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</front><body><![CDATA[   <font face="verdana" size="2">     <font size="4">    <p align="center"><b>La r&eacute;f&eacute;rence spinoziste dans la psychanalyse<sup><a name="nu*"></a><a href="#num*">*</a></sup></b></p></font>        <p><b>Jean-Pierre Marcos</b>    <br></p> Universidad Paris 8 (Francia)    <br> <a href="mailto:jnprrmrc@aol.com"><i>jnprrmrc@aol.com</i></a></p>      <p><b>Fecha de recepci&oacute;n:</b> 5 de septiembre de 2015    <br> <b>Fecha de aceptaci&oacute;n:</b> 22 de febrero de 2016</p>      <p align="right"><i>Spinoza et la psychanalyse</i>     <br> <i>sous la direction d'Andr&eacute; Martins et de Pascal S&eacute;verac</i>     <br><i>Pr&eacute;face de Pierre-François Moreau</i>     ]]></body>
<body><![CDATA[<br><i>Avec les contributions de : Adrien Klajnman, Isabelle Ledoux, Andr&eacute;</i>    <br> <i>Martins, Myriam Morvan, Maxime Rovere, Monique Schneider, Pascal</i>    <br> <i>S&eacute;verac</i>    <br> Paris, <i>Hermann Editeurs, </i>2012, 188 pages</p>     <p>A l'&eacute;tonnement de l'un<sup><a name="nu1"></a><a href="#num1">1</a></sup> concernant la place de l'œuvre de Spinoza dans la philosophie aujourd'hui, r&eacute;pond fort heureusement la pers&eacute;v&eacute;rance de sa lecture et de son &eacute;tude notamment confront&eacute;e &agrave; ce champ restreint des sciences humaines qu'est la psychanalyse.<sup><a name="nu2"></a><a href="#num2">2</a></sup>Alors qu'en son temps A. Binet (1857-1911) raillait la r&eacute;duction de l'amour &agrave; la &laquo;titillatio&raquo;<sup><a name="nu3"></a><a href="#num3">3</a></sup> et qu'un psychanalyste contemporain pouvait non seulement encore penser le syst&egrave;me de Spinoza sous la cat&eacute;gorie de &laquo;d&eacute;lire interpr&eacute;tatif&raquo;, mais &eacute;galement r&eacute;duire l'œuvre de pens&eacute;e du philosophe &agrave; une fantasmatique ordonn&eacute;e au motif du retour intra-ut&eacute;rin<sup><a name="nu4"></a><a href="#num4">4</a></sup> ou &agrave; la &laquo;projection d&eacute;fensive d'une r&eacute;gression profonde au niveau archaïque de la dyade m&egrave;re-enfant&raquo;<sup><a name="nu5"></a><a href="#num5">5</a></sup>, la rigueur et la vigueur des lectures propos&eacute;es par l'ouvrage recens&eacute; a le m&eacute;rite d'inventer d'autres modalit&eacute;s de confrontation, telle celle entre la question de l'interpr&eacute;tation freudienne du rêve selon Freud et la probl&eacute;matique spinoziste de l'interpr&eacute;tation de l'&Eacute;criture dans l'article d'A. Klajnman, lequel montre comment les deux herm&eacute;neutiques &laquo;se rejoignent et se compl&egrave;tent&raquo; <i>(Spinoza et la psychanalyse, </i>p.91).</p>     <p>Alors que le titre de l'ouvrage pouvait laisser craindre une conjonction de &laquo;mauvais aloi&raquo; (berUchtigtes &laquo;und&raquo;) pour parler comme Nietzsche <i>-&laquo;Spinoza et la psychanalyse&raquo;- </i>ou laisser penser que sous le nom commun de psychanalyse, les auteurs confondaient la pluralit&eacute; des psychanalyses dont Freud fut au titre d'un &laquo;ins-taurateur de discursivit&eacute;&raquo; le premier nom d'une s&eacute;rie ind&eacute;finie de successeurs et de contradicteurs, la multiplicit&eacute; des contributions propos&eacute;es rend justice au motif complexe de l'articulation et &agrave; la diversit&eacute; intotalisable du champ de savoir intitul&eacute; &laquo;psychanalyse&raquo; <i>f&eacute;tichisme dans l'amour </i>(1887), Paris, Editions Payot et &amp; Rivages, 2001, p.97) (A. Martins, p.73). Mais la connaissance des diff&eacute;rentes doctrines psychanalytiques dont l'ouvrage &eacute;gr&egrave;nent avec pertinence les noms propres de leurs auteurs (Freud et Lacan &eacute;videmment, mais &eacute;galement Ferenczi, Groddeck, Winnicott, Lagache, M. et O. Mannoni, g&eacute;n&egrave;re comme l'&eacute;crit P.