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Revista Científica General José María Córdova

Print version ISSN 1900-6586

Rev. Cient. Gen. José María Córdova vol.10 no.10 Bogotá Jan. 2012

 

La traduction français-espagnol du vocabulaire militaire. Analyse de son traitement lexicographique*

La traducción francés-español del vocabulario militar. Análisis de su tratamiento lexicográfico

Translation of Military Vocabulary from French into Spanish: An Analysis for its Lexicographic Treatment

A tradução do francês-espanhol do vocabulário militar. Análise de seu tratamento lexicográfico

Ascensión Sierra Sorianoa

* Cet article fut déjà publié dans la revue internationale Ibérica (2000:27-42) de l'association AELFE ("Asociación Europea de Lenguas para Fines Específicos") en raison du caractère spécifique du lexique analysé. Cette nouvelle publication, quant à elle, est due à la nature même de cette spécificité, la terminologie analysée étant la terminologie militaire.
a Licenciatura en Lenguas Románicas por la Universitat de València (España). Premio nacional de terminación de estudios (España). Diplôme Supérieur de l'Enseignement du Français Langue Étrangère par l'Université de Toulouse-Le Mirail (France). Doctora en Lingüística Francesa por la Universidad de Valencia (España). Profesora de la Universidad de Alicante (España). Miembro del grupo de investigación TRADCyT (Traducción Científica y Técnica -Universitat de València- Universidad de Alicante- España). Comentarios a: ascension.sierra@ua.es

Recibido: 6 de Febrero de 2012. • Aceptado: 10 de Marzo de 2012.


Résumé

La participation de l'Armée espagnole à des opérations internationales a fait croître le besoin des services de traduction dans le but d'obtenir une communication précise et indispensable entre les membres des différentes armées. S'il est vrai qu'il existe quelques dictionnaires anglais-espagnol qui traduisent le vocabulaire militaire, il n'y a pratiquement pas de dictionnaire français-espagnol. Par conséquent, les militaires doivent consulter des dictionnaires bilingues généraux lorsqu'ils essaient de traduire ou de se faire comprendre.

Dans ce travail, nous analysons le traitement lexicographique du vocabulaire militaire dans ce type de dictionnaires: l'inclusion et la traduction de ses termes, et nous évaluons leurs équivalents de traduction.

Mots-clés: Traduction, lexicographie bilingue, vocabulaire militaire.


Resumen

La incorporación de las Fuerzas Armadas españolas en operaciones internacionales ha aumentado la necesidad de servicios de traducción con la finalidad de conseguir una comunicación precisa y contundente entre los miembros de los distintos ejércitos. Si bien existen unos pocos diccionarios que traducen el vocabulario militar del inglés al español, no los hay que lo traduzcan del francés al español. Por tanto, los militares se ven obligados a consultar diccionarios bilingües generales cuando intentan traducir o simplemente hacerse entender.

En el presente artículo analizamos el tratamiento lexicográfico dado al vocabulario militar en este tipo de diccionario: la inclusión y la traducción de sus términos, y evaluamos los equivalentes de traducción propuestos.

Palabras clave: Traducción, lexicografía bilingüe, vocabulario militar.


Abstract

The incorporation of Spanish military forces in international operations has increased the need for translation services in order to achieve precise and indispensable communication between the members of different armies. While there exist a few dictionaries which translate military vocabulary from English into Spanish, there are none from French into Spanish. The military are, therefore, forced to resort to bilingual general dictionaries when they struggle to translate and to make themselves understood.

In this paper we analyzed the lexicographic treatment given to military vocabulary in this kind of dictionary, its inclusion and translation, and we evaluated the proposed equivalences.

Keywords: Translation, bilingual lexicography, military vocabulary.


Resumo

A incorporação das forças armadas espanholas em operações internacionais aumentou a necessidade de serviços de tradução, a fim de obter uma comunicação precisa e essencial entre os membros de diferentes Exércitos. Embora existam somente alguns poucos dicionários que traduzem o vocabulário militar do inglês para o espanhol, não há nenhum que traduza do francês para o espanhol. Portanto, os militares são obrigados a consultar dicionários bilíngües gerais, quando da tentativa de traduzir ou simplesmente para compreensão. Neste artigo analisamos o tratamento lexicográfico dado ao vocabulário militar neste tipo de dicionário: a inclusão e a tradução de seus termos, e avaliar os equivalentes de tradução propostos.

Palavras-chave: Tradução, lexicografia bilíngüe, vocabulário militar.


