traducteur de demain doit maîtriser bien plus qu'une belle tournure de phrase.

Les formations de traducteurs et de rédacteurs doivent désormais comporter un volet important d'initiation aux différents outils de la communication technique. La langue, ou plutôt les langues, restent importantes, mais on relativise désormais la place qu'elles occupent.

Comment répondre donc a cette nouvelle situation, du moins pour la composante linguistique? Il est évident que le cursus de formation nécessite le meme genre de renouveau que celui que la traduction vers la langue maternelle a connu ces dernieres années. Le défi est de concevoir une méthodologie qui forme réellement les étudiants a traduire certains types de textes. Il convient donc de bien définir les types textuels, les situations de traduction et les méthodes auxquelles les étudiants peuvent faire appel pour se sentir a l'aise dans leur démarche traductrice. C'est ce dernier point que nous approfondissons dans le reste de l'article. Pour les types textuels, on peut se limiter a des textes pragmatiques et surtout procéduraux. Pour les situations on peut privilégier celles ou le public est connu et restreint, et exclure celles ou il est trop vaste et donc par définition inconnu: on pourra donc envisager la traduction d'une étude d'impact qui reste a l'intérieur d'une entreprise ou d'un secteur donnés, et exclure des textes de marketing destinés au grand public.

 

4. UNE DÉMARCHE TRADUCTIONNELLE

Reste donc a déterminer une méthodologie de traduction qui convienne a la langue seconde. Puisque les théories de la traduction sont conçues pour la traduction vers la langue maternelle, leur adaptation a la langue seconde n'est pas sans probleme. La théorie interprétative est celle que l'on privilégie en France, surtout dans les écoles de traducteurs, et elle n'est pas facile a repenser pour la traduction vers la langue seconde. Jean Delisle (1999) ne l'envisage que vers la langue maternelle. En effet, la théorie comporte une phase de déverbalisation, véritable boîte noire, ou le traducteur, a l'instar de l'interprete, fait completement abstraction des mots du texte de départ pour se concentrer sur le message, qu'il restitue spontanément dans sa langue maternelle. La déverbalisation représente un défi au niveau de l'analyse, et on peut se demander si l'étudiant n'a pas besoin de regles pour le guider dans sa démarche. C'est sans doute cette explicitation d'un certain nombre de regles de traduction - ou du moins de régularités - qui a fait le succes de la ''stylistique comparée'' du vénérable Vinay & Darbelnet ([1977] 2000), encore bien connue dans les universités françaises. On peut évoquer aussi les manuels de traduction qui s'inspirent de la linguistique énonciative (cf. Chuquet & Paillard 1997), et qui s'appuient sur des principes linguistiques raisonnés. Une troisieme approche, l'analyse fonctionnelle-systémique, caractéristique de la démarche de M. Halliday (cf. Webster 2004), se fonde sur les fonctions de la communication, qui convient bien a une démarche traductrice.

Le principe de base de la démarche que nous préconisons, comme en général en traduction, est l'obligation de faire passer le message. Les moyens mis en ouvre sont essentiellement la méthodologie qui est a la disposition du traducteur non natif, ainsi que les outils auxquels il fait appel: dictionnaires, bases de données, mémoire de traduction et autres corpus. On retiendra surtout les différentes méthodes de reformulation, en particulier celle que Halliday appelle la métaphore grammaticale.

Le texte spécialisé se prete particulierement bien a cette démarche. Par spécialisés nous entendons des documents proposant une communication sur des sujets nécessitant des connaissances qui ne relevent pas de la simple maîtrise du systeme linguistique. Dans ce cadre, le genre textuel prototypique est le texte procédural, le texte de consignes, d'instructions, dont la finalité se prete a une validation a la fois pratique et objective, comme nous l'avons défini ci-dessus. Si le texte traduit permet a l'utilisateur de réaliser l'opération recherchée, alors la traduction est réussie.

4.1 la place de la recherche documentaire et de la terminologie

Le texte le plus basique de ce genre est sans doute la recette de cuisine. Il s'agit d'un des ''minilectes'', tels que Marianne Nordman (1996)2 les définit.

