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<journal-title><![CDATA[Memorias: Revista Digital de Historia y Arqueología desde el Caribe]]></journal-title>
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<article-title xml:lang="fr"><![CDATA[Le sucre: barrière entre la Guadeloupe et son environnement caraïbe]]></article-title>
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<abstract abstract-type="short" xml:lang="es"><p><![CDATA[A siete mil kilómetros de su metrópoli, Francia, Guadalupe mantiene relaciones con ella más que con su entorno Caribe, y esto se debe a su colonización en el siglo XVII hasta principios de 1970. Durante este tiempo, la dependencia económica y comercial con Francia se fortalece mientras que la sensación de ser francés es cada vez más compartida por su gente. Los ingresos solo están basados en el monocultivo de caña de azúcar. Las corporaciones metropolitanas tienen plantaciones que producen un azúcar crudo para exportar a las refinerías en Francia. Sus directores y ejecutivos son metropolitanos, y a través de ellos es que la gente percibe lo que es Francia. Se espera la diversificación de las actividades económicas locales al cierre de las plantaciones azucareras, para traer una apertura hacia el Caribe en un futuro próximo. Es el propósito de este trabajo demostrar por qué este proceso has sido tan retardado.]]></p></abstract>
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</front><body><![CDATA[  <font face="verdana" size="2">     <p align="center"><font size="4"><b>Le sucre: barri&egrave;re entre la Guadeloupe et son environnement cara&iuml;be</b></font></p>     <p align="center"><font size="3"><b>El az&uacute;car: barrera entre Guadalupe y su entorno Caribe</b></font></p>     <p align="right"><b>Marie-Christine Touchelay</b><a name="n1"></a><a href="#n_1"><sup>1</sup></a></p> <hr>     <p><b>R&eacute;sum&eacute;</b></p>     <p>A sept mille kilom&egrave;tres de sa m&eacute;tropole, la France, la Guadeloupe entretient davantage de relations avec elle qu'avec son environnement cara&iuml;be, et ceci de sa colonisation au XVIIe si&egrave;cle jusqu'aux d&eacute;buts des ann&eacute;es 1970. Pendant ce long temps, la d&eacute;pendance &eacute;conomique et commerciale envers la France se renforce alors que le sentiment d'&ecirc;tre fran&ccedil;ais est de plus en plus partag&eacute; par la population. L'unique revenu repose sur la monoculture de la canne &agrave; sucre. Des Soci&eacute;t&eacute;s anonymes m&eacute;tropolitaines poss&egrave;dent les usines qui produisent un sucre brut destin&eacute; aux raffineries de France. Leurs directeurs et cadres sont des m&eacute;tropolitains, et c'est par leur interm&eacute;diaire que les habitants per&ccedil;oivent ce qu'est la France. Il faut attendre la diversification des activit&eacute;s &eacute;conomiques sur place qui suit la fermeture des usines sucri&egrave;res, pour qu'une ouverture sur l'environnement cara&iuml;be proche voie le jour. C'est l'objet de cette communication de montrer pourquoi celle-ci a &eacute;t&eacute; tant retard&eacute;e.</p>     <p><b>Mots-cl&eacute;s </b>: entreprise sucri&egrave;re, acculturation, colonie, entreprises, entrepreneurs.</p>  <hr>     <p><b>Resumen</b></p>     <p>A siete mil kil&oacute;metros de su metr&oacute;poli, Francia, Guadalupe mantiene relaciones con ella m&aacute;s que con su entorno Caribe, y esto se debe a su colonizaci&oacute;n en el siglo XVII hasta principios de 1970. Durante este tiempo, la dependencia econ&oacute;mica y comercial con Francia se fortalece mientras que la sensaci&oacute;n de ser franc&eacute;s es cada vez m&aacute;s compartida por su gente. Los ingresos solo est&aacute;n basados en el monocultivo de ca&ntilde;a de az&uacute;car. Las corporaciones metropolitanas tienen plantaciones que producen un az&uacute;car crudo para exportar a las refiner&iacute;as en Francia. Sus directores y ejecutivos son metropolitanos, y a trav&eacute;s de ellos es que la gente percibe lo que es Francia. Se espera la diversificaci&oacute;n de las actividades econ&oacute;micas locales al cierre de las plantaciones azucareras, para traer una apertura hacia el Caribe en un futuro pr&oacute;ximo. Es el prop&oacute;sito de este trabajo demostrar por qu&eacute; este proceso has sido tan retardado.</p>     <p><b>Palabras claves: </b>Empresa azucarera, aculturaci&oacute;n, colonia, empresas, empresarios.</p> <hr>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>La Guadeloupe est deux fois &icirc;le: s&eacute;par&eacute;e par l'histoire de ses voisins proches, et par l'Atlantique de sa m&eacute;tropole, la France. Dans sa construction de Vieille Colonie, un rouage a permis &agrave; l'&Eacute;tat d'installer durablement son autorit&eacute;: ce sont ses entrepreneurs. Venant de m&eacute;tropole ou de Martinique, ils g&egrave;rent sur place les int&eacute;r&ecirc;ts de soci&eacute;t&eacute;s m&eacute;tropolitaines qui s'enrichissent &agrave; partir de la canne &agrave; sucre.</p>     <p>Depuis le Second Empire, le syst&egrave;me &eacute;conomique de la Guadeloupe repose sur la d&eacute;pendance. Le revenu de chaque commune est aliment&eacute; par une taxe sur toutes les marchandises qui p&eacute;n&egrave;trent sur l'&icirc;le: l'octroi de mer<a name="n2"></a><a href="#n_2"><sup>2</sup></a></a>. De ce fait, l'autosuffisance du territoire, vivant sans importation, impliquerait le d&eacute;ficit de ses communes. Cette organisation n'a rien de surprenant pour l'&eacute;poque. La surprise vient de ce que cela perdure en Guadeloupe, m&ecirc;me apr&egrave;s la p&eacute;riode des d&eacute;colonisations. C'est dans ce contexte que la question de l'ouverture de la Guadeloupe sur son espace proche est pos&eacute;e. Qu'est-ce qui a permis &agrave; ses liens avec sa m&eacute;tropole d'&ecirc;tre si forts ? Pourquoi ont-ils &eacute;t&eacute; tiss&eacute;s au d&eacute;triment d'autres, plus logiques, avec les &icirc;les voisines de la Cara&iuml;be ?</p>     <p>Les principaux b&eacute;n&eacute;ficiaires des contacts avec la M&eacute;tropole sont les responsables locaux des entreprises m&eacute;tropolitaines. Ils repr&eacute;sentent l'autorit&eacute; du si&egrave;ge social et rendent des comptes aux conseils d'administration m&eacute;tropolitain. Ils transmettent les ordres des directions mais aussi, peu &agrave; peu, une acculturation &agrave; la France. Celle-ci passe par le sentiment d'&ecirc;tre fran&ccedil;ais, sentiment confort&eacute; par la loi de 1946 qui fait de la Guadeloupe un d&eacute;partement.</p>     <p>Devenir fran&ccedil;ais &agrave; sept milles kilom&egrave;tres de la France ne conduit pas &agrave; s'ouvrir sur la Cara&iuml;be. Comment les entrepreneurs ont-ils &eacute;t&eacute; les vecteurs du sentiment d'appartenance &agrave; la nation fran&ccedil;aise ?</p>     <p>Pendant les trois p&eacute;riodes cl&eacute;s du d&eacute;veloppement de l'industrie sucri&egrave;re de 1852 &agrave; 1964, le r&ocirc;le qu'ils ont tenu balise, &agrave; chaque &eacute;tape, une marche suppl&eacute;mentaire vers l'acquisition de la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise.</p>     <p>La mise en place par l'&Eacute;tat des outils de la production sucri&egrave;re, du Second Empire &agrave; la fin de la 1<sup>re</sup> Guerre mondiale, constitue la premi&egrave;re &eacute;tape. Peut-on dire que, parall&egrave;lement &agrave; l'installation des usines modernes, s'ancre en Guadeloupe un sentiment d'appartenance &agrave; la m&eacute;tropole nationale ?</p>     <p>Entre les deux guerres, l'&Eacute;tat fixe des r&egrave;gles pour d&eacute;limiter pr&eacute;cis&eacute;ment le profit de chacun <a name="n3"></a><a href="#n_3"><sup>3</sup></a>dans la production sucri&egrave;re. Les producteurs de sucre de canne et de rhum se font promoteurs de la canne en m&eacute;tropole, identifi&eacute;e &agrave; la Guadeloupe. Sur place s'enracine ce sentiment d'&ecirc;tre fran&ccedil;ais qui motive &agrave; produire pour la France: &agrave; ce moment-l&agrave;, comment les entrepreneurs en sont-ils les vecteurs ?</p>     <p>Enfin, de la Seconde Guerre mondiale &agrave; 1964, la Guadeloupe r&eacute;v&egrave;le &agrave; l'Etat d'autres richesses que sa canne &agrave; sucre. Les entrepreneurs sont-ils alors &eacute;vinc&eacute;s ?</p>     <p>Paradoxalement, ils semblent d'abord &ecirc;tre les grands perdants de la loi de d&eacute;partementalisation qui &eacute;tablit pourtant ce rapprochement avec la Nation dont ils ont &eacute;t&eacute; les catalyseurs. Ils redoutent surtout une augmentation de la fiscalit&eacute; qui les &eacute;pargnait jusqu'alors au nom de l'exception coloniale. A partir de 1961 les usines sucri&egrave;res sont de moins en moins rentables, les d&eacute;bouch&eacute;s commerciaux pour le sucre de canne ont diminu&eacute; avec la perte des colonies, hier clientes et la strat&eacute;gie des soci&eacute;t&eacute;s anonymes m&eacute;tropolitaines est &agrave; la diversification des activit&eacute;s. Ces causes ext&eacute;rieures &agrave; la Guadeloupe justifient les fermetures d'usine &agrave; partir de 1965 et ouvrent la porte &agrave; un d&eacute;veloppement &eacute;conomique en dehors de la canne &agrave; sucre, chose inimaginable dix ans avant.</p>     <p><b>De 1852 &agrave; 1918, les pr&eacute;misses d'une industrie sucri&egrave;re en Guadeloupe</b></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Le Second Empire installe les entrepreneurs sur un territoire dont le syst&egrave;me productif a &eacute;t&eacute; doublement boulevers&eacute;, tant au niveau mat&eacute;riel que moral. Au niveau mat&eacute;riel, le tremblement de terre de 1843 a d&eacute;truit les habitations. Au niveau moral, l'abolition de l'esclavage de 1848 a chang&eacute; les rapports au travail. La production a chut&eacute; de 35 000 tonnes de sucre en 1848 &agrave; 16 000 tonnes en 1853.