-F. Moreau: &laquo;un effet en retour de la d&eacute;couverte freudienne non sur la syst&eacute;maticit&eacute; du spinozis-me, mais sur la constitution des probl&egrave;mes o&ugrave; nous reconnaissons sa modernit&eacute;. <i>(Pr&eacute;face, </i>page 9)&raquo;</p>     <p>L'ouvrage ne c&egrave;de pas non plus &agrave; la facilit&eacute; de chercher toujours les &eacute;quivalents spinozistes des cat&eacute;gories freudiennes ou les &eacute;ventuelles correspondances freudiennes aux propositions du philosophe. Nulle &eacute;quivalence terme &agrave; terme ne peut justifier que l'on confonde l'ambivalence freudienne et la <i>fluctuatio animi </i>selon Spinoza, le narcissisme et la <i>philautia </i>ou la <i>superbia. </i>Les coh&eacute;rences formelles respectives de chaque doctrine exigeant de restituer l'ordre propre de g&eacute;n&eacute;ration de chaque conceptualit&eacute; sans c&eacute;der &agrave; l'illusion d'une totale r&eacute;versibilit&eacute; d'une doctrine dans l'autre, les diverses accentuations propos&eacute;es ouvriront plus le d&eacute;bat de la g&eacute;n&eacute;alogie qu'elles ne fermeront l'espace ind&eacute;cis de la question g&eacute;n&eacute;rale des pr&eacute;curseurs et des continuateurs. Toutes les convergences comme toutes les divergences seront locales, pr&eacute;cises et non g&eacute;n&eacute;rales.</p>     <p>La contribution de Myriam Morvan parvient avec force conviction &agrave; respecter pr&eacute;cis&eacute;ment les discursivit&eacute;s respectives convoqu&eacute;es pour conduire une enquête sur la cat&eacute;gorie de Fascination -&agrave; laquelle elle reconnaît un caract&egrave;re op&eacute;ratoire et transversal dans le champ freudien concernant la question du traumatisme-et celle d'Admiration, cat&eacute;gories qui attestent chacune d'un &eacute;tat d'impuissance du sujet.</p>     <p>L'ouvrage trouve donc son style et d&eacute;couvre son ambition: Spinoza <i>depuis </i>la psychanalyse selon le proc&egrave;s continu d'invention de cette derni&egrave;re. En rompant avec le sch&egrave;me t&eacute;l&eacute;ologique -le dernier mot prononc&eacute; dans l'histoire dit toujours plus vrai que l'ancien-, et sans sacrifier au dogme absolu de l'historicisme<sup><a name="nu6"></a><a href="#num6">6</a></sup> -la contextualisation pr&eacute;cise de l'œuvre &eacute;tudi&eacute;e d&eacute;livre l'ultime chiffre de sa signification-, les auteurs d&eacute;ploient des analyses studieuses qui manifestent outre l'actualit&eacute; de Spinoza pour la pens&eacute;e philosophique, mais &eacute;galement la pertinence de ses analyses au regard du travail incessant et n&eacute;cessaire -si elle veut rester vivante et vivifiante-, de continuation voire de refondation de la psychanalyse.</p>     <p>L'exemple peut-être le plus convainquant de cette lecture r&eacute;trospective de Spinoza demeure l'article de P. S&eacute;verac <i>(Spinoza et Freud: les dessous de la jalousie) </i>qui s'appuie sur le scolie de la proposition 35 d'&Eacute;thique III: &laquo;qui, en effet, imagine une femme qu'il aime se prostituant &agrave; un autre (alteri sese prostituere), non seulement sera triste de ce que son propre app&eacute;tit se trouve contrari&eacute;; mais aussi, parce qu'il est forc&eacute; de joindre l'image de la chose aim&eacute;e aux parties honteuses et aux excr&eacute;ments de l'autre, il l'a en aversion&raquo;. Nous suivons ici la traduction de B. Pautrat de <i>excre-mentum </i>par excr&eacute;ments -au motif que la probl&eacute;matique anale ne peut pas être exclue de ce tableau et qu'il ne s'agit pas simplement de &laquo;l'imaginaire du traducteur&raquo; <i>(Spinoza et la psychanalyse, </i>note 5, p. 159)-, mais la remarque de P. S&eacute;verac demeure pertinente: &laquo;Pourquoi donc cette polarisation de l'imaginaire du jaloux sur les parties g&eacute;nitales du rival, et sur ses excr&eacute;tions, sur sa salive ou sa bave peut-être, sur son sperme plus sûrement?&raquo; <i>(Spinoza et la psychanalyse, </i>p.159). La convocation du texte de Freud <i>Sur quelques m&eacute;canismes n&eacute;vrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l'homosexualit&eacute; </i>(1922) permet, tout en soulignant le motif de la haine du rival dans la jalousie amoureuse, de faire droit au mobile discret de l'amour homosexuel. <i>L'amor erga faeminam </i>reste toujours hant&eacute; par l'image d'un tiers rival. P. S&eacute;verac trace d&egrave;s lors les lignes d'accord entre Freud et Spinoza et se propose sur un mode pleinement interrogatif de se demander si Spinoza ne r&eacute;v&egrave;le pas une v&eacute;rit&eacute; essentielle de toute triangulation amoureuse -dont l'origine œdipienne