Introduction

L'union européenne qui se produit à tous les niveaux (politique, juridique, économique, militaire) a des répercussions inévitables sur les liens qui se créent et qui relient les institutions des différents pays européens. Dans le monde militaire par exemple, le besoin de communiquer des différentes armées nationales se produit avec plus de vigueur chaque jour. Les services de traduction deviennent absolument nécessaires et indispensables, car, de plus en plus, les membres de ces armées doivent communiquer d'une façon précise et urgente. Mais l'hétérogénéité du lexique militaire cause beaucoup de problèmes de traduction. Il existe en effet un vocabulaire propre à la Marine, un autre propre à l'Armée de Terre et un troisième propre à l'Armée de l'Air. Cette division apparaît clairement dans les préfaces de tous les dictionnaires militaires unilingues ou plurilingues. Voyons deux exemples:

- Ruíz Ballesteros (1983,4) dit que son but est celui de:

"ofrecer reunidas la terminología operativa más utilizada en el Ejército de Tierra y la de Marina y Aviación de uso más frecuente como resultado de la cooperación, con la primera, en operaciones anfibias y con la segunda en el apoyo que ofrece durante el combate".

- Ürquía Gómez indique, dans la partie "presentación del editor" de son dictionnaire bilingue (1980), que:

"el autor de este diccionario fue seleccionando durante largo tiempo todas las voces y expresiones propias de los tres ejércitos, así como las palabras técnicas más usuales e importantes de las ramas científicas relacionadas con las actividades militares".

Les militaires possèdent en commun une partie du vocabulaire militaire: d'une part, un argot spécial de la vie quotidienne (caserne, manoeuvres, etc.) et d'autre part, un ensemble de technicismes concernant le statut militaire (la hiérarchie, les stratégies de guerre, le matériel, l'uniforme, les appareils, l'armement, etc.). Mais chacune des trois armées dispose de son propre argot (celui de tous les militaires de Terre, celui de tous les militaires de l'Air, et celui de tous les marins) et, parallèlement, d'un ensemble de mots techniques que les professionnels des deux autres armées souvent ne connaissent pas. De plus, ces ensembles de technicismes de Terre, Air et Marine sont divisés à leur tour en termes employés (et souvent connus) exclusivement par une arme de l'armée de Terre (artillerie, infanterie, etc.), par une unité de l'armée de l'Air (pilotes, formateurs, personnel des bases aériennes, ingénieurs, etc.) ou par un corps de la Marine (mécaniciens, infanterie, sous-marins, etc)1, ce qui augmente considérablement la complexité du lexique militaire. Chacun de ces vocabulaires pourrait constituer l'objet d'étude d'un dictionnaire technique. En fait, les ouvrages consacrés à ces vocabulaires français ou espagnols sont très peu nombreux.

Un autre type de division interne du vocabulaire militaire peut être (comme dans les langues d'autres groupes sociaux): celle qui se produit entre les codes écrit et oral (par exemple, un militaire espagnol écrira "que le han pagado unos atrasos" tandis qu'il parlera de "una bufanda"), ou entre le vocabulaire des conscrits et des cadres professionnels (les recrues emploient par exemple un vocabulaire familier que les autres comprennent mais n'utilisent pas:"pollo, peluso, pelón" font allusion à la recrue; "monstruo", à une recrue qui n'a pas encore prêté serment au drapeau; "abuelo" est le soldat vétéran; "pistolo", une recrue des compagnies spéciales; "chopo", le fusil à répétition; "mimeta", l'uniforme de campagne; "hormiguita" est le nom des fantassins; "popeye", celui des marins;

"paracas", celui des parachutistes, etc.). Il n'existe pas non plus beaucoup d'études linguistiques concernant les différences entre l'écrit et l'oral,ni d'ouvrages lexicographiques qui puissent apporter une information systématique (bien qu'il y ait quelques ouvrages bilingues mais assez anciens: Ruiz Jodar (1975), Urquía Gómez (1980), Raigada de Pablo (1972)).