</p>      <p><b>Les outils de la production donn&eacute;s par l'Etat</b></p>     <p>L'&Eacute;tat intervient pour rentabiliser de nouveau son &icirc;le &agrave; sucre, la rendant attractive pour les entrepreneurs. La premi&egrave;re condition est de mettre des capitaux &agrave; leur disposition. A cet effet, la Banque de Guadeloupe et le Cr&eacute;dit Foncier Colonial sont institu&eacute;s.</p>     <p>Comme les quatre autres banques coloniales dans chacune des Vieilles Colonies, la Banque de Guadeloupe est fond&eacute;e par la loi du 11 juillet 1851<a name="n4"></a><a href="#n_4"><sup>4</sup></a>, vot&eacute;e sous la Seconde R&eacute;publique. Son capital est form&eacute; par un huiti&egrave;me de l'indemnit&eacute; re&ccedil;ue de l'&Eacute;tat en guise de d&eacute;dommagement par chaque propri&eacute;taire d'esclave apr&egrave;s la loi d'abolition de 1848. Actionnaires oblig&eacute;s, ils sont ainsi encourag&eacute;s &agrave; continuer leur activit&eacute; de production sucri&egrave;re en Guadeloupe. Cr&eacute;&eacute;e pour soutenir l'agriculture, la banque pr&ecirc;te une somme correspondant au gage de la r&eacute;colte &agrave; venir. Plus l'exploitant agricole a de cannes r&eacute;colt&eacute;es, plus il peut emprunter. Un agent central des Banques coloniales r&eacute;side &agrave; Paris et honore les traites.<a name="n5"></a><a href="#n_5"><sup>5</sup></a> Entre 1874 et 1901 les attributions de ces banques se pr&eacute;cisent, y confirmant la place de choix occup&eacute;e par les entrepreneurs les plus riches.</p>     <p>Pour installer l'industrie sur place, le Second Empire fonde le Cr&eacute;dit foncier colonial (CFC) par d&eacute;cret imp&eacute;rial en 1851<a name="n6"></a><a href="#n_6"><sup>6</sup></a>. Les emprunts au CFC permettent de regrouper d'anciennes habitations<a name="n7"></a><a href="#n_7"><sup>7</sup></a> autour d'un projet d'usine &laquo; centrale &raquo;, constituant ainsi des grands domaines aux mains d'entrepreneurs priv&eacute;s. L'un d'eux, M.Lacaze Pouncou, un m&eacute;tropolitain install&eacute; en Martinique, rach&egrave;te une habitation dont le propri&eacute;taire est en faillite dans le bourg de Capesterre-Belle-Eau. Empruntant au CFC, il agrandit le domaine en 1873 puis commence, en 1883, la construction d'une usine moderne, l'usine Marquisat<a name="n8"></a><a href="#n_8"><sup>8</sup></a>.</p>      <p><b>Constitution d'un r&eacute;seau qui profite de la canne &agrave; sucre</b></p>     <p>Terre d'aventure &eacute;conomique prometteuse d'enrichissement, la Guadeloupe attire ainsi sur son territoire des investisseurs multiples, venant surtout de m&eacute;tropole. Le num&eacute;ro un en France des constructions m&eacute;caniques, Jean Fran&ccedil;ois Cail, sp&eacute;cialis&eacute; dans le mat&eacute;riel de sucreries modernes investit dans l'usine de Beauport, achetant &agrave; la famille propri&eacute;taire, les Souques, 9/15<sup>e</sup> de l'usine<a name="n9"></a><a href="#n_9"><sup>9</sup></a> en paiement du mat&eacute;riel re&ccedil;u. N'investissant pas directement dans l'industrie sucri&egrave;re mais promis &agrave; un bel avenir en partie grâce &agrave; elle, les fr&egrave;res Pereire fondent la Compagnie G&eacute;n&eacute;rale Maritime en 1855 qui devient Compagnie G&eacute;n&eacute;rale</p>     <p>Transatlantique en 1860<a name="n10"></a><a href="#n_10"><sup>10</sup></a>.</p>     <p>Un faisceau d'int&eacute;r&ecirc;ts se rassemble donc autour de la Guadeloupe. Sans habiter la Colonie, ces entrepreneurs constituent un groupe s'enrichissant &agrave; partir de la canne et faisant partie des d&eacute;cideurs quand le moment vient. Parmi eux, les transitaires, les maisons de commerce de Bordeaux, de Nantes ou du Havre, impliqu&eacute;s depuis longtemps, le deviennent davantage lorsque la production augmente grâce aux usines centrales.</p>     <p>L'&Eacute;tat aussi est b&eacute;n&eacute;ficiaire de l'exploitation du sucre de canne car il per&ccedil;oit des droits d'entr&eacute;e sur tous les produits coloniaux. La Guadeloupe reste alors l'&icirc;le &agrave; sucre des si&egrave;cles pr&eacute;c&eacute;dents. En 1882, sur 159.715 habitants, les statistiques coloniales d&eacute;nombrent 53.349 travailleurs employ&eacute;s aux cultures dans les 662 habitations-sucreries. Sur ce nombre, seules 6 sont des usines &agrave; vapeur centrale sans plantation- n&eacute;cessitant un investissement important- et 468 sont des plantations sans usines- sans investissement. Pour le reste, 60 poss&egrave;dent une usine &agrave; vapeur, 66 une usine &agrave; eau, 56 une usine &agrave; vent, 6 une usine &agrave; force animale<a name="n11"></a><a href="#n_11"><sup>11</sup></a>.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>Crise &eacute;conomique et redistribution des cartes</b></p>     <p>La crise de 1884 fait chuter le cours du sucre. L'&Eacute;tat prot&egrave;ge alors le sucre de betterave produit sur son territoire national par des taxes prohibitives frappant les sucres qui viennent d'ailleurs. Pour les entrepreneurs de Guadeloupe qui avaient emprunt&eacute; au CFC sur la base d'un cours du sucre de canne &eacute;lev&eacute;, c'est la faillite. Ils ne payent plus leurs &eacute;ch&eacute;ances et perdent leurs propri&eacute;t&eacute;s gag&eacute;es.<a name="n12"></a><a href="#n_12"><sup>12</sup></a></p>     <p>C'est le cas &agrave; l'usine Marquisat: le fils de M. Lacaze Pouncou ne peut honorer ses &eacute;ch&eacute;ances, il perd l'usine en construction et le domaine. Le CFC s'en trouve donc propri&eacute;taire. Contrairement &agrave; la Martinique o&ugrave; les riches familles de b&eacute;k&eacute;s ou la Colonie rach&egrave;tent alors les domaines, personne ne le fait en Guadeloupe et, faute d'adjudicataires, les biens restent propri&eacute;t&eacute;s du CFC. Echappant ainsi aux entrepreneurs locaux, ce sont d&eacute;sormais des Soci&eacute;t&eacute;s anonymes (dont le si&egrave;ge est en m&eacute;tropole et qui ont une assise financi&egrave;re suffisante) ou le CFC qui d&eacute;veloppent les usines &agrave; vapeur centrale.</p>     <p>Les entrepreneurs sont d&eacute;sormais des agents qui servent les int&eacute;r&ecirc;ts de soci&eacute;t&eacute;s lointaines. Quel r&ocirc;le jouent-ils dans la Vieille Colonie o&ugrave; commencent &agrave; s'appliquer les lois de la troisi&egrave;me R&eacute;publique naissante ?</p>     <p><b>La Troisi&egrave;me R&eacute;publique et la modernit&eacute;</b></p>     <p>Tout d'abord, la modernit&eacute; p&eacute;n&egrave;tre en Guadeloupe par le biais de l'usine<a name="n13"></a><a href="#n_13"><sup>13</sup></a>. C'est pour elle que sont construits les ponts, les routes et les chemins de fer &agrave; voie &eacute;troite. Le paysage est transform&eacute; par les mutations de l'&eacute;conomie sucri&egrave;re: de petites habitations qui s'enfermaient dans un espace de vie restreint, on passe &agrave; un espace plus ouvert: l'usine fait venir la canne puis envoie le sucre vers les ports. Son directeur organise ce mouvement et conna&icirc;t cet ailleurs lointain pour lequel tous travaillent. Il acquiert sur place une stature in&eacute;dite et peut faire passer dans la Vieille Colonie les id&eacute;es de la Troisi&egrave;me R&eacute;publique.</p>     <p>L'espace public am&eacute;nag&eacute; par l'&Eacute;tat, l'est en Guadeloupe pour la production sucri&egrave;re et avec les finances de l'usine. Quand, pour relier l'usine Marquisat au port d'embarquement de son sucre, le CFC fait construire un chemin de fer utilisant l'unique route publique, les habitants s'opposent aux travaux. Ils redoutent que le passage du train ne cause des accidents et s'appuient pour se faire entendre sur le caract&egrave;re public de la voie utilis&eacute;e. Le gouverneur leur donne tort et envoie la force publique pour prot&eacute;ger les travaux<a name="n14"></a><a href="#n_14"><sup>14</sup></a>.</p>     <p>L'usine fait vivre la Vieille Colonie, l'&Eacute;tat soutient les entrepreneurs dans son am&eacute;nagement.</p>     <p><b>Etat des lieux: les entrepreneurs et l'environnement cara&iuml;be</b></p>     <p>Si les entrepreneurs peuvent &ecirc;tre les principaux vecteurs du sentiment national sur place c'est parce qu'ils sont avant tout des notables, tr&egrave;s li&eacute;s aux hommes politiques locaux<a name="n15"></a><a href="#n_15"><sup>15</sup></a> et soutenus par l'Eglise catholique tr&egrave;s pr&eacute;sente dans les usines m&ecirc;mes o&ugrave; les locomotives sont toutes baptis&eacute;es, les r&eacute;coltes b&eacute;nies etc.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Toutefois cet &eacute;difice est encore en gestation. Si le lien avec la m&eacute;tropole existe bien il reste encore t&eacute;nu au sein du personnel ouvrier des usines. L'apparente facilit&eacute; avec laquelle les populations quittent le territoire le r&eacute;v&egrave;le. Elle explique aussi la p&eacute;nurie de main d'œuvre que rencontrent les entrepreneurs. Entre 1905 et 1907 3000 travailleurs partent creuser le canal de Panama. Un autre courant d'&eacute;migration rejoint la Guyane fran&ccedil;aise, puis elle se f&eacute;minise avec un d&eacute;part massif de bonnes vers le Canada au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle<a name="n16"></a><a href="#n_16"><sup>16</sup></a>.