est manifeste: d&eacute;sir pour la m&egrave;re et haine/amour pour le rival paternel- que le seul travail depuis Freud n'expliciterait pas: &laquo;Dans la jalousie, il y a certes ambivalence affective &agrave; l'&eacute;gard de l'être aim&eacute;: Freud et Spinoza sont en parfait accord sur ce point. Mais pourrait-on finalement parler, chez Spinoza, et comme nous y invite Freud, d'une ambivalence du jaloux &agrave; l'&eacute;gard du rival? N'avons-nous que haine pour le rival, pour celui qui pourrait se r&eacute;jouir de la chose que nous aimons mais ne pourrions plus &laquo;poss&eacute;der&raquo;? (...) serait-ce en vertu de cette jalousie paranoïaque, de nature <i>homosexuelle, </i>que l'imagination du jaloux se fixe sur les pudenda et les excrementa de son rival & # 91;...& # 93; le jaloux de Spinoza, lorsqu'il &eacute;prouve de l'envie &agrave; l'&eacute;gard du rival, n'aurait-il pas en même temps envie de lui? <i>(Spinoza et la psychanalyse, </i>pp. 164-166).</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Comment &eacute;galement, ne pas lire aujourd'hui le scolie de la proposition 9 de &Eacute;thique III sans rapporter ces propos &agrave; la probl&eacute;matique de l'objet du d&eacute;sir telle que, notamment, la psychanalyse lacanienne en propose la gen&egrave;se et en d&eacute;finit la structure : &laquo;quand nous nous efforçons (conari) &agrave; une chose, quand nous la voulons, ou aspirons (appetere) &agrave; elle, ou la d&eacute;sirons (cupere), ce n'est jamais parce que nous jugeons qu'elle est bonne; mais au contraire, si nous jugeons qu'une chose est bonne, c'est pr&eacute;cis&eacute;ment parce que nous nous y efforçons, nous la voulons, ou aspirons &agrave; elle, ou la d&eacute;sirons&raquo; Soutenir comme Lacan que &laquo;L'objet du d&eacute;sir c'est la cause du d&eacute;sir&raquo;<sup><a name="nu7"></a><a href="#num7">7</a></sup>, revient &agrave; contester le caract&egrave;re absolu de tout d&eacute;sirable. Ce vers quoi tend le d&eacute;sir n'est jamais simplement ce qui se trouve &laquo;en avant de lui&raquo;, devant lui selon un rapport strictement frontal. La cat&eacute;gorie d'&laquo;objet cause&raquo; permet de relativiser les d&eacute;clarations sinc&egrave;res de tous les amoureux et ainsi &agrave; l'instar de Proust, d'&laquo;abroger ses plus ch&egrave;res illusions,cesser de croire &agrave; l'objectivit&eacute; de ce qu'on a &eacute;labor&eacute; soi-même, et au lieu de se bercer une centi&egrave;me fois de ces mots : &laquo;Elle &eacute;tait bien gentille&raquo;, lire au travers: &laquo;J'avais du plaisir &agrave; l'embrasser<sup><a name="nu8"></a><a href="#num8">8</a></sup>.&raquo; Dans l'exp&eacute;rience d&eacute;sirante, le sujet conscient et volontaire n'est jamais constituant et ce n'est jamais la nature intrins&egrave;que des choses d&eacute;sir&eacute;es qui nous attirent. Lorsque nous aimons et haïssons telles ou telles choses &laquo;sans nulle raison connue de nous(ab ulla causa nobis cognita), mais seulement par Sympathie (comme on dit) et par Antipathie<sup><a name="nu9"></a><a href="#num9">9</a></sup>&raquo;, il n'y a l&agrave; rien qui rel&egrave;ve de &laquo;qualit&eacute;s occultes&raquo;, mais un effet de ressemblance, un transfert d'analogie d'une ou de plusieurs autres choses autrefois aim&eacute;es ou haïes. La probl&eacute;matique spinoziste de l'imagination des ressemblances g&eacute;n&eacute;rant amour et haine est &agrave; ce sujet d'une rare modernit&eacute;: &laquo;De cela seul que nous imaginons qu'une chose a une ressemblance avec un objet qui affecte habituellement l'Esprit de Joie ou bien de Tristesse, et même si ce en quoi la chose ressemble &agrave; l'objet n'est pas la cause efficiente de ces affects, pourtant nous aimerons cette chose ou bien nous l'aurons en haine <sup><a name="nu10"></a><a href="#num10">10</a></sup>.&raquo; A lecture de cette <i>propositio </i>nous revient en m&eacute;moire tout ce que dit Freud du &laquo;choix d'objet&raquo;, de la probl&eacute;matique associationniste qui confond sous un seul trait la s&eacute;rie ind&eacute;finie des objets d&eacute;sir&eacute;s ou repouss&eacute;s.