Du point de vie lexicographique, l'hétérogénéité du lexique militaire complique le choix et le classement des entrées. Pas un seul des dictionnaires techniques bilingues que nous avons consultés ne signale à quel sous-groupe du lexique militaire l'entrée fait référence; nous savons seulement, en lisant la micro-structure, qu'il s'agit d'un terme appartenant à l'un des vocabulaires techniques de l'une des trois armées (et souvent sans préciser lequel!). Il est vrai toutefois qu'il est particulièrement difficile de trouver un groupe social professionnel aussi complexe que le militaire et qui utilise parallèlement autant de sous-langues. Du point de vue des langues qui nous intéressent, le français et l'espagnol, un seul dictionnaire bilingue spécialisé a été publié, à notre connaissance, celui de Peyrous, qui date de 1989. Face à cette pénurie, les militaires concernés doivent donc généralement consulter les dictionnaires généraux dans leur effort pour traduire et se faire comprendre.

Dans ce travail, nous nous penchons sur le traitement qui est fait du vocabulaire militaire dans ce type de dictionnaire; nous étudions son inclusion et les équivalences traductologiques proposées. Notre corpus est constitué à partir des lettres Ab-Ac-Ca-Ce-Ch-Pa-Pe-Pi-Ta-To-Tr de quatre dictionnaires généraux de même format, actuellement sur le marché: Hachette (H), Larousse (L), Sopena (S) et Vox (V). Nous avons relevé les entrées qui sont suivies d'une marque indiquant leur appartenance au lexique militaire et nous avons ainsi obtenu un corpus de 101 mots. Puis nous les avons regroupées en quatre tableaux: le premier tableau contient les mots polysémiques de la langue standard, dont l'une des acceptions est militaire; le deuxième tableau est composé de termes militaires dont le signifiant s'éloigne de la langue standard mais dont le référent est généralement connu, à cause des échanges linguistiques existants entre la langue militaire (non technique) et la langue standard. (En effet, grâce au service militaire -fait en principe jusqu'à maintenant par tous les hommes-, aux textes journalistiques qui traitent des guerres actuelles, aux reportages historiques ou non sur les conflits internationaux, etc., les mots militaires s'introduisent facilement, malgré la complexité linguistique que nous avons mentionnée, dans la langue générale); le troisième est composé de termes militaires plus spécialisés, c'est-à-dire que ni leur signifiant ni leur référent ne sont connus des non-spécialistes; le quatrième regroupe les termes militaires archaïques: certains sont déjà "vieillis" dans le Diccionario Militar publié en 1869 par José Almirante; d'autres ont la marque "Vx" dans le Petit Larousse Illustré actuel. Dans les quatre tableaux, la croix/le tiret indique la présence/absence des entrées, et l'astérisque signale que la traduction de l'acception militaire figure dans le corps de l'article.

1. Choix de la nomenclature militaire

L'analyse de notre corpus composé de 101 termes met en relief l'importance numérique des entrées sélectionnées: le L inclut 89 termes, le H: 98, l'A: 92 et le V: 75. Nous pouvons également constater l'introduction d'un nombre important, bien que moindre, de termes militaires qui ont été vulgarisés grâce au service militaire (les 27 entrées du tableau 2) et des mots polysémiques de la langue standard qui possèdent une acception spécialisée (les 27 du tableau 1), soit un total de 54 entrées sur 101. Au contraire, l'ensemble de termes militaires proprement dits (c'est-à-dire utilisés seulement dans l'armée ou dans des domaines très proches de l'armée comme la chasse par exemple) est composé d'un nombre plus petit d'éléments (tableau 3). Il faut cependant ajouter à cette liste les 14 archaïsmes du tableau 4.

Quant au choix de la nomenclature de ce domaine lexical, les quatre dictionnaires se ressemblent beaucoup. A l'exception de "landsturm, landwehr" (emprunts allemands), des mots composés "chef de file, chef de pièce, lance-bombes, lance-grenades, lance-flammes, pelle-pioche" et des dérivés ("pétardement, pétarder, pétarder, pétardier, pionnage"), tous les autres éléments de notre corpus apparaissent dans les quatre nomenclatures. Les mots exclus l'ont sans doute été à cause de leur forme graphique: il s'agit d'emprunts, de dérivés ou de composés dont le choix et le traitement varient selon les dictionnaires. De plus, on observe que les quelques divergences qui existent d'une nomenclature à une autre apparaissent dans l'ensemble des termes actuels très spécialisés et, à une moindre échelle, dans celui des termes vieillis. Les quatre dictionnaires bilingues choisissent donc d'introduire le vocabulaire militaire qui a pénétré dans la langue standard et qui a par conséquent perdu son caractère technique.