</p>     <p>Cette &eacute;migration motiv&eacute;e par la recherche d'un emploi est quantifiable, mais il semble aussi qu'il y ait eu une sorte de nomadisme inter-&icirc;les, concernant moins de personnes, mais cr&eacute;ant une communaut&eacute; en mouvement dans les &icirc;les proches, &eacute;chappant &agrave; la R&eacute;publique et &agrave; l'usine, bas&eacute;e sur une langue et un mode de vie commun<a name="n17"></a><a href="#n_17"><sup>17</sup></a>. Pour elle, les entrepreneurs sont des &eacute;trangers, cultiv&eacute;s et &eacute;duqu&eacute;s en m&eacute;tropole. Comment expliquer qu'ils aient finalement r&eacute;ussi le ph&eacute;nom&egrave;ne d'acculturation avec la France ?</p>     <p align="center"><img src="img/revistas/memor/n20/n20a03f01.jpg"></p>     <p><a name="n18"></a><a href="#n_18"><sup>18</sup></a></p>     <p><b>De 1919 &agrave; 1939, la mise en place par l'Etat d'une &eacute;conomie administr&eacute;e met-elle de c&ocirc;t&eacute; les entrepreneurs ?</b></p>     <p align="center"><img src="img/revistas/memor/n20/n20a03f02.jpg"></p>     <p>La Premi&egrave;re Guerre Mondiale renforce les liens entre la Vieille Colonie et sa m&eacute;tropole. Les Guadeloup&eacute;ens ont pay&eacute; l'imp&ocirc;t du sang et leur appartenance &agrave; la France n'est plus &agrave; prouver. Reste &agrave; partager ce sentiment d'exaltation nationale de retour au pays. Les entrepreneurs vont y contribuer en participant aux expositions coloniales, mais surtout en organisant des manifestations de grande ampleur,  pour  f&ecirc;ter  le tricentenaire  de l'appartenance  de la Guadeloupe &agrave; la France. Reste ensuite &agrave; faire accepter la nuance: habitants d'une vieille colonie, les Guadeloup&eacute;ens sont des citoyens, mais n'ont pas les m&ecirc;mes droits que les Fran&ccedil;ais.Ils sont citoyens de seconde zone comme l'&eacute;crira Aim&eacute; C&eacute;saire<a name="n19"></a><a href="#n_19"><sup>19</sup></a>.     <p><b>La production sucri&egrave;re dop&eacute;e par la guerre</b></p>     <p>La guerre a &eacute;t&eacute; faste pour les entreprises. Les circuits de distribution vers la m&eacute;tropole se sont renforc&eacute;s pour r&eacute;pondre aux demandes pressantes (surtout en rhum) du service du Ravitaillement. D&eacute;sormais la culture de la canne g&eacute;n&egrave;re des profits partag&eacute;s par un solide r&eacute;seau en m&eacute;tropole: les transitaires, les ports, les raffineries. Le lobby du sucre colonial s'&eacute;toffe. En 1920, le CFC cr&eacute;e sa Soci&eacute;t&eacute; industrielle et agricole pour g&eacute;rer les usines et les terres recueillies apr&egrave;s les faillites de la fin du XIX<a name="n20"></a><a href="#n_20"><sup>20</sup></a>. Elle g&egrave;re l'usine Marquisat et celle de Bonne M&egrave;re en Guadeloupe et trois autres usines &agrave; la R&eacute;union. Son organisation pyramidale, avec une agence centrale &agrave; Pointe &agrave; Pitre si&egrave;ge d'exploitation, et ses usines sur le territoire, augmentent les effectifs du personnel de direction.</p>     <p>Les autres usines, dop&eacute;es par la bonne sant&eacute; du march&eacute; du sucre et du rhum, se modernisent et accroissent leurs capacit&eacute;s de production. Suffisant hier, leur domaine ne l'est plus pour les alimenter en cannes. Si elles drainent peu &agrave; peu vers elles la quasi-totalit&eacute; de la canne cultiv&eacute;e sur le territoire, c'est en l'achetant sur de petites propri&eacute;t&eacute;s, en faisant venir des ouvriers agricoles sur leurs propres terres pour la r&eacute;colte ou en r&eacute;ceptionnant la canne des habitations avec lesquelles elles sont li&eacute;es par contrat de colonage<a name="n21"></a><a href="#n_21"><sup>21</sup></a>. Les ouvriers agricoles ont un emploi temporaire, ils sont parfois d'origine &eacute;trang&egrave;re, tous pay&eacute;s &agrave; la tâche c'est-&agrave;-dire &agrave; la quantit&eacute; de canne apport&eacute;e &agrave; l'usine. Ce prix est fix&eacute; annuellement par le gouverneur et des repr&eacute;sentants des deux parties, (producteurs et ouvriers agricoles).</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>Le monopole des usines</b></p>     <p>Pour qu'elles re&ccedil;oivent des quantit&eacute;s suffisantes de canne &agrave; sucre, il faut aussi augmenter les moyens des petits propri&eacute;taires pour lesquels l'Etat instaure des caisses de cr&eacute;dit agricole. Leur fonds de roulement est constitu&eacute; en ponctionnant les b&eacute;n&eacute;fices de la Banque de Guadeloupe. En cas de r&eacute;partition d'un dividende annuel sup&eacute;rieur &agrave; 125 francs net d'imp&ocirc;ts par action, elle verse une somme &eacute;gale &agrave; l'exc&eacute;dent net r&eacute;parti<a name="n22"></a><a href="#n_22"><sup>22</sup></a>.</p>     <p>Pour l'instant, l'usine, tr&egrave;s li&eacute;e avec sa banque coloniale, est le seul circuit qui b&eacute;n&eacute;ficie d'un financement important sur l'&icirc;le. C'est tellement flagrant que les commer&ccedil;ants s'en plaignent. Apr&egrave;s le cyclone de 1928, les aides financi&egrave;res pour les r&eacute;parations, vot&eacute;es &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale, ne sont destin&eacute;es qu'aux usines. Aucune indemnit&eacute; n'est pr&eacute;vue pour le commerce qui a pourtant subi d'importants pr&eacute;judices<a name="n23"></a><a href="#n_23"><sup>23</sup></a>.</p>     <p><b>Les entrepreneurs et l'exception coloniale </b>:</p>     <p>Cl&eacute;s de voûte &eacute;conomique de la colonie, les entrepreneurs tiennent &agrave; garder cette supr&eacute;matie et s'opposent pour cette raison &agrave; l'assimilation avec la France. Ils d&eacute;fendent la Guadeloupe en temps que Vieille Colonie, qui offre peut- &ecirc;tre &agrave; ses habitants une citoyennet&eacute; amoindrie mais &agrave; ses entreprises un statut permettant d'invoquer un r&eacute;gime d'exception, en particulier vis-&agrave;-vis du fisc.</p> </p>    <p align="center"><img src="img/revistas/memor/n20/n20a03f03.jpg"></p>     <p>Gratien Candace<a name="n24"></a><a href="#n_24"><sup>24</sup></a>,  d&eacute;put&eacute;  de Guadeloupe, d&eacute;pose une proposition de loi<a name="n25"></a><a href="#n_25"><sup>25</sup></a> pour que les Soci&eacute;t&eacute;s de capitaux ayant leur si&egrave;ge et leur exploitation   aux  colonies   soient soumises exclusivement &agrave; la l&eacute;gislation fiscale locale en ce qui concerne les imp&ocirc;ts sur les titres et les imp&ocirc;ts sur les revenus des valeurs mobili&egrave;res.</p>      <p>Il ajoute que ces taxes doivent &ecirc;tre per&ccedil;ues au profit des budgets locaux. &laquo; Il serait injuste de vouloir imposer en France, des soci&eacute;t&eacute;s r&eacute;unissant des actionnaires en France, mais dont les richesses exploit&eacute;es sont dans les colonies. Il est temps de revoir la d&eacute;finition du si&egrave;ge social &agrave; comprendre comme si&egrave;ge d'exploitation&raquo;<a name="n26"></a><a href="#n_26"><sup>26</sup></a>.</p>     <p><b>Les expositions coloniales:</b></p>     <p align="center"><img src="img/revistas/memor/n20/n20a03f04.jpg"></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Avec les &eacute;lus et les interm&eacute;diaires enrichis par le commerce du sucre ou du rhum, devenant pour l'occasion de v&eacute;ritables repr&eacute;sentants commerciaux, les entrepreneurs participent aux expositions coloniales.</p>     <p>Elles sont le moyen de vendre leurs produits en m&ecirc;me temps que de v&eacute;hiculer l'image d'une Guadeloupe terre d'enrichissement. En marge de l'exposition coloniale de 1931 &agrave; Paris, le comit&eacute; d'organisation pr&eacute;sid&eacute; le d&eacute;put&eacute; de Guadeloupe Gratien Candace, propose une journ&eacute;e du rhum, le 10 juillet 1931<a name="n27"></a><a href="#n_27"><sup>27</sup></a>. Le s&eacute;nateur Henri B&eacute;renger avait donn&eacute; le ton dans la brochure pr&eacute;sentant l'exposition coloniale de Marseille en 1922, qualifiant la Guadeloupe d'&laquo; &eacute;meraude des Antilles. Profond&eacute;ment attach&eacute;e depuis trois si&egrave;cle, au diad&egrave;me historique de la France &raquo;<a name="n28"></a><a href="#n_28"><sup>28</sup></a>.</p>     <p>Les c&eacute;l&eacute;brations pour les trois cents ans d'appartenance de la Guadeloupe &agrave; la France sont organis&eacute;es partout o&ugrave; les richesses de l'&icirc;le apportent des b&eacute;n&eacute;fices: au Havre, une plaque de marbre est appos&eacute;e dans le hall de la bourse en hommage &laquo; aux normands qui ont donn&eacute; les Antilles &agrave; la France &raquo;<a name="n29"></a><a href="#n_29"><sup>29</sup></a>, &agrave; Bordeaux, &agrave; Marseille, &agrave; Paris...Sur place, en Guadeloupe, elles donnent aussi lieu &agrave; des manifestations o&ugrave; le sentiment national est exalt&eacute; voire diffus&eacute;<a name="n30"></a><a href="#n_30"><sup>30</sup></a>.</p>     <p><b>L'&eacute;conomie administr&eacute;e </b>:</p>     <p>L'&Eacute;tat, de nouveau, s'&eacute;rige en protecteur de la betterave. La guerre a momentan&eacute;ment nui &agrave; la culture concurrente, installant ses champs de bataille au nord de la France, sur la zone de production des betteraves. La production de sucre de canne conna&icirc;t alors une augmentation importante. Il s'av&egrave;re n&eacute;cessaire de r&eacute;glementer le march&eacute; du sucre pour permettre aux producteurs de betterave de produire de nouveau. L'&Eacute;tat instaure donc une v&eacute;ritable &eacute;conomie administr&eacute;e fixant des quotas de production de sucre de canne et de sucre de betterave.</p>     <p>Le rhum, bien vendu pendant la guerre au Ravitaillement, conna&icirc;t le m&ecirc;me rationnement: par mesure protectionniste vis-&agrave;-vis des eaux de vie produites en m&eacute;tropole, sa production est contingent&eacute;e. Les quantit&eacute;s arrivant en France hors quota sont vendues s'il y a des acheteurs, mais elles sont surtax&eacute;es.