</p>        <p>La critique de la &laquo;libre d&eacute;cision (liberum decretum)&raquo; corr&eacute;lative de l'&eacute;nonc&eacute; d'un d&eacute;terminisme int&eacute;gral se trouve cons&eacute;quemment d&eacute;ductible de cette promotion de la causalit&eacute; d&eacute;finitive de toutes choses. Mais, si rien n'est sans raison, nous ne sommes cependant pas souvent en mesure de connaître par quelles raisons nous agissons, au point de nous imaginer initier absolument une s&eacute;rie d'effets. A. Martins rappelle ainsi clairement comment Spinoza d&eacute;ploie toutes les cons&eacute;quences de la m&eacute;connaissance originaire des causes qui nous font agir -&laquo;les hommes naissent tous ignorants des causes des choses (omnes homines rerum causarum ignari nascentur) (...) de l&agrave; suit,<i>premi&egrave;rement, </i>que les hommes se croient libres, pour la raison qu'ils ont conscience (sunt conscii) de leurs volitions et de leur app&eacute;tit, et que, les causes qui les disposent &agrave; app&eacute;ter et &agrave; vouloir, ils les ignorent (sunt ignari)<sup><a name="nu11"></a><a href="#num11">11</a></sup>.&raquo;</p>     <p>Qu'il s'agisse en effet de Spinoza ou de Lacan, il reste vrai comme le rappelle M. Rovere, que la v&eacute;rit&eacute; se confond avec la mise au jour d'une causalit&eacute;, nomm&eacute;ment celle du d&eacute;sir, même si la pers&eacute;v&eacute;ration dans l'être ne peut gu&egrave;re être confondue avec la recherche permanente d'un objet perdu, pas plus que la probl&eacute;matique de l'affirmation et de ses variations quantitatives -pens&eacute;e selon la cat&eacute;gorie de <i>transitio </i>d'une perfection moindre &agrave; une perfection sup&eacute;rieure ou l'inverse-, ne peut faire droit &agrave; la conflictualit&eacute; des pulsions que sous les noms d'Eros et de Thanatos, Freud pense d&eacute;finitive<sup><a name="nu12"></a><a href="#num12">12</a></sup>. Tel est sans conteste le point de divergence majeure entre les deux discours. Il ne suffit pas de citer la th&egrave;se majeure de Spinoza -le d&eacute;sir (cupiditas) est l'essence même de l'homme (ipsa essentia hominis)-, pour se retrouver en terres freudiennes. Nous savons que pour Spinoza &laquo;Nulle chose ne peut être d&eacute;truite, sinon par une cause ext&eacute;rieure<sup><a name="nu13"></a><a href="#num13">13</a></sup>&raquo; et ce, dans la mesure o&ugrave; selon la d&eacute;finition du <i>conatus </i>&laquo;Chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de pers&eacute;v&eacute;rer dans son être (in suo esse perseverare)<sup><a name="nu14"></a><a href="#num14">14</a></sup>.&raquo; A ce titre, la position th&eacute;orique d'une &laquo;pulsion de mort&raquo; originaire demeure inconcevable dans le cadre du spinozisme. Pour un freudien, le &laquo;travail en Spinoza&raquo; pour parler comme P. Macherey trouve ses limites dans l'abord de la n&eacute;gativit&eacute; qu'il est difficile de penser &agrave; partir du seul plan immanent d'extension du <i>conatus. </i>Evidemment, nous d&eacute;couvririons chez Ferenczi une conception autre du d&eacute;sir de mourir dont la gen&egrave;se empirique r&eacute;v&egrave;lerait un vœu de mort int&eacute;rioris&eacute; par le sujet, &eacute;manant d&egrave;s l'enfance, d'un proche, et nous ne serions pas si loin de Spinoza, non pas lorsqu'il soutient que: &laquo;Personne, dis-je, par la n&eacute;cessit&eacute; de sa nature (ex necessitate suae naturae) et sans y être forc&eacute; par des causes ext&eacute;rieures, ne r&eacute;pugne &agrave; s'alimenter, ou bien ne se suicide&raquo;, mais lorsqu'il pr&eacute;cise, pour envisager le cas d'une autodestruction: &laquo;c'est parce que des causes ext&eacute;rieures cach&eacute;es (causae latentes externae) disposent l'imagination de telle sorte, et affectent le Corps de telle sorte, que celui-ci revêt une autre nature, contraire &agrave; la premi&egrave;re<sup><a name="nu15"></a><a href="#num15">15</a></sup>. &raquo; L&agrave; encore, &agrave; condition de substituer la cat&eacute;gorie d'inconscient &agrave; celle de corps, telle remarque de Spinoza pourrait être d&eacute;fendue par Freud: &laquo;Une id&eacute;e qui exclut l'existence de notre Corps ne peut se trouver dans notre Esprit, mais lui est contrai-re<sup><a name="nu16"></a><a href="#num16">16</a></sup>.