2. Étude de la micro-structure: Traduction du vocabulaire militaire

Le traducteur spécialisé ou le militaire qui souhaite traduire un terme militaire a donc de grandes chances de le trouver dans le dictionnaire bilingue général si sa fréquence d'emploi (par le grand public),est importante,c'est-à-dire s'il s'est glissé dans la langue standard ou familière. Mais il faut également déterminer quelle est la valeur de la traduction proposée en micro-structure.

a. Les équivalents de traduction

Le L propose l'acception militaire de 81 entrées; le H de 93; l'A de 71 et le V de 55. Ceci ne veut pas dire qu'une marque "mil" apparaisse dans tous ces cas-là, mais nous avons vérifié que l'acception militaire d'un mot polysémique ou qu'un terme militaire ont été correctement traduits par un équivalent adéquat de la langue-cible. Il arrive parfois qu'un des dictionnaires ne mentionne pas la traduction d'une acception qui, selon les autres dictionnaires bilingues ou un dictionnaire monolingue, est militaire:par exemple, dans le L, une acception de "abandon", mot de la langue standard, est traduite par "deserción"; par contre, cet équivalent n'apparaît pas dans les trois autres dictionnaires. Le pourcentage des mots traduits semble acceptable pour trois des dictionnaires et même le Vox qui vise un public plus jeune d'étudiant dépasse 50% des cas.

Nous pouvons remarquer également que les entrées de mots de la langue standard (tableaux 1 et proposent (presque) toutes le sens militaire. Dans nos tableaux, presque toutes les entrées ont un astérisque. Celui-ci manque dans 16 cas seulement sur un total de 208:

Dans la liste de termes très spécialisés (tableau 3), les résultats varient légèrement: le L ne fournit pas le sens de "cheminement" (aproches),de "levé" (recluta), de "tortue" (defensa con escudos a la romana); l'A n'inclut pas le sens militaire des mots: "carré" (formación en cuadrado), "châssis" (armón), "chasseur alpin" (cazador de montaña),"cheminement" (aproches),"chemise" (camisa- fortificación), "cheval de frise" (caballo de frisa), "chevron" (sardineta), "chevronnage" (veteranía), "chevronné" (veterano), "levé" (recluta), "pilonnage" (bombardeo), "train des équipages" (carros de intendencia de las tropas de Napoleón); le H omet le sens de "chemise" (camisa), "cheval de frise" (trampa con lanzas de hierro), et de "piper-cub" (tipo de avión); le V, outre de nombreuses exclusions, ne mentionne pas le sens de "camouflet" (hornillo de una contramina), "casemater" (levantar fortificaciones), "cheminement" (trabajo de zapa, y aproches), "cheminer" (rodear), "chemise", "levé", "chamade" (toque de tambor de una ciudad asediada que se rendía),"charroi" (convoy militar), "tortue","traban" (alabardero).

Pour mieux cerner le problème de la traduction des termes (monosémiques), nous avons élaboré un tableau (tableau 5) constitué de quelques entrées appartenant à un corps concret de l'armée de Terre, l'Artillerie.

Nous constatons que les dictionnaires bilingues traduisent pratiquement tous les mots (L: 8, H: 6, A: 10, V: 10) et de plus, le V explique cinq fois que ces termes appartiennent au lexique de l'artillerie. Ces résultats contredisent ceux auxquels nous sommes arrivés juste auparavant: le V est ici celui qui inclut le plus de termes d'artillerie, qui les marquent et qui les traduit tous. Cela signifie-t-il que le V a choisi d'introduire uniquement le vocabulaire de quelques armes de l'armée? L'absence de critères explicitement expliqués dans les préfaces et suivis systématiquement dans la rédaction de l'ouvrage nous empêchent d'arriver à une conclusion ferme. Il faudrait pour cela disposer d'un corpus géant du vocabulaire militaire classé par armes, par corps, par armée, etc., ce qui malheureusement n'a jamais été fait ni même envisagé. Nous ne faisons donc que soulever un problème qui peut donner lieu à d'autres recherches de grande envergure. L'analyse de notre corpus, malgré la limitation de nos moyens, nous permet toutefois de tirer les conclusions suivantes dont nous avons fait la synthèse dans le tableau suivant:

La plupart des mots militaires consultés dans les dictionnaires bilingues généraux y sont répertoriés (89, 98, 92 et 75). Dans trois des dictionnaires (L, H, A), le nombre d'acceptions militaires traduites en micro-structure ne varie pratiquement pas d'un dictionnaire à un autre (81, 93, 71). Les quatre dictionnaires bilingues procurent donc à l'usager la même information en macro-structure et la même proportion d'équivalents de traduction militaires en micro-structure. Ce qu'il ignore, c'est quels sous-groupes du lexique militaire ont été choisis par les lexicographes dans la sélection de leur nomenclature et quels ont été les critères pour retenir certains éléments de ces sous-groupes plutôt que d'autres.