</p>     <p>Cette mainmise de l'&Eacute;tat dans l'organisation de la production s'invite aussi sur le territoire de Guadeloupe en y prot&eacute;geant les petits distillateurs par rapport aux usines. Le gouverneur, repr&eacute;sentant de l'&Eacute;tat sur place, r&eacute;partit la production &agrave; fournir par chacun. Son d&eacute;cret d'application du 20 f&eacute;vrier 1923, par exemple, r&eacute;partit les 60.000 hectolitres d'alcool pur &agrave; produire par la Guadeloupe en 43.000 hectolitres pour les usines contre 17.000 hectolitres pour les distilleries agricoles. Cette r&eacute;partition est annuelle.</p>     <p>Pour le sucre, le d&eacute;cret du 27 août 1937 d&eacute;termine le contingentement du sucre colonial apr&egrave;s accord interprofessionnel, c'est-&agrave;-dire entre producteur de sucre de betterave et de canne. Le contingent r&eacute;serv&eacute; la m&ecirc;me ann&eacute;e &agrave; la Guadeloupe est de 43.519 tonnes, il &eacute;volue selon les stocks dont dispose la France.</p>     <p>Sur place, pour atteindre ce quota, le gouverneur impose aux usines la quantit&eacute; de cannes-&agrave; sucre qu'ils doivent recevoir des planteurs, diff&eacute;rente de celle qu'elles produisent elles- m&ecirc;mes. La volont&eacute; de l'Etat &eacute;tant bien alors que la canne fasse vivre le plus de monde possible.</p>     <p>La production de sucre de canne est la cl&eacute; de voûte de l'&eacute;conomie de l'&icirc;le. Pour les habitants, presque tout en provient. Elle a son propre magasin o&ugrave; l'ouvrier s'alimente sans forc&eacute;ment payer en num&eacute;raire, mais en gageant son salaire de quinzaine comme r&egrave;glement de l'ardoise. Quelques enqu&ecirc;tes d&eacute;crivent ces &laquo; maisons de commerce existant dans le voisinage des centres usiniers...Un seul individu doit- il avoir le monopole de tous les bazars ? Les prix y sont exorbitants &raquo;<a name="n31"></a><a href="#n_31"><sup>31</sup></a>. L'usine dispense aussi la sant&eacute; &agrave; ses salari&eacute;s et &agrave; leurs familles dans ses dispensaires.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>La crise des ann&eacute;es 1930, une perte d'autorit&eacute; des entrepreneurs sur le territoire</b></p>     <p>Depuis la guerre, le rhum se classe largement en t&ecirc;te des productions export&eacute;es. Mais la sp&eacute;culation d'une compagnie bordelaise, la Compagnie g&eacute;n&eacute;rale des rhums, qui a stock&eacute; le produit en vue de la hausse provoque l'effondrement des cours<a name="n32"></a><a href="#n_32"><sup>32</sup></a>.</p>     <p>La banque de la Guadeloupe &eacute;voque la liquidation de la soci&eacute;t&eacute; et ajoute qu'aussi longtemps que les exc&eacute;dents de stocks pesant sur le march&eacute; ne seront pas r&eacute;sorb&eacute;s il faut s'attendre &agrave; une d&eacute;pression suivie de stagnation du cours des produits<a name="n33"></a><a href="#n_33"><sup>33</sup></a>. C'est la fin d'un march&eacute; du rhum r&eacute;mun&eacute;rateur pour les entreprises.</p>     <p>Le cours du sucre chute aussi sur le march&eacute; m&eacute;tropolitain. La tr&egrave;s faible production caus&eacute;e par une ann&eacute;e d'extr&ecirc;me s&eacute;cheresse sera vendue, mais l&agrave; aussi, le temps des b&eacute;n&eacute;fices tr&egrave;s importants semble r&eacute;volu. La production de la campagne 1931 ne d&eacute;passe pas 20 000 tonnes (au lieu des 26.000 tonnes de 1930 et des 30 000 tonnes en moyenne depuis la guerre).</p>       <p>S'ajoutant &agrave; une baisse des revenus, la politique sociale du Front populaire qui re&ccedil;oit un d&eacute;but d'application avec le gouverneur F&eacute;lix Ebou&eacute;<a name="n34"></a><a href="#n_34"><sup>34</sup></a> attise le m&eacute;contentement des entrepreneurs.<a name="n35"></a><a href="#n_35"><sup>35</sup></a></p>     <p>Un &eacute;tat d'esprit nouveau porte &agrave; critiquer la toute puissance de l'usine. Le syndicaliste Sim&eacute;on Pioche fustige, dans une campagne de presse, <i>les Chiffres sans nom des sans-visages</i><a name="n36"></a><a href="#n_36"><sup>36</sup></a><i>. </i>Il reproche aux entrepreneurs de Guadeloupe de tricher avec les chiffres, d&eacute;voilant des b&eacute;n&eacute;fices r&eacute;duits sur place pour ne pas augmenter les salaires et le prix de la canne, mais annon&ccedil;ant d'autres chiffres aux actionnaires m&eacute;tropolitains, pour doper leurs investissements.</p>     <p>Mais, surtout, il r&eacute;v&egrave;le une conscience de classe: l'entrepreneur, le <i>sans visage, </i>c'est le capital brut, sans une once d'humanit&eacute;, exploitant l'ouvrier. On est l&agrave; dans une conception qui d&eacute;passe de loin les id&eacute;es d'appartenance nationale.</p>     <p><b>Les entrepreneurs, de nouveau aux commandes</b></p>     <p>Le d&eacute;part de F&eacute;lix Ebou&eacute;, en juillet 1938, marque une victoire politique des entrepreneurs, mais c'est surtout la pr&eacute;paration de l'Empire &agrave; la guerre qui fait taire les m&eacute;contents. L'usine retrouve alors sa place centrale comme moteur de l'&eacute;conomie, <b>e</b>t les entrepreneurs se retrouvent aux premi&egrave;res places.</p>     <p>Us revendiquent de nouveau leur particularit&eacute;: faisant vivre la Colonie, ils ne doivent pas se voir appliquer les lois qui r&eacute;duisent trop leurs profits et c'est au Gouverneur de prendre des d&eacute;crets d'application les adaptant, compte tenu des particularismes locaux.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Par exemple, &laquo; l'arr&ecirc;t&eacute; du 2 septembre 1939 tendant &agrave; emp&ecirc;cher la hausse des prix de tous produits et denr&eacute;es ne peut s'appliquer aux fabricants de sucre; ceux-ci ayant un accord particulier avec l'Administration &raquo;<a name="n37"></a><a href="#n_37"><sup>37</sup></a>. Ou encore ils exigent 48 heures hebdomadaires de travail pour leur personnel en p&eacute;riode de r&eacute;colte alors que le maximum fix&eacute; par la loi est de 40 heures. L&agrave; encore, un d&eacute;cret du Gouverneur leur accorde ce droit, compte tenu de l'importance de la production sucri&egrave;re dans l'&eacute;conomie de la Guadeloupe. A ceci s'ajoute la fin des quotas de production du sucre. Une bonne r&eacute;colte permet de produire 59.502 tonnes de sucre en 1939 soit 13 .000 de plus qu'en 1938, chiffre qui n'avait encore jamais &eacute;t&eacute; atteint.</p>     <p><b>De 1940 &agrave; 1964, de l'apoth&eacute;ose &agrave; la chute</b></p>     <p>En 1940 l'Inspecteur Monguillot note encore la pr&eacute;valence de la culture de la canne dans l'&eacute;conomie de l'&icirc;le mais, fait nouveau, il rapproche cette &eacute;conomie de celles des &icirc;les voisines. Cette comparaison d&eacute;savantage la Guadeloupe: ailleurs, en R&eacute;publique dominicaine par exemple, une seule usine produit 145 000 tonnes par an alors que la moyenne des quatorze usines de Guadeloupe est de 4000 tonnes<a name="n38"></a><a href="#n_38"><sup>38</sup></a>. L'&eacute;miettement affaibli<b>t </b>la production, et l'enqu&ecirc;te conclut qu'il est n&eacute;cessaire de la concentrer, ce qui signifie fermer des usines. La guerre met fin &agrave; cette menace, sans doute au grand soulagement des entrepreneurs.</p>     <p><b>De 1940 &agrave; 1943, trois ann&eacute;es d&eacute;terminantes pour l'image des entrepreneurs.</b></p>     <p>D&egrave;s l'entr&eacute;e en guerre, dans leurs discours, les entrepreneurs s'affirment protecteurs de la population, pr&ecirc;ts &agrave; se sacrifier pour assurer son bien-&ecirc;tre et franchir ensemble &laquo; ce moment difficile &raquo;<a name="n39"></a><a href="#n_39"><sup>39</sup></a>.</p>     <p>La d&eacute;faite de la France ne change en rien leur posture. L'id&eacute;ologie de Vichy<a name="n40"></a><a href="#n_40"><sup>40</sup></a> assoit leur autorit&eacute; sur le personnel dans leurs usines. Le nouveau r&eacute;gime soutient la production sucri&egrave;re, parce qu'elle apporte une richesse &agrave; l'Empire, mais aussi un semblant d'organisation et d'ordre sur le territoire, conditions qui s'av&egrave;rent n&eacute;cessaires pour garder la souverainet&eacute; de la France sur place. C'est ce qui est annonc&eacute; &agrave; la Conf&eacute;rence de la Havane: &laquo; le cours des &eacute;v&eacute;nements militaires en Europe et les changements qui en r&eacute;sultent peuvent cr&eacute;er un danger grave o&ugrave; les possessions territoriales d'Europe en Am&eacute;rique seraient transform&eacute;es en centres strat&eacute;giques d'agression contre les nations du continent am&eacute;ricain. R&eacute;solution: quand des &icirc;les ou des r&eacute;gions en Am&eacute;rique appartenant &agrave; des nations non am&eacute;ricaines sont en danger de devenir le sujet de conflit de territoire ou de changement de souverainet&eacute;, les nations am&eacute;ricaines pourront &eacute;tablir un r&eacute;gime d'administration provisoire &raquo;.<a name="n41"></a><a href="#n_41"><sup>41</sup></a></p>     <p><b>Les entrepreneurs aux premi&egrave;res loges</b></p>     <p>Garants de l'ordre et de la paix sociale sur l'&icirc;le, les entrepreneurs obtiennent aussi le pouvoir politique apr&egrave;s la suppression des &eacute;lections. Le d&eacute;cret- loi du 27 octobre 1940 suspend le Conseil G&eacute;n&eacute;ral et y substitue le Conseil Priv&eacute; du Gouverneur. Les entrepreneurs y occupent la premi&egrave;re place: le directeur de la banque de Guadeloupe, Philippe Marconnet, le pr&eacute;sident de la chambre de commerce de Pointe-&agrave;-Pitre, Ernest Bonnet et le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Corporation des fabricants de sucres et de rhums de la Guadeloupe, Henri Descamps, en sont membres. Quelques-uns deviennent aussi maire de communes<a name="n42"></a><a href="#n_42"><sup>42</sup></a>.