&raquo; Si notre mort demeure irrepr&eacute;sentable -sauf &agrave; s'imaginer le spectateur de ses propres fun&eacute;railles-, si l'inconscient ignore et le temps et la n&eacute;gation de notre vie, alors en effet, nous ne pouvons former l'id&eacute;e de notre inexistence.</p>     <p>Freud partagerait &eacute;galement sans conteste avec Spinoza la th&egrave;se suivante: &laquo;Un affect ne peut être contrari&eacute; ni supprim&eacute; que par un affect contraire et plus fort que l'affect &agrave; contrarier.&raquo;<sup><a name="nu17"></a><a href="#num17">17</a></sup> Mais, il n'est pas assur&eacute; cependant qu'un affect -qui pour Spinoza est une passio- &laquo;cesse d'être une passion sitôt (simul atque) que nous en formons une id&eacute;e claire et distincte.&raquo;<sup><a name="nu18"></a><a href="#num18">18</a></sup> Telle est pourtant l'ambition proprement th&eacute;rapeutique du spinozisme entendu comme &laquo;rem&egrave;de aux affects&raquo; (remedium affectuum) dont le scolie de la <i>propositio </i>xx de &Eacute;thique V r&eacute;sume le programme: &laquo;la puissance de l'Esprit se d&eacute;finit par la seule connaissance, et son impuissance ou passion, par la seule privation de connaissance, c'est-&agrave;-dire qu'elle s'estime &agrave; cela qui fait qu'on dit les id&eacute;es inad&eacute;quates; d'o&ugrave; il suit que pâtit le plus l'Esprit dont les id&eacute;es inad&eacute;quates constituent la plus grande part&raquo;.</p>     <p>La convertibilit&eacute; de la passion en activit&eacute; en raison de l'intelligibilit&eacute; advenue de sa cause et ce, sous l'&eacute;gide de l'amor <i>erga Deum </i>(amour envers Dieu) <i>l'amor intellectualis Dei, </i>ne suffirait jamais cliniquement &agrave; lib&eacute;rer la puissance cr&eacute;atrice d'un sujet. Savoir enfin pourquoi on souffre ne d&eacute;livre en effet jamais du d&eacute;sir de r&eacute;p&eacute;ter, pour son propre malheur, ce qui nous a fait tant souffrir. C'est toute la question de la place de l'enfance dans la gen&egrave;se de l'affectivit&eacute; adulte, de sa persistance et de sa r&eacute;manence que ne prend pas en compte Spinoza<sup><a name="nu19"></a><a href="#num19">19</a></sup> et ceci parce que : &laquo;L'enfant, au point de vue de Spinoza, c'est l'autre de l'adulte, car il faut que l'enfant disparaisse, c'est-&agrave;-dire meure, au sens propre du terme, pour que l'adulte, c'est-&agrave;-dire l'homme fait, susceptible de vivre sous la conduite de la raison, advienne <sup><a name="nu20"></a><a href="#num20">20</a></sup>.&raquo; Et pourtant, le scolie de la proposition xxxii d'&Eacute;thique iii nous rappelle la n&eacute;cessit&eacute; de prêter &laquo;attention aux premi&egrave;res ann&eacute;es de notre vie (ad priores nostrae aetatis annos attendere.&raquo;</p>        <p>Or, si toute connaissance ad&eacute;quate d'un affect suppose bien l'intelligence totale de sa cause, il resterait &agrave; se demander avec Pascal si nous pouvons être abus&eacute;s par le proc&egrave;s même de rationalisation des affects au point de nous imaginer avoir identifi&eacute; la cause effective de notre passion: &laquo;M. de Roannez disait : &laquo;Les raisons me viennent apr&egrave;s, mais d'abord la chose m'agr&eacute;e ou me choque sans en savoir la raison, et cependant cela me choque par cette raison que je ne d&eacute;couvre qu'ensuite.&raquo; Mais, je crois, non pas que cela choquait par ces raisons qu'on trouve apr&egrave;s, mais qu'on ne trouve ces raisons que parce que cela choque.&raquo; (Pens&eacute;es, 983-276). La question des &laquo;fausses connexions&raquo; (falschen Verkn&ugrave;pfungen) causales qu'&eacute;voque M. Schneider, lesquelles r&eacute;pondent selon Freud &agrave; &laquo;un besoin de procurer aux ph&eacute;nom&egrave;nes psychiques dont on devient conscient une connexion causale (kausale Verkn&ugrave;pfung)<sup><a name="nu21"></a><a href="#num21">21</a></sup>&raquo;, nous engage &agrave; relativiser la distinction spinoziste entre &laquo;app&eacute;tit&raquo; et &laquo;d&eacute;sir&raquo; -&laquo;entre l'app&eacute;tit et le d&eacute;sir, il n'y a pas de diff&eacute;rence, sinon que le d&eacute;sir se rapporte g&eacute;n&eacute;ralement aux hommes en tant qu'il sont conscients de leurs app&eacute;tits, et c'est pourquoi on peut le d&eacute;finir ainsi: le D&eacute;sir est l'app&eacute;tit avec la conscience de l'app&eacute;tit<sup><a name="nu22"></a><a href="#num22">22</a></sup>&raquo;-, car la conscience d'être mu ne suffit jamais &agrave; connaître la raison de ce qui nous conduit et la cause assign&eacute;e de notre passivit&eacute; peut demeurer inad&eacute;quate car partielle, sinon fausse, lorsque le proc&egrave;s de rationalisation des affects conduit &agrave; s'imaginer les comprendre parce qu'on les explique.