b. Les marques

Contrairement à la convergence qui existe en ce qui concerne le nombre des entrées militaires enregistrées dans les dictionnaires, il se produit une énorme divergence dans le classement lexical de ces entrées. Le tableau d'abréviations du L fournit trois marques qui indiquent que les termes appartiennent au lexique militaire: «aviat.» (aviation), «mar.» (marina), «mil.» (militar); nous devons supposer que cette dernière marque fait uniquement référence à l'armée de Terre ou qu'elle inclut peut-être le vocabulaire commun employé dans les trois armées. L'A présente cinq abréviations pour ce vocabulaire: «artill.», «avi.», «fort.», «mar.», «mil.». Dans ce cas, «mil.» semble faire référence au vocabulaire de l'armée de Terre à l'exception du vocabulaire technique des artilleurs et des ingénieurs et il inclut sans doute le vocabulaire commun de Terre, Air et Marine. Le H propose les cinq marques de l' A mais avec une légère différence: sous la rubrique «mar.», il n'inclut pas l' architecture navale qui est signalée d'une autre façon: «arch. nav.». Le V suit le modèle de l'A; il change simplement le nom de «aviación» par «aéronautique».

Force est de signaler, en premier lieu, l'arbitraire des cinq marques employées dans les dictionnaires pour classer les termes militaires. En effet, aucun critère n'est valable pour privilégier le domaine de l'artillerie et des fortifications au détriment de la cavalerie ou de l'infanterie par exemple. En deuxième lieu, nous devons remarquer l'emploi abusif d'une marque générique dans tous les dictionnaires: «mil.». En effet, celle-ci classe uniquement une partie (peu délimitée par ailleurs) du vocabulaire militaire par opposition aux autres parties (air, mer). L'A et le V réduisent le domaine soi-disant «militar» en le divisant et en ne tenant pas compte des ensembles de l'artillerie et du corps d'ingénieurs. Le H divise le vocabulaire «mil.» mais il divise également le vocabulaire de la marine en classant d'une part les termes marins et d'autre part les termes de l'architecture navale; il crée ainsi une autre marque générique puisque «mar.» ne représente pas tout le lexique de la marine mais au contraire, une seule de ses parties (bien qu'elle soit la plus importante). En troisième lieu, il convient d'indiquer que l'ensemble de termes marqués «mil.» dans le L ne correspond pas à la reunion des ensembles «mil., artill., fort.» de l'A , du H et du V; que les ensembles «aviación» du L, de l'A et du H ne sont pas identiques et qu'ils ne coïncident pas non plus ave celui qui est marqué «aeronáutica» dans le V; finalement, qu'aucun des ensembles intitulé: «marina» dans le L, l' A et le V ne contient les mêmes éléments ni les mêmes que la réunion des ensembles «mar.» et «arch. mar.» du H. Le système de marques utilisé pour le domaine militaire est donc mal structuré, ce qui a une répercussion directe sur le classement des entrées dans les quatre dictionnaires:

1) dans notre corpus, il n'y a aucun terme de la marine dans les quatre dictionnaires à la fois.

2) de nombreux termes marqués dans l'un des dictionnaires ne le sont pas toujours dans les autres:

3) ou bien, même si les termes ont une marque, celle-ci n'est pas toujours la même:

4) dans certains cas,le terme est marqué dans l'un des dictionnaires,à cause du registre de langue qu'il dénote et non pas à cause de son classement thématique:

5) les mots dérivés ne sont pas tous marqués et l'équivalent de traduction militaire n'apparaît pas toujours, contrairement à ce qui se produit pour le mot de base.

6) un terme marqué "fort." ou "artill." n'a pas toujours la marque "mil." dans un autre dictionnaire:

7) au contraire, deux marques différentes s'appliquent au même terme:

Par ailleurs, les lexicographes se mettent d'accord pour classer les entrées dans très peu de cas:

Finalement, nous constatons que les trois ou cinq rubriques proposées par les dictionnaires pour le vocabulaire militaire dans le tableau d'abréviations se multiplient en fait jusqu'à un total de dix-neuf (les combinaisons de deux marques incluses):

- huit d'entre elles rajoute une spécification au concept générique:

- quatre servent pour classer directement les termes dans le domaine militaire:

mil. aviat. artill. fortif.