Le vocabulaire est limité, spécialisé, mais a la portée du néophyte. La structure du texte est bien balisée et prévisible, le jeu des temps verbaux est également limité, celui de la détermination est moins facile a cerner: pour l'anglais tout au moins les regles de l'omission de l'article défini semblent fluctuantes. Mais le néophyte doit surtout se renseigner sur la spécialité, et en le faisant, il devient lui-meme un peu cuisinier. Le premier outil du point de vue chronologique n'est donc pas linguistique, mais documentaire: la premiere recherche a effectuer est celle des documents. Cette phase de l'analyse, qui est bien plus importante que ce que les étudiants imaginent, est valable quelle que soit la langue vers laquelle on traduit. C'est pour cette raison que nous travaillons sur les memes textes en préparation de la traduction vers les deux langues, d'une part pour ne pas alourdir inutilement le travail préalable, d'autre part pour bien souligner son caractere indispensable. En prenant comme exemple la recette suivante, on voit que meme le texte spécialisé le plus simple pose un probleme de terminologie que seule la recherche documentaireest a meme de résoudre:

Pain aux olives et bacon

Ingrédients :

250g de farine type 55

12g de levure de biere [...]3

Quelle est le sens de ''type 55'' lorsqu'il s'agit de farine? On est obligé de rechercher le reglement en question, qui est particulier a la France, puisqu'il remonte a une législation vieille d'une cinquantaine d'années. On apprend qu'il s'agit d'une norme française qui indique un contenu de 0,5% et 0,6% de cendre dans la farine. Bien avant de commencer a traduire, le traducteur doit donc connaître la valeur de cette mention. Mais il ne suffit pas de savoir que la farine requise doit comporter entre 0,5% et 0,6% de cendre, encore faut-il situer ce renseignement, et le mettre en relation avec son contexte. Quel genre de farine comporte quelles proportions de cendre? En poussant plus loin la recherche documentaire, on apprend que cette teneur est typique du pain, du moins tel qu'on le mange en France. Un pain viennois en comporte moins (type 45), tandis qu'un pain complet bien plus (type 80). Le traducteur doit intégrer tous ces renseignements d'ordre terminologique avant de se poser des questions d'ordre strictement traductionnel. On peut effectivement se poser certaines questions a propos de cette recherche. Il s'agit bien d'une norme nationale, et le traducteur doit se documenter pour savoir comment trouver un équivalent pratique pour le pays ou la recette sera lue. Pour l'Espagne, la norme internationale est connue, comme en France (harina tipo 55), tandis que l'Argentine a la variante harina 550. S'il s'agit des Etats-Unis, il ne suffit pas d'indiquer ''typical French bread flour'' , car l'utilisateur ne pourrait pas se servir de cet ''équivalent'' pour se procurer l'ingrédient idoine. Une nouvelle recherche s'impose, pour savoir si, par exemple ''all purpose bread flour'' comporte 0,5% et 0,6% de cendre et s'il représente ainsi un équivalent ''pratique'' . Selon la meme logique, le traducteur retiendra (peut-etre) la mesure en grammes pour un public de boulangers, mais adoptera la mesure quelque peu folklorique de cupfuls, tablespoonfuls, qui serait peut-etre plus parlante a la ménagere américaine de plus de quarante ans (et sans doute britannique, du moins pour les plus âgées).

Apres avoir consacré un temps certain a ce genre de recherche, l'apprenti traducteur possede un aperçu des activités réelles d'un professionnel, et se rend rapidement compte que les problemes vitaux de son métier ne sont pas tous linguistiques, loin s'en faut. Une erreur de communication sur le type de pain est plus néfaste pour la qualité du produit qu'une maladresse au niveau de l'emploi des articles. Les interrogations linguistiques arrivent lorsque les interrogations concernant les connaissances et le pourquoi de la communication sont résolues.

4.2 Le texte finalisé: pour qui traduit-on?

L'exemple de la recette a traduire met en exergue un probleme fondamental de l'apprentissage de la traduction qui se manifeste lorsque l'on souhaite adopter une stratégie résolument communicative. Si l'on ne s'adresse pas a un vrai public, c'est-a-dire a un lecteur ''en chair et en os'' , alors a part pour le professeur on ne sait pas tres bien pour qui on traduit. On est donc face a un vrai dilemme que l'on ne peut résoudre que si l'on sort de sa tour d'ivoire.