</p>     <p>La loi du 20 août 1940 accorde la garantie de la colonie et de l'Etat aux pr&ecirc;ts faits sur les produits destin&eacute;s &agrave; &ecirc;tre acquis par les minist&egrave;res responsables de l'approvisionnement, ce qui permet officiellement &agrave; la Banque de Guadeloupe de financer la production, m&ecirc;me si celle-ci n'est plus exp&eacute;di&eacute;e, faute de transports. La tournure des &eacute;v&eacute;nements oriente tr&egrave;s vite les entrepreneurs &agrave; se pr&eacute;parer &agrave; remplacer leur<b>s </b>fournisseur<b>s </b>m&eacute;tropolitain<b>s </b>par les Etats-Unis. D&egrave;s septembre 1940, le directeur de la Banque de la Guadeloupe se dit &laquo; pr&ecirc;t &agrave; d&eacute;livrer aux usines, vu l'urgence et la gravit&eacute; du cas, des dollars pour l'ex&eacute;cution de leurs commandes, &agrave; prendre sur la provision des 125.000 r&eacute;serv&eacute;s pour l'alimentation. Desremboursements seraient faits ult&eacute;rieurement &agrave; l'Alimentation; Pour cela, il suffit que le gouverneur mette sur les licences la mention 'indispensable' &raquo;<a name="n43"></a><a href="#n_43"><sup>43</sup></a>.</p>     <p><b>Les circuits de distribution font d&eacute;faut</b></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>La production de sucre conna&icirc;t alors trois ann&eacute;es exceptionnelles: en 1940: 61.323 tonnes, 62.380 tonnes en 1941 et 69.563 tonnes en 1942. Mais, faute de transport, elle reste sur place: en 1941, 31.695 tonnes sont export&eacute;es, en 1942, 16.861 tonnes, soit la moiti&eacute; de la production puis un tiers seulement. Le syst&egrave;me se d&eacute;r&egrave;gle. D'ordinaire, &agrave; peine un dixi&egrave;me de la production reste sur place pour la consommation locale.</p>     <p>S'ajoutant aux r&eacute;quisitions par l'Amiraut&eacute; qui prive de moyens de transport, les circuits habituels du commerce sont d&eacute;truits: les ports comme le Havre ou Bordeaux se ferment au transport commercial. En accord avec les &Eacute;tats-unis et organis&eacute; de Fort de France<a name="n44"></a><a href="#n_44"><sup>44</sup></a>, la production utilise l'unique voie maritime vers Marseille puis Casablanca pour ravitailler l'Afrique du nord. Quittant le territoire au compte-goutte, la production est pay&eacute;e d'avance aux entrepreneurs qui ont &agrave; charge de la stocker.</p>     <p>Cet &eacute;tat de fait conduit-il la Guadeloupe &agrave; s'ouvrir sur la Cara&iuml;be ? Seuls quelques liens se tissent, par exemple en octobre 1942, des pourparlers s'engagent pour cr&eacute;er un &eacute;change commercial avec le Venezuela limit&eacute; &laquo; pour l'instant aux chaussures, poissons, conserves et cuirs &raquo;<a name="n45"></a><a href="#n_45"><sup>45</sup></a> .</p>     <p><b>L'ann&eacute;e 1943: retournement, les Etats-Unis entrent en sc&egrave;ne.</b></p>     <p>La r&eacute;colte de canne ne donne que 47.383 tonnes de sucre. L'absence d'engrais, l'usure du mat&eacute;riel pour l'entretien duquel on utilise des produits de substitution<a name="n46"></a><a href="#n_46"><sup>46</sup></a>, les pannes des locomotives, l'absence des pi&egrave;ces de rechange essentielles, la p&eacute;nurie de jute, n&eacute;cessaire &agrave; la confection des sacs pour stocker le sucre, sont quelques unes des difficult&eacute;s mat&eacute;rielles auxquelles font face les producteurs.</p>     <p>S'ajoutent une usure des hommes apr&egrave;s trois ans de p&eacute;nurie et surtout un &eacute;v&eacute;nement ext&eacute;rieur qui va ouvrir les vannes de l'&eacute;migration vers les &icirc;les voisines: le ralliement de la Guyane fran&ccedil;aise &agrave; la France libre, d&eacute;but 1943. A sa suite, les &Eacute;tats-unis cessent d'assurer le ravitaillement des Antilles fran&ccedil;aises pour provoquer le d&eacute;part des gouverneurs vichystes. La sous-nutrition, d&eacute;j&agrave; importante, fait fuir ceux qui le peuvent. Au point qu'on ne sait pas quoi en faire, &agrave; Sainte Lucie par exemple car leur &eacute;tat ne permet pas qu'on les recrute dans l'arm&eacute;e. Seuls des travaux agricoles peuvent leur &ecirc;tre propos&eacute;s, ce qui sera fait en Guyane.<a name="n47"></a><a href="#n_47"><sup>47</sup></a></p>     <p>En Guadeloupe par contre, la main d'œuvre manque pour la r&eacute;colte. Les entrepreneurs notent qu'un climat d'insurrection quasi-permanente s'installe<a name="n48"></a><a href="#n_48"><sup>48</sup></a> contre eux, consid&eacute;r&eacute;s comme l'incarnation du r&eacute;gime de Vichy.</p>     <p>D&eacute;cisive pour la suite, la volont&eacute; du CFLN<a name="n49"></a><a href="#n_49"><sup>49</sup></a> est claire: &laquo; marquer au gouvernement am&eacute;ricain que la question des Antilles est une affaire fran&ccedil;aise qui doit se r&eacute;gler entre Fran&ccedil;ais &raquo;<a name="n50"></a><a href="#n_50"><sup>50</sup></a> et parvenir, sans effusion de sang, &agrave; faire partir les gouverneurs. La Guadeloupe devient alors le pion &agrave; garder forc&eacute;ment dans son camp sur l'&eacute;chiquier des relations entre la France et les &Eacute;tats-unis<a name="n51"></a><a href="#n_51"><sup>51</sup></a>. Ce statut lui donne une valeur in&eacute;dite aux yeux du CFLN et tout sera fait ensuite pour la garder, comme par exemple donner la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise &agrave; ses habitants par la loi de 1946 dite de d&eacute;partementalisation.<a name="n52"></a><a href="#n_52"><sup>52</sup></a></p>     <p>En juin 1943, le r&eacute;gime de Vichy quitte la Guadeloupe et le nouveau r&eacute;gime s'organise &agrave; Alger. D&egrave;s juillet, le Conseil g&eacute;n&eacute;ral est r&eacute;tabli. La r&eacute;action des entrepreneurs est sans &eacute;quivoque: Ernest Th&eacute;venin d&eacute;l&eacute;gu&eacute; permanent &agrave; l'industrie, M.Jacquet, pr&eacute;sident de l'association des producteurs de canne, Roger Damoiseau, pr&eacute;sident de la sous-section distillerie et Ernest Bonnet, pr&eacute;sident de la Chambre de commerce adressent ce t&eacute;l&eacute;gramme &agrave; l'amiral Robert<a name="n53"></a><a href="#n_53"><sup>53</sup></a>: &laquo; Profond&eacute;ment attrist&eacute;s par les douloureuses circonstances qui vous ont amen&eacute; &agrave; vous retirer... tenons vous exprimer gratitude et reconnaissance pour l'oeuvre &eacute;minemment fran&ccedil;aise accompli aux Antilles dans la ligne trac&eacute;e par notre chef v&eacute;n&eacute;r&eacute; la mar&eacute;chal P&eacute;tain &raquo;<a name="n54"></a><a href="#n_54"><sup>54</sup></a>.</p>     <p>Les gr&egrave;ves et l'inqui&eacute;tude sur la situation &agrave; venir conduisent en septembre le pr&eacute;sident de l'agence des Sucreries d'Outre-Mer, Ernest Thevenin &agrave; faire appel &agrave; la raison de ses pairs:</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<blockquote>    <p><i>Quelques soient les sentiments de chacun, nous n'avons pas le droit de m&eacute;conna&icirc;tre l'administration actuelle pour la raison majeure qu'&agrave; chaque instant nous avons besoin de ses services et de ses interventions en notre faveur, il y a l&agrave; une situation de fait qui d&eacute;passe toutes les autres.</i><a name="n55"></a><a href="#n_55"><sup>55</sup></a></p></blockquote>     <p><b>De fin 1943 &agrave; 1950, les entrepreneurs au purgatoire</b></p>     <p>Sur place, ils ont tout perdu avec le Ralliement au CFLN, leur prestige et leur pouvoir politique. Le prix de vente de leur production de 1943, d&eacute;termin&eacute; par Vichy, est maintenu par Alger, mais il est jug&eacute; prohibitif. La production continue &agrave; chuter. Des 59.502 tonnes de sucre de 1939 on descend &agrave; 45.017 tonnes en 1946. Seuls l'&eacute;coulement des stocks et l'aide am&eacute;ricaine permettent &agrave; la colonie de se maintenir &agrave; flot.</p>     <p>Accus&eacute;s de s'&ecirc;tre enrichis pendant la guerre, ils sont pourtant encore les uniques producteurs de l'&icirc;le capables de redresser sa situation &eacute;conomique. Le pr&eacute;sident de la chambre de commerce de Pointe &agrave; Pitre r&eacute;sume la situation: &laquo; La l&eacute;gende dor&eacute;e de l'industrie sucri&egrave;re est un tremplin facile dont on abuse pour alourdir sans cesse ses charges</p>      <p>...Mais en p&eacute;riode de crise le mieux que l'on puisse faire est de <u>pr&eacute;server la poule aux oeufs d'or &raquo;</u><a name="n56"></a><a href="#n_56"><sup>56</sup></a>.</p>     <p>Menace am&eacute;ricaine et difficult&eacute;s de la production sucri&egrave;re se conjuguent pour transformer d&eacute;finitivement la balance commerciale de la Guadeloupe: le solde positif de 1938 o&ugrave; les importations &eacute;taient inf&eacute;rieures aux exportations ne sera jamais retrouv&eacute;. L'&Eacute;tat organise la d&eacute;pendance &eacute;conomique en s'&eacute;rigeant, apr&egrave;s la Lib&eacute;ration du territoire nationale et les ann&eacute;es du plan Marshall, comme seul fournisseur et client. A leur demande de devises pour acheter des automobiles am&eacute;ricaines, les entrepreneurs re&ccedil;oivent cette r&eacute;ponse sans &eacute;quivoque: &laquo; les territoires d'outre-mer ne peuvent pratiquement avoir qu'un fournisseur, l'Industrie automobile fran&ccedil;aise. Vous n'&ecirc;tes pas sans savoir les difficult&eacute;s de la m&eacute;tropole &raquo;<a name="n57"></a><a href="#n_57"><sup>57</sup></a>.