</p>     <p>L'optimisme spinoziste se heurte ici, comme ailleurs, &agrave; ce qu'il est convenu d'appeler le pessimisme freudien qu'il est ind&eacute;cent d'identifier comme le propose ici I. Ledoux &agrave; la causticit&eacute; d'un &laquo;vieillard (...) rong&eacute; depuis des ann&eacute;es par un cancer de la mâchoire, contraint &agrave; un exil tardif par les Nazis, leur &eacute;chappant de justesse et d&eacute;cidant finalement, second&eacute; par sa fille Anna, de mettre fin &agrave; son agonie<sup><a name="nu23"></a><a href="#num23">23</a></sup>.&raquo; (p.115) Nul ne reconnaîtra dans cet argument <i>ad hominem </i>une pertinence philosophique. Lorsque la psychographie se transforme en pathographie, les raisons convoqu&eacute;es deviennent des motifs secrets invoqu&eacute;s. Certes, aucun psychanalyste ne contestera l'importance de <i>l'ingenium </i>respectif de chaque th&eacute;oricien dans l'&eacute;laboration de sa doctrine qu'elle soit philosophique ou psychanalytique, mais l'assignation de l'origine personnelle de toute th&eacute;orie n'invalidera jamais a priori, le caract&egrave;re partageable des propositions avanc&eacute;es. Chacun ne part peut-être que de soi, mais la cons&eacute;quence &eacute;voqu&eacute;e -que chacun ne parle que de soi-, n'est jamais bonne. Certaines remarques de Freud m&eacute;riteraient de ce point de vue d'être interrog&eacute;es: &laquo;Les doctrines et syst&egrave;mes philosophiques sont l'œuvre d'un nombre r&eacute;duit de personnes d'une frappe individuelle &eacute;minente (von hervorragender indivi-dueller Ausprâgung); dans aucune autre science, la personnalit&eacute; du travailleur scientifique ne joue approximativement un si grand rôle, plus que pr&eacute;cis&eacute;ment dans la philosophie. Or, ce n'est que la psychanalyse qui nous met en &eacute;tat de donner une psychographie de la personnalit&eacute; (...) la psychanalyse peut d&eacute;voiler la motivation subjective et individuelle des doctrines philosophiques qui sont pr&eacute;tendument issues d'un travail logique et impartial et d&eacute;signer &agrave; la critique les points faibles du syst&egrave;me<sup><a name="nu24"></a><a href="#num24">24</a></sup>.&raquo;</p>     <p>La mise au premier plan par Spinoza de la connaissance par les causes exige la suspension du jugement moral. Si tout est n&eacute;cessaire, et que rien n'advient sans qu'il soit n&eacute;cessaire que cela advienne et comme cela advient, il convient donc de prendre toujours acte de ce qui est et devient sans le jauger &agrave; l'aune de qui aurait pu être ou devrait être. Il est difficile de ne pas suivre ici Spinoza lorsque nous nous efforçons d'entendre la parole qui en apparence, &agrave; tout le moins, nous est cliniquement destin&eacute;e. Ne pas juger mais s'employer &agrave; connaître par les causes le devenir n&eacute;cessaire ou l'origine traumatique d'une souffrance actuelle. Comprendre la normativit&eacute; immanente du d&eacute;sir pour ne pas moraliser.</p>     <p>L'ouvrage recens&eacute; ne peut gu&egrave;re faire entendre toutes les &eacute;tranges consonances entre le propos du philosophe et le champ freudien. Il va de soi que si nous instruisions la question de la confrontation -et non de la simple comparaison-, entre Spinoza et la psychanalyse en r&eacute;duisant cette derni&egrave;re au motif clinique d'une cure de la parole par la parole sous l'&eacute;gide d'une relation d'adresse, nous rencontrions quelques difficult&eacute;s &agrave; penser conjointement l'effet de lecture suscit&eacute; par l'&Eacute;thique et la modification de soi produite par l'association libre. Il resterait &agrave; confondre le caract&egrave;re transf&eacute;rentiel de toute lecture d'un texte invitant &agrave; la modification de soi et la parole d&eacute;ploy&eacute;e de mani&egrave;re strictement immanente dans le cadre sp&eacute;cifique d'une relation de parole.