- et les autres n'ont aucun rapport avec le domaine étudié, le domaine militaire:

- elles indiquent les niveaux de langue: fam. pop. arg.

- ou les liens entre les langues: gal.

- ou les différences dans le temps: neol. / vx

De plus, les marques dont le sens est semblale: "vx mil." dans le L et "mil. ant." dans l'A par exemple, ou "neol." dans l'A et "gal." dans le H, ne s'appliquent pas à la même entrée:

Le tableau suivant reprend les 19 marques qui classent les termes militaires et le nombre d'articles dans lesquels apparaît chacune d'entre elles dans chaque dictionnaire.

Conclusion

Trois conclusions nous paraissent importantes dans l'étude du traitement lexicographique du vocabulaire militaire.

1. Quant à la macro-structure, les quatre dictionnaires bilingues introduisent un nombre analogue et relativement important de termes militaires, mais ils choisissent principalement ceux qui ont été admis dans la langue standard. Cette décision est parfaitement justifiée dans un dictionnaire bilingue non spécialisé.

2. Dans la micro-structure des dictionnaires L, H y A, le nombre d'entrées dont l'acception militaire est traduite en langue-cible est également important et coïncident (81, 93 et 71 cas face à 55 dans le V). Les traductions des acceptions militaires se réalisent dans 93% des cas pour ce qui est de l'ensemble des termes connus et employés par tous les locuteurs d'une même communauté linguistique et dans 86,5% des cas en ce qui concerne les termes spécialisés.

3. Le classement du vocabulaire militaire est franchement irrégulier aussi bien si nous analysons chaque dictionnaire individuellement que si nous comparons les dictionnaires entre eux. Les dictionnaires n'indiquent pas l'appartenance d'une entrée à la langue militaire dans 152 cas: L/30; H/27; A/51; V/44. Le tableau d'abrévations ne correspond jamais, dans aucun des quatre dictionnaires, aux marques qui sont réellement utilisées en micro-structure. Finalement, les critères pour classer une entrée dans un domaine déterminé varient d'un dictionnaire à un autre;par conséquent, pour un même corpus, celui des termes militaires, nous disposons de quatre classements différents, un classement par dictionnaire analysé.

La difficulté qui surgit ici est due à une cause proprement lexicographique. Les lexicographes, et en particulier les bilingues, n'expliquent pas clairement le rôle des marques qu'ils utilisent. On doit se demander si ces marques indiquent l'appartenance du terme à un lexique spécifique (marque d'un groupe social ou professionnel) ou si elles relient l'entrée à un domaine référentiel (et composé de quel type de référents?)? Les lexicographes bilingues ne distinguent pas clairement ces deux rôles, ce qui explique la présence irrégulière de marques dans les pages d'un même dictionnaire et le fait que des marques différentes s'appliquent aux mêmes entrées ou vice versa. Il est vrai que, d'un point de vue linguistique, les langues spécifiques n'ont pas de frontière bien définie vis-à-vis de la langue générale, et cette incertitude contribue elle aussi aux divergences constatées dans les dictionnaires. En tout cas, pas un seul des quatre lexicographes ne semble s'être posé le problème et tous distribuent les marques sans suivre de critères définis et stables.

Le vocabulaire commun aux trois armées (dont le référent est moins spécialisé et qui s'est introduit dans la langue générale) est donc bien traité dans le dictionnaire bilingue. Quant au vocabulaire technique, bien que l'inclusion en macro-structure en soit assez importante et s'adapte ainsi à ce qu'annonçaient les auteurs dans leurs péfaces pour les termes en général, le classement diffère selon les lexicographes (l'assignation d'une marque à une entrée déterminée varie), ce qui provoque une grande confusion chez le traducteur. Le dictionnaire bilingue doit atteindre une rigueur méthodologique qu'il n'a pas, une systématisation de la «particularisation» des sous-lexiques qui constituent le lexique militaire. Le traitement du lexique militaire semble donc adéquat pour un dictionnaire bilingue dont le public visé est «le grand public», le lecteur ou le traducteur de revues de vulgarisation. Mais pour le traducteur spécialisé ou simplement le militaire qui voyage hors de son pays, l'inclusion de ce lexique et les équivalents de traduction fournis sont insuffisants.


Pie de página

1 Les données à propos des trois armées sont de Hernández Sánchez-Barba et Alonso Baquer (1968. Tome VI.177-209).


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