</p>     <p><b>1946, la Guadeloupe devient d&eacute;partement fran&ccedil;ais</b></p>     <p>La d&eacute;partementalisation co&iuml;ncide avec une d&eacute;pendance &eacute;conomique accrue. Quelle place y ont les entrepreneurs ? Les taxes, les imp&ocirc;ts, les charges sociales augmentent car l'objectif est de parvenir &agrave; l'alignement des salaires et du niveau de vie sur la m&eacute;tropole.</p>     <p>La d&eacute;partementalisation enl&egrave;ve &agrave; l'usine sa capacit&eacute; de remplir un r&ocirc;le social puisque l'&Eacute;tat prend en charge la sant&eacute;, les dispensaires d'usine ferment. Elle lui enl&egrave;ve aussi sa capacit&eacute; financi&egrave;re &agrave; procurer un mieux-&ecirc;tre &agrave; ses ouvriers en l'instaurant pour tous: s&eacute;curit&eacute; sociale, retraite. L'entrepreneur ne peut plus donner de gratifications pour r&eacute;compenser financi&egrave;rement certains, ni disposer de ses produits pour en doter d'autres, tout devient r&eacute;glement&eacute; et comptabilis&eacute;. Les manifestations de l'&Eacute;tat sur le territoire s'affirment, au d&eacute;triment de l'usine. Il s'agit de s'imposer face au danger<a name="n58"></a><a href="#n_58"><sup>58</sup></a>: &laquo; L'assimilation est une n&eacute;cessit&eacute; devant l'emprise &eacute;conomique de l'Am&eacute;rique, voire m&ecirc;me devant ses tentatives, parfois ouvertes, d'emprise spirituelle et politique &raquo;.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>De 1950 &agrave; 1964, les entrepreneurs renouent avec la croissance</b></p>     <p>Sur place l'industrie sucri&egrave;re est encore la seule activit&eacute; d&eacute;velopp&eacute;e et le niveau de vie reste tr&egrave;s bas, comme en t&eacute;moigne Michel Leiris apr&egrave;s sa visite en 1952<a name="n59"></a><a href="#n_59"><sup>59</sup></a>.</p>     <p>La production de 1950 est, pour la premi&egrave;re fois depuis la guerre, sup&eacute;rieure &agrave; celle de 1939. Les 65.009 tonnes de l'ann&eacute;e sont largement d&eacute;pass&eacute;es par les 92.273 tonnes de 1951. Ensuite elle ne cesse de cro&icirc;tre: les investissements r&eacute;alis&eacute;s par les entreprises, avec l'aide de l'&Eacute;tat, ont cr&eacute;&eacute; des usines de plus en plus performantes. La limite n'est plus technique, mais elle vient du march&eacute; mondial du sucre. En 1960, 145.958 tonnes sont produites alors que l'objectif fix&eacute; par le gouvernement &eacute;tait de 121.475 tonnes; 188.000 tonnes restent sur pied et y pourrissent. Dans ces conditions, l'activit&eacute; sucri&egrave;re n'attire plus et les entrepreneurs, encourag&eacute;s par l'&Eacute;tat, investissent ailleurs, dans l'industrie touristique par exemple ou en participant aux lotissements de leurs terres pour construire des logements.</p>     <p>Bien que rapportant moins et menac&eacute; par l'avenir, la canne reste encore la seule richesse et la France s'en montre jalouse. L'&eacute;tude d'un projet de raffinerie de sucre qui s'installerait en Guadeloupe selon un mod&egrave;le cubain capote, par peur &laquo; des capitaux &eacute;trangers susceptibles de mettre une entrave &agrave; la libre disposition des produits fabriqu&eacute;s &raquo;<a name="n60"></a><a href="#n_60"><sup>60</sup></a>.</p>     <p><b>1964 la fin des entrepreneurs ? D'autres voies de d&eacute;veloppement.</b></p>     <p>Se substituant au march&eacute; colonial disparu, l'espoir de l'ouverture au march&eacute; europ&eacute;en offre des perspectives nouvelles &agrave; la production: &laquo; Cette production sucri&egrave;re est une production fran&ccedil;aise et elle doit par cons&eacute;quent &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute;e au march&eacute; commun; elle ne provient pas d'un pays &eacute;tranger mais de la France elle-m&ecirc;me de la France que nous aimons, dont nous faisons partie et qui doit prot&eacute;ger nos productions &raquo;<a name="n61"></a><a href="#n_61"><sup>61</sup></a>.</p>       <p>La commission de Bruxelles reconna&icirc;t l'int&eacute;gration de la production sucri&egrave;re des d&eacute;partements d'outre-mer dans l'organisation du march&eacute; fran&ccedil;ais, en mars 1964.</p>     <p>Ce sont alors les entreprises qui s'orientent vers d'autres activit&eacute;s car la rentabilit&eacute; de la production de sucre en Guadeloupe n'est plus assur&eacute;e. La m&ecirc;me ann&eacute;e, la soci&eacute;t&eacute; qui exploite l'usine Marquisat, devenue Soci&eacute;t&eacute; des Sucreries d'Outre-Mer en 1956<a name="n62"></a><a href="#n_62"><sup>62</sup></a>, est absorb&eacute;e par la Compagnie Fran&ccedil;aise de Sucrerie CFS. Propri&eacute;taire de sucreries de betterave, la CFS emprunte au FIDOM<a name="n63"></a><a href="#n_63"><sup>63</sup></a> pour permettre de ne garder qu'une usine en Guadeloupe, la plus rentable, l'usine Bonne M&egrave;re. Dans un premier temps, la canne est encore plant&eacute;e et r&eacute;colt&eacute;e autour de Marquisat mais elle n'y est plus que broy&eacute;e, transport&eacute;e ensuite en jus sur Bonne M&egrave;re o&ugrave; le sucre est produit<a name="n64"></a><a href="#n_64"><sup>64</sup></a>.</p>     <p>Les entrepreneurs ne sont plus sur place que pour accompagner ces mutations. Leur r&ocirc;le de catalyseur de l'identit&eacute; nationale est bien termin&eacute;. L'enthousiasme populaire suscit&eacute; par la visite du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, le 18 mars 1964<a name="n65"></a><a href="#n_65"><sup>65</sup></a>, montre que leur tâche est accomplie.</p>     <p align="center"><img src="img/revistas/memor/n20/n20a03f05.jpg"></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>L'&Eacute;tat ne compte plus sur l'industrie | sucri&egrave;re<sub>7</sub> et offre d'autres voies de d&eacute;veloppement. Le 26 avril 1963 une soci&eacute;t&eacute; d'Etat dite &laquo; Bureau pour le d&eacute;veloppement des migrations int&eacute;ressant les d&eacute;partements d'outre mer &raquo; est cr&eacute;&eacute;. Sans l'aide des entrepreneurs, sans rapport avec l'industrie sucri&egrave;re, sa mission consiste &agrave; prendre en charge le d&eacute;veloppement du territoire en organisant la migration d'une partie de sa jeunesse, proposant des formations, puis des emplois en m&eacute;tropole. Le rapporteur sp&eacute;cial, lors de la discussion du projet de loi de finances sur les d&eacute;partements d'outre-mer pour 1965, la qualifie de &laquo; palliatif humainement regrettable mais n&eacute;cessaire &raquo;<a name="n66"></a><a href="#n_66"><sup>66</sup></a>.</p>     <p>Le catalogue des archives de cette soci&eacute;t&eacute; d'&Eacute;tat est ainsi pr&eacute;fac&eacute; par l'archiviste: <b>&laquo; </b>Mer ferm&eacute;e, la Cara&iuml;be remplace la M&eacute;diterran&eacute;e comme r&eacute;servoir de main d'œuvre, le Cr&eacute;ole contre l'Alg&eacute;rien ou le Portugais &raquo;.<a name="n67"></a><a href="#n_67"><sup>67</sup></a></p>     <p>Loin de l'ouverture sur la Cara&iuml;be, cette &eacute;migration resserre physiquement les liens avec la m&eacute;tropole puisqu'elle fait franchir l'Atlantique &agrave; beaucoup et implique une identit&eacute; nationale fran&ccedil;aise pour tous. Cependant, les r&eacute;cits des t&eacute;moins qui l'ont v&eacute;cue concordent sur un point: &agrave; chacun, il est arriv&eacute; de se sentir &eacute;tranger dans cette m&eacute;tropole impos&eacute;e.</p> <hr>     <p><a name="n_1"></a><a href="#n1"><sup>1</sup></a> Je pr&eacute;pare une th&egrave;se en histoire &eacute;conomique sous la direction de Dani&egrave;le Fraboulet &agrave; l’universit&eacute; de Paris 13 Nord sur: Les entreprises en Guadeloupe au XXe si&egrave;cle, une &icirc;le entreprise ? J’ai particip&eacute; aux deux derniers colloques du GDR du CNRS: Les entreprises sous l’occupation, en 2008 et 2009 et &eacute;t&eacute; membre de l’&eacute;quipe ANR: Pratiques du management, regards crois&eacute;s historiens et gestionnaires, Paris Dauphine-Paris XII de 2008 &agrave; 2010. J’enseigne en lyc&eacute;e professionnel en Guadeloupe. <a href="mailto:mtouchelay@gmail.com"target="_blank">mtouchelay@gmail.com</a></p>     <p><a name="n_2"></a><a href="#n2"><sup>2</sup></a> Taxe sur les marchandises qui s'apparente &agrave; l'octroi pour rentrer dans les villes, elle existe depuis 1670 dans les Vieilles Colonies des Antilles. Le S&eacute;natus Consulte du 4 juillet 1866, qui accorde leur autonomie douani&egrave;re aux colonies, l'ent&eacute;rine.</p>     <p><a name="n_3"></a><a href="#n3"><sup>3</sup></a> Du profit des producteurs de sucre de betterave &agrave; celui des producteurs de sucre de canne; en Guadeloupe: des quotas de production sont fix&eacute;s par le Gouverneur d&eacute;terminant la part &agrave; produire par chaque usine</p>     <!-- ref --><p><a name="n_4"></a><a href="#n4"><sup>4</sup></a>Didier Bruneel, <i>Des banques coloniales &agrave; lIEDOM, </i>in Cahiers anecdotiques de la Banque de France n&deg;34, Paris, Banque de France,2003,    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000129&pid=S1794-8886201300020000300001&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref -->page 16.</p>     <!-- ref --><p><a name="n_5"></a><a href="#n5"><sup>5</sup></a>&nbsp;Edmond Servais, <i>Banques d'&eacute;mission: banques &eacute;trang&egrave;res, Banque de France, banques coloniales, </i>Paris, impr. de R. Laroche, 1932. 6e &eacute;d.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000131&pid=S1794-8886201300020000300002&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_6"></a><a href="#n6"><sup>6</sup></a>Archives nationales du Monde du Travail (ANMT) Roubaix- 2007 070 140, statuts de la soci&eacute;t&eacute; du Cr&eacute;dit foncier colonial, proc&egrave;s verbaux des conseils d'administration.