Fort heureusement le besoin de textes traduits dans les langues véhiculaires dépasse tres largement les moyens de paiement des donneurs d'ordre potentiels. On peut se tourner vers le secteur non concurrentiel, car il est exclu de faire concurrence aux anciens étudiants devenus depuis professionnels, pour proposer la traduction de textes satisfaisant un besoin latent. Dans l'exemple suivant nous présentons un guide local. La collectivité concernée souhaitait disposer d'une version en anglais et d'une version en espagnol de ce document.

 

 

La toute premiere partie du dépliant touristique nous renvoie directement a des questions de civilisation. Comment faire en sorte que le touriste de langue anglaise ou espagnole se repere par rapport a la Mairie - la priorité est bien qu'il ne se perde pas, n'est-ce pas? Une recherche documentaire est bien entendu possible afin de savoir a quoi correspondent les communes et les mairies dans les différents pays anglophones et hispanophones. Mais la logique de la communication et de la finalité du texte doit rester le fil conducteur: lorsqu'il s'agit de traduire une brochure touristique, le rôle du traducteur n'est pas de faire un cours sur l'administration communale, pas plus qu'une comparaison des systemes de développement local a l'échelle de l'Europe. Ce qui importe au visiteur, c'est de savoir qu'il se trouve dans un village qui s'appelle Amillis et qu'il commence son parcours devant un bâtiment public bien déterminé. Le reste n'a guere d'importance. Le traducteur peut donc tres bien faire l'impasse sur l'équivalence précise de commune: dans le cas présent, village est suffisant. Cette équivalence fonctionnelle lui donne en plus la clé de la traduction de mairie: pour l'espagnol, il s'agit de ayuntamiento plutôt que de alcaldía; pour l'anglais, les dictionnaires bilingues indiquent city hall, town hall, équivalents de toute évidence surdimensionnés par rapport a Amillis. Il suffit seulement de descendre d'une pointure pour trouver village hall, tout en indiquant, pour les deux langues d'ailleurs, Mairie, car en France, ce mot apparaît généralement bien en évidence sur la façade du bâtiment en question (hypothese confirmée par Google Earth).

Mais des recherches documentaires restent nécessaires. Pour traduire l'indication suivante, le traducteur doit rassembler plusieurs types de renseignements.

GR -Avant le pont sur l'Aubetin, tourner a droite (la ferme Champ Blanchard ou la princesse Clotilde petite fille de Louis Philippe passa son enfance).

D'abord le sigle GR, dans le cadre d'un parcours, renvoie au terme (chemin de) grande randonnée: le touriste étranger doit donc savoir qu'il s'agit du chemin qu'il doit prendre, et qu'il est signalé par des balises portant le sigle en question. De meme, il est important qu'il sache que l'Aubetin est un cours d'eau. Des renseignements d'un autre ordre interviennent lorsqu'il s'agit de traduire l'allusion historique: si le roi-citoyen est bien connu des Français, il faut une explication pour les versions anglaise et espagnole. Ici, il ne s'agit pas de renseignements gratuits: le visiteur fait un parcours culturel et historique, et il est important qu'il puisse situer ce qu'il voit dans un contexte qui ne lui est que tres partiellement familier. Le traducteur joue ici pleinement son rôle d'intermédiaire culturel, et, comme il doit devenir un peu cuisinier pour bien traduire des recettes, il doit etre un peu historien pour jouer son rôle devant un public anglophone et hispanophone. Il lui faut encore expliquer la signification des prieurés dans la campagne briarde, ainsi que le rôle des Templiers dans la construction des commanderies, qui apparaissent plus loin dans ce petit guide.

4.3 Quelques outils documentaires et terminologiques

Pour bien préparer le futur traducteur a des types de textes qu'il aura a traduire dans l'exercice de son métier, il ne faut pas avoir peur d'aborder des textes bien plus spécialisés; c'est le principe meme de la méthode: plus le texte est technique, plus le traducteur fait appel a ses différentes compétences, celle de la langue s'insérant naturellement dans le contexte de communication. Ici, les principes et méthodes de la terminologie jouent un rôle important.

Qu'est-ce que le PER?