</p>  <hr>       <p><sup><a name="num*"></a><a href="#nu*">*</a></sup> Nous proposons ici un compte-rendu d'un ouvrage intitul&eacute; <i>Spinoza et la psychanalyse </i>sous la direction d'Andr&eacute; Martins et de Pascal S&eacute;verac, Pr&eacute;face de Pierre-François Moreau. Avec les contributions de: Adrien Klajnman, Isabelle Ledoux, Andr&eacute; Martins, Myriam Morvan, Maxime Rovere, Monique Schneider, Pascal S&eacute;verac</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Paris, Hermann Editeurs, 2012, 188 pages . Une premi&egrave;re version abr&eacute;g&eacute;e est parue dans la revue Critique, n&deg;800-801, 2014/1</p>      <p><sup><a name="num1"></a><a href="#nu1">1</a></sup>&nbsp;Voir: &laquo;De même qu'autrefois, l'histoire se r&eacute;duisait &agrave; un perp&eacute;tuel &eacute;loge de Rome, on croirait qu'aujourd'hui, la philosophie, en certaines contr&eacute;es, se r&eacute;duit &agrave; un perp&eacute;tuel &eacute;loge de Spinoza. Je ne sais rien de plus infantile.&raquo; (J.-C. Milner, <i>Le sage trompeur. Libres raisonnements sur Spinoza et les Juifs. Court trait&eacute; de lecture I, </i>Verdier, p.9)</p>     <p><sup><a name="num2"></a><a href="#nu2">2</a></sup>&nbsp;M. Bertrand a montr&eacute; que d&egrave;s les ann&eacute;es 20, on s'interrogeait d&eacute;j&agrave; sur&laquo;les convergences entre Spinoza et la psychanalyse&raquo; et qu'il existe une &laquo;constance certaine&raquo; de cette question en d&eacute;pit de la dispersion historique des travaux. Voir <i>Spinoza et la psychanalyse, </i>Studia Spinoza, vol. 8, 1992.</p>     <p><sup><a name="num3"></a><a href="#nu3">3</a></sup>&nbsp;Voir: &laquo;Il serait tout &agrave; fait ridicule de penser que si des hommes meurent d'amour pour une femme qu'ils ne peuvent pas poss&eacute;der, c'est parce qu'ils lui demandaient en vain une petite sensation mat&eacute;rielle que la premi&egrave;re femme venue aurait pu leur donner. Il faut être naïf et incomp&eacute;tent comme Spinoza pour d&eacute;finir simplement l'amour: &laquo;Titillatio, concomitante idea causae externae (&Eacute;th., IV, 44)&raquo;&raquo; (A Binet, <i>Le</i></p>      <p><sup><a name="num4"></a><a href="#nu4">4</a></sup>&nbsp;Voir F. Pasche, <i>L'angoisse ni&eacute;e, Rev. Franç. Psychanal., </i>1/1979. Cf. du même auteur et concernant le Dieu spinoziste confondue avec &laquo;une D&eacute;esse-M&egrave;re archaïque produisant par une sorte de bourgeonnement interne des &laquo;modes&raquo; dont elle n'accouche jamais.&raquo; <i>(M&eacute;taphysique et inconscient </i>(1981) repris in <i>Le sens de la psychanalyse, </i>Paris, puf, 1988, p.91). A propos de l'illusion de compl&eacute;tude, a. Martins retrouve cependant la probl&eacute;matique du traumatisme de la naissance, ch&egrave;re &agrave; Otto Rank: &laquo;alors que selon la m&eacute;tapsychologie freudienne et lacanienne le d&eacute;sir de compl&eacute;tude est le corr&eacute;lat du d&eacute;sir d'inceste, c'est-&agrave;-dire de quelque chose qui dans la plupart des cas n'a pas eu lieu, nous pouvons concevoir qu'un d&eacute;sir d'union, et non plus de compl&eacute;tude, prend son origine, non pas dans une id&eacute;alisation, mais dans un v&eacute;cu d'union avec la m&egrave;re: v&eacute;cu qui a effectivement eu lieu au sein du ventre maternel. Cette exp&eacute;rience d'union, dont nous parle Winnicott par exemple, analogue &agrave; l'union avec la Nature ou la Substance qui nous constitue selon Spinoza&raquo; (Spinoza et la psychanalyse, pp.81-82).</p>     <p><sup><a name="num5"></a><a href="#nu5">5</a></sup>&nbsp;F. Pasche, op. cit., p.71</p>      <p><sup><a name="num6"></a><a href="#nu6">6</a></sup> M. Rov&egrave;re &eacute;crit ainsi: &laquo;maintenir Spinoza dans sa stricte situation historique aurait quelque chose d'un d&eacute;ni, puisque si l'&Eacute;thique est &eacute;dit&eacute;e et lue aujourd'hui, c'est qu'elle touche des lecteurs qui ne sont pas seulement soucieux de savoir comment on pensait dans la Hollande du Si&egrave;cle d'Or. Il semble plutôt que ce livre touche les hommes &agrave; l'endroit même o&ugrave;, d'une certaine mani&egrave;re, la psychanalyse les travaille.