</p>     <p><a name="n_7"></a><a href="#n7"><sup>7</sup></a>&nbsp;Une habitation est une unit&eacute; de production du sucre de canne, elle comprend le domaine agricole avec les champs et le domaine industriel o&ugrave; la canne est broy&eacute;e puis transform&eacute;e en en sucre brut.</p>     <p><a name="n_8"></a><a href="#n8"><sup>8</sup></a>&nbsp;D'habitation &agrave; usine, le domaine de Marquisat &eacute;pouse chaque m&eacute;andre de l'histoire sucri&egrave;re de la Guadeloupe. Nous y reviendrons donc.</p>     <p><a name="n_9"></a><a href="#n9"><sup>9</sup></a> Archives D&eacute;partementales de Guadeloupe (ADG)-6 Mi 901, vente par Souques &agrave; Cail, minute de Me Thionville du 30 d&eacute;cembre 1864.</p>     <p><a name="n_10"></a><a href="#n10"><sup>10</sup></a> ANMT. 2007 066 016, archives de la CGTM. Un bateau s’appelle le Guadeloupe.</p>     <p><a name="n_11"></a><a href="#n11"><sup>11</sup></a> ADG-Statistiques coloniales, chiffres de 1882.</p>     <p><a name="n_12"></a><a href="#n12"><sup>12</sup></a>&nbsp;Par un d&eacute;cret de 1873, le CFC devient propri&eacute;taire des biens gag&eacute;s par les emprunteurs en cas de faillite.</p>     <p><a name="n_13"></a><a href="#n13"><sup>13</sup></a>&nbsp;L'usine c'est, &agrave; partir du milieu du XIXeme si&egrave;cle, l' endroit o&ugrave; la canne est transform&eacute;e en sucre brut mais le terme est g&eacute;n&eacute;rique d&eacute;signant tout ce qui concerne l'activit&eacute; sucri&egrave;re: des chemins de fer qui transportent aux balances qui p&egrave;sent, aux champs et aux anciennes habitations qu'elle a rachet&eacute;es. L'Usine d&eacute;signe enfin les Soci&eacute;t&eacute;s anonymes qui la g&egrave;rent et les patrons qui la dirigent.</p>     <p><a name="n_14"></a><a href="#n14"><sup>14</sup></a>&nbsp;ADG-1 M 362, lettre de l'ing&eacute;nieur des Ponts et Chauss&eacute;es au gouverneur, le 12septembre 1896.</p>     <p><a name="n_15"></a><a href="#n15"><sup>15</sup></a>&nbsp;Les hommes politiques aussi viennent de m&eacute;tropole.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_16"></a><a href="#n16"><sup>16</sup></a>&nbsp;ADG-1 Z 54, Compte-rendu de f&eacute;vrier 1927. Enqu&ecirc;te sur la population agricole r&eacute;alis&eacute;e par l'inspecteur des Caisses locales de Cr&eacute;dit agricole.</p>     <p><a name="n_17"></a><a href="#n17"><sup>17</sup></a>&nbsp;ADG-Fonds dit <i>de l'incendie, </i>en cours de classement. Les statistiques communales de la fin du XIXe r&eacute;v&egrave;lent l'existence d'une population 'flottante'. Cet &eacute;tat de fait subsiste longtemps, l'arr&ecirc;t&eacute; du 18 juillet 1945 qui interdit aux &eacute;trangers l'acc&egrave;s de la Guadeloupe suscite de la part de la population de Marie Galante une r&eacute;action tr&egrave;s vive: &laquo; Sans les dominicains la famine r&egrave;gnerait en ma&icirc;tresse chez nous. Ces gens nous apportent la vie &raquo;, rapport hebdomadaire de police de Grand-Bourg juillet 1945, INC 125.</p>     <p><a name="n_18"></a><a href="#n18"><sup>18</sup></a> Christian Schnakenbourg, <i>Histoire de l'industrie sucri&egrave;re en Guadeloupe auxXIXe etXXe si&egrave;cles. </i>Paris: &Eacute;d. l'Harmattan, 2007. Page 149</p>     <p><a name="n_19"></a><a href="#n19"><sup>19</sup></a>&nbsp;Daniel Gu&eacute;rin, <i>Les Antilles d&eacute;colonis&eacute;es, </i>Paris, Pr&eacute;sence Africaine, 1956, pr&eacute;face d'Aim&eacute; C&eacute;saire, page 14.</p>     <p><a name="n_20"></a><a href="#n20"><sup>20</sup></a>&nbsp;Archives du Cr&eacute;dit lyonnais, Paris, DEEF CS 48601. Soci&eacute;t&eacute; des Sucreries Coloniales, statuts d&eacute;pos&eacute;s chez un notaire &agrave; Paris le 5 novembre 1920, Soci&eacute;t&eacute; anonyme au capital de 36.000.000 de francs.</p>     <p><a name="n_21"></a><a href="#n21"><sup>21</sup></a>&nbsp;Le contrat de colonage lie un propri&eacute;taire foncier-souvent l'usine- &agrave; un cultivateur. En &eacute;change d'un logement et d'un petit espace pour sa culture personnelle, le colon doit cultiver la canne &agrave; sucre et en donner les 2/3 comme loyer. Il doit aussi r&eacute;pondre aux besoins de main-d'œuvre du propri&eacute;taire en p&eacute;riode de r&eacute;colte.Le contrat peut-&ecirc;tre rompu par le propri&eacute;taire sans pr&eacute;avis.</p>     <p><a name="n_22"></a><a href="#n22"><sup>22</sup></a> Edmond Servais, Banques d'&eacute;mission: banques &eacute;trang&egrave;res, Banque de France, banques coloniales, Paris, impr. de R. Laroche, 1932. 6e &eacute;d.</p>     <p><a name="n_23"></a><a href="#n23"><sup>23</sup></a> ADG-Compte-rendu de la Chambre de commerce de Pointe &agrave; Pitre sur les r&eacute;parations apr&egrave;s le cyclone de 1928 sign&eacute; par son pr&eacute;sident, Ernest Bonnet.</p>     <p><a name="n_24"></a><a href="#n24"><sup>24</sup></a> Biographie sur le site de l’Assembl&eacute;e Nationale www.assembl&eacute;e-nationale.fr/histoire/biographies/</p>     <p><a name="n_25"></a><a href="#n25"><sup>25</sup></a> Archives de l’Assembl&eacute;e Nationale, session 1932, annexe au PV de 2eme s&eacute;ance du 12/02/1932</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_26"></a><a href="#n26"><sup>26</sup></a>Archives d&eacute;partementales de Paris (ADP), 2ETP/8/0/00 0.</p>     <p><a name="n_27"></a><a href="#n27"><sup>27</sup></a>&nbsp;Biblioth&egrave;que Nationale de France (BNF) 8-V-49756 , exposition coloniale internationale de Vincennes, 1931, journ&eacute;e du rhum 10 juillet 1931,monographie impr. F. Paillart; Paris: Union coloniale fran&ccedil;aise, 41, rue de la Bienfaisance, 1931.</p>     <p><a name="n_28"></a><a href="#n28"><sup>28</sup></a>&nbsp;Henry B&eacute;renger, s&eacute;nateur de la Guadeloupe de 1912 &agrave; 1945, ambassadeur de France, membre des commissions s&eacute;natoriales des finances, des affaires &eacute;trang&egrave;res, des colonies et des boissons, membre du comit&eacute; d'organisation des festivit&eacute;s pour le Tricentenaire de l'appartenance de la Guadeloupe &agrave; la France. <sup>29</sup>Archives d&eacute;partementales du Nord (ADN) Lille,76 J b161 d19.</p>     <p><a name="n_29"></a><a href="#n29"><sup>29</sup></a>Archives d&eacute;partementales du Nord (ADN) Lille,76 J b161 d19.</p>     <p><a name="n_30"></a><a href="#n30"><sup>30</sup></a> Elles sont l'occasion pour Louis Joseph Bouge Gouverneur de 1934 &agrave; 1936, de publier: <i>1635-1935, La Guadeloupe du Tricentenaire, </i>qui dresse un &eacute;tat des lieux de la Vieille Colonie.</p>     <p><a name="n_31"></a><a href="#n31"><sup>31</sup></a> ADG-SC 85, dossier pr&eacute;voyance sociale n&deg;106, Basse Terre le 13 mars 1939, du chef du service du travail &agrave; Henri Descamps secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du syndicat des fabricants de sucre, rue Jean Jaur&egrave;s &agrave; Pointe &agrave; Pitre.</p>     <p><a name="n_32"></a><a href="#n32"><sup>32</sup></a> ADG-SC 6220.</p>     <p><a name="n_33"></a><a href="#n33"><sup>33</sup></a> ADG-SC 85, Pointe &agrave; Pitre le 4 mars 1931, r&eacute;ponse de la banque de la Guadeloupe &agrave; la demande n&deg;127 du ministre des colonies, en date du 28 janvier1931.</p>     <p><a name="n_34"></a><a href="#n34"><sup>34</sup></a>&nbsp;A la demande de M.Violette ministre des colonies du gouvernement Blum, F&eacute;lix Ebou&eacute; accepte le poste de secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Guadeloupe o&ugrave; il est nomm&eacute; aussit&ocirc;t gouverneur int&eacute;rimaire. En juillet 1938 il est rappel&eacute; en France et nomm&eacute; gouverneur de 2<sup>e</sup> classe au Tchad.</p>     <p><a name="n_35"></a><a href="#n35"><sup>35</sup></a>&nbsp;Le gouvernement du Front populaire en France correspond &agrave; l'arriv&eacute;e de la gauche au pouvoir et au vote d'une s&eacute;rie de lois sociales dont la limitation du temps de travail &agrave; 40 heures hebdomadaires et l'octroi de conventions collectives sont parmi les plus importantes. Applicables en Guadeloupe, ces lois font peur aux patrons qui y voient une baisse de la productivit&eacute; de la main d'œuvre.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_36"></a><a href="#n36"><sup>36</sup></a>&nbsp;Cit&eacute; par Henri Bangou <i>Guadeloupe, la n&eacute;cessaire d&eacute;colonisation, 1939 &agrave; nos jours, </i>Paris, ed.L'Harmattan, 2000, tome II page 162 .Le journal <i>l'Etincelle </i>est microfilm&eacute; sous la cote 2Mi 16 aux ADG.</p>     <p><a name="n_37"></a><a href="#n37"><sup>37</sup></a>&nbsp;ADG-10 J 802, Comt&eacute; de Loh&eacute;ac. Ce fonds de soci&eacute;t&eacute;, en cours de classement, pr&eacute;sente dans sa partie 'correspondance' les proc&egrave;s verbaux des r&eacute;unions du syndicat des producteurs-exportateurs de sucre et de rhum de la Guadeloupe et D&eacute;pendances, ASSOCANNE, de 1928 &agrave; 1971.</p>     <p><a name="n_38"></a><a href="#n38"><sup>38</sup></a>&nbsp;ADG-S&eacute;rie Continue (SC) 101. Rapport demand&eacute; par le minist&egrave;re des Colonies, enqu&ecirc;te de 1939 &agrave; 1940. Le rapport final est remis le 13 avril 1940;</p>     <p><a name="n_39"></a><a href="#n39"><sup>39</sup></a>&nbsp;Idem, discours d'Ernest Th&eacute;venin directeur des Sucreries Coloniales &agrave; son personnel.</p>     <p><a name="n_40"></a><a href="#n40"><sup>40</sup></a>&nbsp;Travail en 1, Famille, Patrie.</p>     <p><a name="n_41"></a><a href="#n41"><sup>41</sup></a>&nbsp;Archives du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res, la Courneuve, papiers Baudoin 1940, dossier Alger du CFLN.</p>     <p>Conf&eacute;rence du 30 juillet 1940 r&eacute;unissant 21 ministres des Affaires &eacute;trang&egrave;res des &eacute;tats d'Am&eacute;rique.