Le P.E.R (PolyEthylene Réticulé) est un tube en matériau de synthese opaque de tres grande qualité. Il est disponible en 3 diametres différents:

  • 10 x 12 pour éviers, lavabo, WC et radiateurs jusqu'a 2000W.
  • 13 x 16 pour baignoires, douches et radiateurs au dela de 2000W
  • 16 x 20 pour des débits plus importants.

Il existe également en tube prégainé pour etre encastré dans les cloisons ou noyé dans une dalle4.

Encore une fois, la recherche documentaire s'impose, en premier lieu au niveau de la terminologie. Au-dela des dictionnaires et des bases terminologiques en ligne5, le traducteur consultera avec précaution, mais avec toujours plus de plaisir, l'encyclopédie collaborative Wikipédia. On peut avoir quelques réticences a l'égard de cette initiative, ce qui est tout a fait légitime, surtout lorsqu'il s'agit d'articles qui pretent a polémique. Il serait malgré tout dommage de ne pas profiter de ses forces, a condition de se méfier de ses faiblesses. L'un des points forts de l'encyclopédie collaborative est la précision de tres nombreux articles techniques, généralement rédigés par des militants compétents, parfois par le spécialiste d'un domaine émergent (c'est le cas par exemple pour les articles en français sur le placement de marques). Mais on peut également citer le plurilinguisme: les articles sont rédigés indépendamment dans plusieurs langues, ce qui permet un contrôle des informations et surtout des équivalences proposées6. Si l'on cherche une définition de PER, Wikipédia français nous donne les informations suivantes:

Le PER signifie Polyéthylene Réticulé. La réticulation du PE permet d'améliorer certaines propriétés, et particulierement la résistance aux hautes températures, ce qui permet son utilisation en réseau d'eau chaude et froide sanitaire ou en réseau de chauffage7.

L'étudiant comprend immédiatement qu'il est sur la bonne voie. En cliquant sur le bouton indiquant l'article correspondant en anglais, on obtient ceci:

[ ''PEX'' redirects here.] For other uses, see pex.

*Cross-linked polyethylene, commonly abbreviated PEX or XLPE, is a form of polyethylene with cross-links. It is formed into tubing, and is used predominantly in hydronic radiant heating systems, domestic water piping and insulation for high tension electrical cables8.

Les deux articles permettent au traducteur en herbe d'effectuer un premier tour de piste, l'anglais fournissant un éclairage supplémentaire par rapport au français (la réticulation est une forme de liens croisés...). Ils mettent également le traducteur sur la bonne piste pour trouver l'équivalent des tuyaux (les dictionnaires lui indiquent une pléthore de synonymes, tandis que Wikipédia en anglais ne parle que de piping).

Ce dernier point illustre l'importance de se constituer un corpus de textes en langue cible qui a la meme finalité, afin que le traducteur puisse s'appuyer sur les régularités phraséologiques de ce genre de discours.

La derniere ressource documentaire, peut-etre la plus importante, est le corpus ad hoc constitué pour les besoins de la traduction. Lorsqu'on traduit une recette, un guide de randonnée, un mode d'emploi, on cherche a rassembler des documents du meme genre textuel dans les langues cibles, afin de s'approprier non seulement la terminologie mais surtout la phraséologie du domaine visé. Pour des textes spécialisés, meme un corpus de taille tres modeste peut suffire a indiquer les bonnes collocations des termes déja repérés. Pour plus d'indications voir Kübler (dir.) (a paraître).

4.4 La composante linguistique

Lorsque la recherche documentaire et terminologique est achevée et que les questions de communication sont résolues, le traducteur n'a plus qu'a traduire, sachant qu'il a a sa disposition tout ce qu'il faut pour transmettre le message. Nous adoptons dans cette méthodologie une démarche radicalement cibliste, et nous mettons tout en ouvre pour anticiper les besoins du destinataire du texte. Tout ce qui compte, c'est que le texte fonctionne comme il est censé fonctionner: le traducteur a le droit de reformuler comme il l'entend pour que ce but soit atteint.

Mais le traducteur n'est pas livré a lui-meme lorsqu'il traduit ce genre de textes tres ciblés. Ils correspondent aux canons de la rédaction technique (Mallender 2002), qui, conçus dans le but de faciliter la transmission d'informations, fournissent un guide fiable au traducteur.