&raquo; <i>(Causalit&eacute; et signification: la construction d'un sujet libre chez Spinoza et Lacan </i>in <i>Spinoza et la psychanalyse, </i>op. cit. p.19)</p>      <p><sup><a name="num7"></a><a href="#nu7">7</a></sup> J. Lacan, <i>Les Quatre Concepts Fondamentaux de la Psychanalyse, </i>Paris, Seuil, coll.</p>     <p>Points, 1973 p.270.</p>      <p><sup><a name="num8"></a><a href="#nu8">8</a></sup>&nbsp;M. Proust, <i>Le Temps retrouv&eacute;, </i>Paris, Gallimard, coll. Folio, 2008, p.203. Voir &eacute;galement: &laquo;J'avais autre fois entrevu aux Champs-Elys&eacute;es, et je m'&eacute;tais mieux rendu compte depuis, qu'en &eacute;tant amoureux d'une femme nous projetons simplement en elle un &eacute;tat de notre âme; que par cons&eacute;quent l'important n'est pas la valeur de la femme mais la profondeur de l'&eacute;tat&raquo; (A <i>l'ombre des jeunes filles en fleurs, </i>Paris, Gallimard, coll. Folio, 2008 pp.397-398) ainsi que: &laquo;On aime sur un sourire, sur un regard, sur une &eacute;paule. Cela suffit; alors dans les longues heures d'esp&eacute;rance ou de tristesse on fabrique une personne, on compose un caract&egrave;re.&raquo; <i>(Albertine disparue, </i>Paris, Gallimard, coll. Folio, 2007, p.112)</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><sup><a name="num9"></a><a href="#nu9">9</a></sup>&nbsp;&Eacute;th. iii, prop. xv, scol.</p>     <p><sup><a name="num10"></a><a href="#nu10">10</a></sup>&nbsp;&Eacute;th., iii, prop. xvi.</p>      <p><sup><a name="num11"></a><a href="#nu11">11</a></sup>&nbsp;&Eacute;th. I, <i>appendice, </i>trad. B. Pautrat, Paris, Editions du Seuil, 1988, p. 81.</p>     <p><sup><a name="num12"></a><a href="#nu12">12</a></sup>&nbsp;A. Martins s'oppose ici &agrave; Freud en soutenant &agrave; propos du conflit pulsionnel: &laquo;Si conflit il y a, le dualisme ne peut pas l'expliquer de fait, vu que tout dualisme est d&eacute;j&agrave; une r&eacute;duction des multiplicit&eacute;s r&eacute;elles &agrave; la multiplicit&eacute; minimale du deux.&raquo; (<u>Spinoza et la psychanalyse</u>, p.80)</p>      <p><sup><a name="num13"></a><a href="#nu13">13</a></sup>&nbsp;&Eacute;th., m, prop. iv.</p>     <p><sup><a name="num14"></a><a href="#nu14">14</a></sup>&nbsp;&Eacute;th.., m, prop.vi.</p>     <p><sup><a name="num15"></a><a href="#nu15">15</a></sup>&nbsp;&Eacute;th.iv, prop.xx, scol.</p>     <p><sup><a name="num16"></a><a href="#nu16">16</a></sup>&nbsp;&Eacute;th.m, prop. X.</p>      <p><sup><a name="num17"></a><a href="#nu17">17</a></sup>&nbsp;&Eacute;th, IV, prop.vil.</p>     <p><sup><a name="num18"></a><a href="#nu18">18</a></sup>&nbsp;&Eacute;th, V, prop. III.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><sup><a name="num19"></a><a href="#nu19">19</a></sup>&nbsp;Voir sur ce point, P. Macherey, <i>Introduction &agrave; l'Ethique de Spinoza, </i>III, Paris, 1998, note 1, p. 25. Cf. &eacute;galement &Eacute;th. iv, prop. xxxix, scol. sur la discontinuit&eacute; entre l'adulte et le b&eacute;b&eacute;.</p>     <p><sup><a name="num20"></a><a href="#nu20">20</a></sup>&nbsp;P. Macherey, op. cit., note 2, p.257.</p>      <p><sup><a name="num21"></a><a href="#nu21">21</a></sup>&nbsp;S. Freud, <i>&Eacute;tudes sur l'hyst&eacute;rie, </i>Paris, P.U.F., 1967, p.51, trad. mod. Par M. Schneider.</p>     <p><sup><a name="num22"></a><a href="#nu22">22</a></sup>&nbsp;&Eacute;th., prop. IX, sc.</p>      <p><sup><a name="num23"></a><a href="#nu23">23</a></sup>&nbsp;La contribution d'I. Ledoux au pr&eacute;sent ouvrage, <i>Freud et Spinoza </i>et la question du mal, demeure n&eacute;anmoins d'une tr&egrave;s grande qualit&eacute; dans la mesure o&ugrave; elle propose de repenser &agrave; la lumi&egrave;re des cat&eacute;gories de privation et de n&eacute;gation, la question classique de toute th&eacute;odic&eacute;e que Descartes dans la <i>Meditatio </i>III ordonnait &eacute;galement &agrave; la question de la dette et du don.</p>     <p><sup><a name="num24"></a><a href="#nu24">24</a></sup>&nbsp;S. Freud, <i>L'int&eacute;rêt de la psychanalyse </i>(1913), pr&eacute;sent&eacute;, traduit et comment&eacute; par P.-L. Assoun, Paris, Retz, 1980, pp.76-77. Freud rejoint ici Nietzsche, <i>Par-del&agrave; le bien et le mal </i>&amp;6)</p>  <hr>   </font>      ]]></body>
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