</p>     <p><a name="n_42"></a><a href="#n42"><sup>42</sup></a>&nbsp;Roger Damoiseau, directeur de l'usine Beauport &agrave; Port Louis.</p>     <p><a name="n_43"></a><a href="#n43"><sup>43</sup></a>&nbsp;ADG-10 J 813, Comt&eacute; de Loh&eacute;ac, proc&egrave;s verbal de l'assembl&eacute;e de l'ASSOCANNE, mardi 17 septembre 1940.</p>     <p><a name="n_44"></a><a href="#n44"><sup>44</sup></a>&nbsp;Un envoy&eacute; permanent des &Eacute;tats-unis est install&eacute; &agrave; Fort-de-France et le ravitaillement est am&eacute;ricain jusqu'au ralliement de la Guyane d&eacute;but 1943. Sur la p&eacute;riode, Archives du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res-La Courneuve , papiers Hoppenot.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_45"></a><a href="#n45"><sup>45</sup></a>&nbsp;ADG- SC 101, proc&egrave;s verbal du conseil d'administration de la banque de la Guadeloupe. Courrier cit&eacute; du haut commissaire &agrave; Fort de France au directeur de la banque.</p>     <p><a name="n_46"></a><a href="#n46"><sup>46</sup></a>&nbsp;Huile de ricin utilis&eacute; pour le graissage par exemple, il encrasse les machines</p>     <p><a name="n_47"></a><a href="#n47"><sup>47</sup></a>&nbsp;Archives du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res, La Courneuve. Dossier du CFLN d'Alger, MF 666</p>     <p><a name="n_48"></a><a href="#n48"><sup>48</sup></a>&nbsp;ADG-15 J 7, archives de l'usine Beauport, cahier-journal de Henri Denis, comptable.</p>     <p><a name="n_49"></a><a href="#n49"><sup>49</sup></a>&nbsp;Comit&eacute; Fran&ccedil;ais de Lib&eacute;ration Nationale, &agrave; Alger.</p>     <p><a name="n_50"></a><a href="#n50"><sup>50</sup></a>&nbsp;Archives du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res, La Courneuve, MF 666. T&eacute;l&eacute;gramme not&eacute; SECRET, de Charles de Gaulle &agrave; Henri Hoppenot en mai 1943.</p>     <p><a name="n_51"></a><a href="#n51"><sup>51</sup></a>&nbsp;Sur les relations avec les &Eacute;tats-unis, et les menaces concernant l'int&eacute;grit&eacute; de l'Empire, voir Jean-Baptiste Duroselle, <i>Politique &eacute;trang&egrave;re de la France, l'Ab&icirc;me, 1939-1944, </i>page 631.Imprimerie national 1986 ,collection points histoire.</p>     <p><a name="n_52"></a><a href="#n52"><sup>52</sup></a>&nbsp;Les int&eacute;r&ecirc;ts du sucre, donc des entrepreneurs, passeront apr&egrave;s, sauf si les aider conduit &agrave; maintenir la Guadeloupe dans la R&eacute;publique fran&ccedil;aise.</p>     <p><a name="n_53"></a><a href="#n53"><sup>53</sup></a>&nbsp;Gouverneur de Martinique, sup&eacute;rieur de Constant Sorin, gouverneur de Guadeloupe, tous deux appliquant le r&eacute;gime de Vichy.</p>     <p><a name="n_54"></a><a href="#n54"><sup>54</sup></a>&nbsp;ADG- SC 85, Banque de la Guadeloupe, PV de l'assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_55"></a><a href="#n55"><sup>55</sup></a>&nbsp;Idem.</p>     <p><a name="n_56"></a><a href="#n56"><sup>56</sup></a>ADG-10 J 887, Comt&eacute; de Loh&eacute;ac, consid&eacute;rations sur l'&eacute;conomie et la fiscalit&eacute; &agrave; la Guadeloupe. Rapport pr&eacute;sent&eacute; par Ernest Bonnet en 1944 et adress&eacute; au nouveau Gouverneur.</p>     <p><a name="n_57"></a><a href="#n57"><sup>57</sup></a>ADG-idem.</p>     <p><a name="n_58"></a><a href="#n58"><sup>58</sup></a> ADG-SC 253, 1946, instructions aux pr&eacute;fets concernant la loi de d&eacute;partementalisation.</p>     <p><a name="n_59"></a><a href="#n59"><sup>59</sup></a> Michel Leiris,Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe. Paris: UNESCO-Gallimard, 1955, 192 pp. Collection Race et soci&eacute;t&eacute;.</p>     <p><a name="n_60"></a><a href="#n60"><sup>60</sup></a> ADG-SC 304.</p>     <p><a name="n_61"></a><a href="#n61"><sup>61</sup></a> Assembl&eacute;e nationale, 2eme s&eacute;ance du 22 octobre 1964, discussion du projet de loi de finances pour 1965. Voir la biographie de M&eacute;dard Albrand sur le site de l’Assembl&eacute;e nationale.</p>     <p><a name="n_62"></a><a href="#n62"><sup>62</sup></a>Services des archives &eacute;conomiques et financi&egrave;res, Savigny-Le-Temple (SAEF), fonds du FIDOM, B45054.</p>     <p><a name="n_63"></a><a href="#n63"><sup>63</sup></a>&nbsp;Fonds d'Investissement dans les D&eacute;partements d'Outre-Mer.</p>     <p><a name="n_64"></a><a href="#n64"><sup>64</sup></a>&nbsp;L'usine ferme en 1969.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><a name="n_65"></a><a href="#n65"><sup>65</sup></a>&nbsp;Le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle est pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</p>     <p><a name="n_66"></a><a href="#n66"><sup>66</sup></a>&nbsp;Assembl&eacute;e nationale, deuxi&egrave;me s&eacute;ance du 24 octobre 1964. Le rapporteur est Pierre Bas.</p>     <p><a name="n_67"></a><a href="#n67"><sup>67</sup></a>&nbsp;Archives Nationales, site de Fontainebleau. Catalogue du fonds du BUMIDOM pr&eacute;sent&eacute; par Nicolas Georges, d&eacute;cembre 1994.</p> <hr>     <p><b>Bibliographie</b></p>     <p>Didier Bruneel, <i>Des banques coloniales &agrave; l'IEDOM </i>, in Cahiers anecdotiques de la Banque de France n&deg;34, Paris, Banque de France, 2003.</p>     <p>Edmond Servais, <i>Banques d'&eacute;mission: banques &eacute;trang&egrave;res, Banque de France, banques coloniales, </i>Paris, impr. de R. Laroche, 1932. 6e &eacute;d.</p>     <!-- ref --><p>Alain Buffon, <i>Monnaie et cr&eacute;dit en &eacute;conomie coloniale </i>: <i>contribution &agrave; l'histoire &eacute;conomique de la Guadeloupe 1635-1919, </i>Basse-Terre, Soci&eacute;t&eacute; d'histoire de la Guadeloupe, 1979.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000199&pid=S1794-8886201300020000300003&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Christian Schnakenbourg, <i>Histoire de l'industrie sucri&egrave;re en Guadeloupe aux XIXe etXXe si&egrave;cles. </i>Paris, l'Harmattan, 2007.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000201&pid=S1794-8886201300020000300004&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<!-- ref --><p>Henri Mendras, <i>Les soci&eacute;t&eacute;s paysannes: &eacute;l&eacute;ments pour une th&eacute;orie de la paysannerie, </i>Paris, Gallimard, collection Folio Histoire 1995.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000203&pid=S1794-8886201300020000300005&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Hubert Bonin, <i>La construction d'un syst&egrave;me socio mental imp&eacute;rial par le monde des affaires ultramarin girondin (des ann&eacute;es 1890 aux ann&eacute;es 1950), in L'esprit &eacute;conomique imp&eacute;rial, </i>pages 263 &agrave; 273, Publication de la SFHOM, Paris 2008.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000205&pid=S1794-8886201300020000300006&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Louis Joseph Bouge, <i>1635-1935 La Guadeloupe du tricentenaire, </i>Basse Terre, Imprimerie officielle, 1935.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000207&pid=S1794-8886201300020000300007&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Beno&icirc;t Fricoteaux, <i>La Guadeloupe et l'assimilation, </i>pages 421 &agrave; 428 du <i>Dictionnaire de la France coloniale </i>sous la direction de Jean Pierre Rioux, Paris, Flammarion 2007. Guy  Lasserre, <i>La  Guadeloupe,   &eacute;tude  g&eacute;ographique, </i>Bordeaux,  Union fran&ccedil;aise d'impression, 1961.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000209&pid=S1794-8886201300020000300008&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Jacques Marseille, <i>Empire colonial et capitalisme fran&ccedil;ais, histoire d'un divorce , </i>Paris, Albin Michel, 1984.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000211&pid=S1794-8886201300020000300009&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<!-- ref --><p>Henri Bangou <i>Guadeloupe, la n&eacute;cessaire d&eacute;colonisation, l939 &agrave; nos jours, </i>Paris, L'Harmattan, tome II, 1970.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000213&pid=S1794-8886201300020000300010&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Jean-Baptiste Duroselle, <i>Politique &eacute;trang&egrave;re de la France, l'Ab&icirc;me, l939-l944, </i>Imprimerie nationale, Points-histoire, 1986.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000215&pid=S1794-8886201300020000300011&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Daniel Gu&eacute;rin, <i>Les Antilles d&eacute;colonis&eacute;es, </i>Paris, Pr&eacute;sence Africaine, pr&eacute;face d'Aim&eacute; C&eacute;saire, 1956.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000217&pid=S1794-8886201300020000300012&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Eric Jennings, <i>Vichy sous les tropiques, </i>Paris, Grasset 2004.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000219&pid=S1794-8886201300020000300013&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>Michel Leiris, <i>Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe. </i>Paris, UNESCO-Gallimard, Collection Race et soci&eacute;t&eacute;, 1955.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000221&pid=S1794-8886201300020000300014&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<!-- ref --><p>Michel Margairaz, <i>L'&Eacute;tat, les finances et l'&eacute;conomie, Histoire d'une conversion l932-1952, </i>t.II, Paris, comit&eacute; pour l'histoire &eacute;conomique et financi&egrave;re de la France, 1991.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000223&pid=S1794-8886201300020000300015&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p> </font>      ]]></body><back>
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