La pose des raccords

Ils se posent avec un outillage spécifique réduit. Vous utilisez :

- le G3/8 pour les tubes de diametre 129

On y apprend dans les manuels de rédaction technique que l'on s'adresse directement et sans ambages a l'utilisateur:

''You don't need much special equipment, just:...''

ou encore:

''You don't need any very particular tools, just....'' ''You don't need any very particular tools, just....''

Quant au titre, on apprend également qu'il convient, en anglais, de privilégier les verbes conjugués, ou, a défaut, des gérondifs. Le titre devient donc en anglais:

''Fitting joints''

Cette opération peut s'expliquer par la métaphore grammaticale de Halliday: a la place d'une encapsulation de l'action désignée, exprimée en français par pose des raccords, on peut riposter en anglais en déballant la construction, qui vient de ''(comment) on pose des raccords'', how you fit joints, qui pourrait représenter une traduction tout a fait acceptable, mais que l'on peut encore reformuler pour aboutir a fitting joints. Lorsque le traducteur est a l'aise avec ce genre de manipulation, il peut expérimenter différentes solutions.

Les considérations linguistiques comportent également les questions de stylistique comparée, comme Vinay et Darbelnet l'avaient tres bien vu. Dans certains types de textes en français, il est courant de construire des phrases, surtout des questions, sans verbe conjugué. Le recours a un corpus ad hoc de textes du meme genre, rédigés en langue cible, fait partie intégrante de la démarche.

 

5. PERSPECTIVES

Il serait prématuré de parler de conclusion dans ce contexte. La préparation des futurs professionnels a la traduction vers la langue seconde en est a ses premiers balbutiements, du moins en France, et il serait intéressant de comparer ce qui est proposé ici avec les pratiques les plus avancées des pays ou ce genre de traduction n'a rien de révolutionnaire. Mais avant d'aller voir ce qui se fait ailleurs, il reste encore beaucoup a faire au niveau de la démarche dont nous venons d'esquisser les grandes lignes dans cet article. Les besoins se situent a la fois au niveau des objectifs précis de la formation en termes de types de textes visés, au niveau de la méthode elle-meme, qui doit etre précisée et structurée, mais aussi des moyens a mettre en ouvre pour atteindre les objectifs.

Une des priorités en matiere de contenu est la définition des types de textes qui sont susceptibles d'entrer dans les compétences du traducteur. Nous nous sommes ici bornés a travailler sur les genres textuels qui de toute évidence se pretent bien a ce genre d'exploitation, soit des textes hautement structurés et contraints, qui font appel a des codes autres que celui de la langue et qui ont surtout une finalité pratique. Les modes d'emploi et les instructions de différents types rentrent clairement dans cette catégorie. Mais il existe bien d'autres genres textuels qui bien qu'ils ne correspondent pas a ces criteres font l'objet de traduction dans un contexte professionnel. La question qui se pose est de savoir si ces genres textuels relevent de la compétence d'un traducteur ''langue seconde'' , et si c'est le cas, pour quel prix?

Meme a l'intérieur des genres relativement balisés, comme le mode d'emploi, une pédagogie précise reste encore a élaborer. Les textes qui se pretent le mieux a ce genre d'exploitation sont ceux qui se rapprochent le plus de la rédaction technique, car les principes élaborés pour la langue 1 se révelent d'une aide précieuse pour la langue 2, ce qui laisse entendre que l'exercice que nous proposons releve autant de la rédaction que de la traduction.

Parmi les moyens a mettre en ouvre pour construire cette pédagogie, plusieurs pistes méritent d'etre explorées. Sur le plan pratique, les auteurs préparent un manuel de traduction dont le but est de présenter la méthode et de sensibiliser les étudiants et les enseignants a la démarche, en les invitant a réfléchir sur les techniques de communication. Il serait bien utile par ailleurs d'envisager un forum grâce auquel il serait possible d'échanger les expériences et de confronter les problemes pratiques et méthodologiques.

 

RÉFÉRENCES

1. Chuquet, H et Paillard, M. (1997). Approche linguistique des problemes de traduction anglaisfrançais. Paris: Ophrys.         [ Links ]

2. Delisle, J. (1999). La traduction raisonnée. Manuel d'initiation a la traduction professionnelle. Ottawa: Presses universitaires d'Ottawa.         [ Links ]

3. Karel, D. (2007). ''Culture affects technical writing in a second language'' Multilingua, 18 (2), 79-82.        [ Links ]

4. Kübler, N. (a paraître). Practical approaches of theorical models for language corpora and language-related teaching. Bern: Peter Lang.        [ Links ]

5. Mallender, A. (2002). L'ABC de la rédaction technique. Paris: Dunod.         [ Links ]

6. Mossop, B. (2006). ''Has Computerization Changed Translation?'' Meta 51(4), 787-793.         [ Links ]

7. Nordman, M. (1996). ''Cooking recipes and knitting patterns: Two minilects representing technical writing'', dans K.-D. Baumann et H. Kalverkämper (dir.). Fachliche Textsorten: Komponenten-Relationen-Strategien (pp. 554-575)Tübingen : Gunter Narr Verlag.         [ Links ]

8. Nordman, M. (1998). ''Der Wetterbericht in Tageszeitungen'' dans L.Hoffmann, H. Kalverkämper et H. Wiegand (dir.) Ein internationales Handbuch zur Fachsprachenforschung und Terminologiewissenschaft (pp. 562-567). Berlin: De Gruyter.         [ Links ]

9. Vinay, J.P, et Darbelnet, J. ([1977] 2000). Stylistique comparée du français et de l'anglais. Montréal: Beauchemin.         [ Links ]

10. Webster, J. (dir) (2004). The Language of Science. London : Continuum.         [ Links ]

 

 

* Recibido: 08-02-10
Aceptado: 14-06-10

 

 

NOTES

1 La recherche faisant l'objet de cet article a commencé comme simple initiative de renouveau pédagogique menée au sein des deux universités concernées (Paris-Diderot, Paris 13) dans le but de mieux cibler les besoins professionnels en traduction spécialisée. Les résultats ont été présentés oralement dans une communication au trentieme colloque du GERAS (Groupe d'Études et de Recherche en Anglais de Spécialité) le 12 mars 2009 a Rennes.

2 Un autre type de texte, non procédural, mais encore plus contraint, est celui du bulletin météorologique, auquel Nordman a également consacré un article tres éclairant, qui montre a la fois les nombreuses normes de rédaction qui ont fni par remplacer le traducteur humain par la machine, tant elles sont prévisibles, tout en faisant ressortir des spécifcités culturelles entre météos nationales. Les bulletins météorologiques représentent un excellent terrain d'observation et d'entraînement pour le traducteur technique en formation: les étudiants peuvent constituer leur propre corpus, qui leur permet d'analyser les spécifcités rédactionnelles propres a chaque communauté nationale ou linguistique.

3 Les recettes de Valérie:http://www.recettesdevalerie.com/recette-173/pain-aux-olives-et-bacon.html, consulté le 02.02.2007.

4 La plomberie en PER, http://plomberie.per.free.fr/EmploiPERRetigripp, consulté le 12.03.2007.

5 Termium, la banque de terminologie du gouvernement fédéral canadien, comporte de tres nombreux avantages par rapport a ses concurrents: elle est conçue comme outil de traduction, et alimentée par l'expérience des traducteurs et des terminologues praticiens. Elle ne comporte que trois langues: le français, l'anglais et l'espagnol, mais cette restriction est garantie de qualité. Et depuis peu, elle est d'acces libre.

6 Le recours a Wikipédia se révele bien utile pour comprendre les différentes qualités de farines, un des premiers problemes documentaires constatés lors de la traduction de la recette: les articles en français et en anglais et en espagnol réunissent l'essentiel des informations sur le sujet, sauf pour l'article PER/PEX, pas encore disponible en espagnol au moment de la rédaction. Tout au plus, on peut regretter que la référence précise a la législation française ne soit pas indiquée. Les manuels scolaires consultés ne donnent pas cette précision non plus.

7 http://fr.wikipedia.org/wiki/Poly%C3%A9thyl%C3%A8ne_r%C3%A9ticul%C3%A9, consulté le 01.03.2009.

8 http://en.wikipedia.org/wiki/Cross-linked_polyethylene

9 La plomberie en PER, http://plomberie.per.free.fr/EmploiPERRetigripp, consulté le 15.03.2007.

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