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<journal-title><![CDATA[Civilizar Ciencias Sociales y Humanas]]></journal-title>
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<article-title xml:lang="fr"><![CDATA[La liaison infernale: conditionnante démocratique et dette des Etats à l'égard des organisations internationales]]></article-title>
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<abstract abstract-type="short" xml:lang="en"><p><![CDATA[Developing States have contracted many debts, especially since the early 1980s, with creditors. These can be either States or international financial institutions. However, whoever the public debtor is, the latter will intervene more or less directly, increasingly becoming an interlocutor in any attempt to renegotiate or even totally pay the debt itself. This ubiquity arises many questions about its purpose and nature. This is particularly true of the political regimes of indebted states. Indeed, the democratization of these states has become both a means and an end for financial institutions, as the Initiative for Heavily Indebted Poor Countries. Therefore, the question is whether the payment is possible or an illusion.]]></p></abstract>
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</front><body><![CDATA[   <font face="verdana" size="2">      <br>    <p align="center"><font size="4"><b>La liaison infernale: conditionnante d&eacute;mocratique    <br> et dette des Etats &agrave; l'&eacute;gard des organisations    <br> internationales</b></font></p>      <p><b>Matthieu Fau-Nougaret<a name="nota1"></a><a href="#nota_1"><sup>*</sup></a></b></p>      <p>Centre d'etudes et de recherches sur les droits africains et sur le d&eacute;veloppement institutionnel des pays en d&eacute;veloppement (CERDRADI) Universit&eacute; Montesquieu - Bordeaux IV</p>      <p align="justify"><sup><a name="nota_1"></a><a href="#nota1">*</a></sup> Doctor en derecho, CERDRADI, Universit&eacute; Montesquieu.</p>      <p><b>Recibido: </b>12 de septiembre de 2008 - <b>Revisado: </b>29 de octubre de 2008 - <b>Aceptado: </b>2 de noviembre de 2008</p>  <hr> <font size="3">     <br>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>Resumen</b></p></font>      <p align="justify"> Les Etats en d&eacute;veloppement ont consenti de nombreuses dettes, surtout depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, &agrave; l'&eacute;gard des cr&eacute;anciers publics. Ceuxci peuvent &ecirc;tre soit des Etats soit des Institutions Financi&egrave;res Internationales. Cela &eacute;tant, quelque soit ce d&eacute;biteur public, ces derni&egrave;res vont intervenir de mani&egrave;re plus ou moins directe, en devenant progressivement des interlocuteurs incontournables de toute tentative de ren&eacute;gociation, voire d'annulation de la dite dette. Cette omnipr&eacute;sence n'est pas sans susciter de nombreuses interrogations quant &agrave; son objet et sa nature. C'est particuli&egrave;rement le cas de la nature politique des r&eacute;gimes des Etats endett&eacute;s. En effet, la d&eacute;mocratisation de ces Etats est devenue, de mani&egrave;re discutable, &agrave; la fois un moyen et une finalit&eacute; de l'intervention des Institutions Financi&egrave;res, comme le montre l'Initiative Pour les Pays Pauvres Tr&egrave;s Endett&eacute;s. D&egrave;s lors, la question est de savoir si l'annulation totale est envisageable ou une chim&egrave;re?</p>      <p><b>Mots cl&eacute;s: </b>Dette ext&eacute;rieure, organisations internationals, Etat</p>  <hr> <font size="3">     <br>    <p align="center"><b>The infernal link: democratic conditionality and State    <br> debt to International Organisms</b></p></font>  <font size="3">     <p><b>Abstract</b></p></font>      <p align="justify"> Developing States have contracted many debts, especially since the early 1980s, with creditors. These can be either States or international financial institutions. However, whoever the public debtor is, the latter will intervene more or less directly, increasingly becoming an interlocutor in any attempt to renegotiate or even totally pay the debt itself. This ubiquity arises many questions about its purpose and nature. This is particularly true of the political regimes of indebted states. Indeed, the democratization of these states has become both a means and an end for financial institutions, as the Initiative for Heavily Indebted Poor Countries. Therefore, the question is whether the payment is possible or an illusion.</p>      <p><b>Key words: </b>External debt, international organizations, State.</p>  <hr>     <br>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> Si le probl&egrave;me pos&eacute; par la dette ext&eacute;rieure des Etats, est loin d'&ecirc;tre un ph&eacute;nom&egrave;ne nouveau, son ampleur l'est. Les Etats ont toujours eu recours &agrave; l'emprunt pour financer des projets ou lors de difficult&eacute;s financi&egrave;res passag&egrave;res. Toutefois le droit applicable &agrave; ces emprunts, &eacute;tait classiquement consid&eacute;r&eacute; comme ne pouvant &ecirc;tre que le droit interne (Meetarbhan, 1995)<a name="1"></a><a href="#1a"><sup>1</sup></a> et non le droit international, cette position classique ressort de la jurisprudence des Emprunts serbes <i>(CPJF</i><a name="2"></a><a href="#2a"><sup>2</sup></a>, s&eacute;rie A n&deg;20, arr&ecirc;t n&deg;14, 1929, pp. 13-24). Ainsi, en cas de non respect d'un accord de pr&ecirc;t plusieurs solutions &eacute;taient envisageables: une solution non contentieuse; une solution contentieuse devant le juge contractuellement comp&eacute;tent, de pr&eacute;f&eacute;rence conform&eacute;ment &agrave; l'adage &laquo; <i>One Judge, one Law, preferably my own </i>&raquo; (Delaume, 1955); ou un recours &agrave; la force arm&eacute;e ou la politique canonni&egrave;re (Carreau &amp; Shaw, 1995). Toutefois de mani&egrave;re globale, la situation des dettes du XIX&egrave;me si&egrave;cle n'est pas comparable, tant par sa g&eacute;n&eacute;ralisation que par son volume, &agrave; celle existant depuis les ann&eacute;es 1980. Par exemple, la dette des pays d'Afrique sub-saharienne est pass&eacute;e de 6 milliards de dollars en 1970 &agrave; 134 milliards de dollars en 1988.</p>      <p align="justify"> Sch&eacute;matiquement les dettes ext&eacute;rieures peuvent &ecirc;tre contract&eacute;es soit par l'Etat directement, soit par une personne priv&eacute;e. Lorsqu'elles sont contract&eacute;es par une personne priv&eacute;e, l'Etat peut intervenir au titre de garant, par exemple, dans le cadre de la Banque mondiale, il s'agit de l'accord de garantie (Carreau, 1985; Focsaneanu, 1985, Gianviti, 1989).</p>      <p align="justify"> Elles sont contract&eacute;es soit &agrave; l'&eacute;gard d'une personne publique soit d'une personne priv&eacute;e. Les personnes publiques peuvent &ecirc;tre soit des Etats soit des organisations internationales. De prime abord, seules ces derni&egrave;res vont nous int&eacute;resser.</p>      <p align="justify"> La dette publique, et priv&eacute;e, constitue pour la majorit&eacute; des pays en d&eacute;veloppement le probl&egrave;me essentiel. La dette de certains Etats est telle qu'ils sont en situation de cessation de paiement, et virtuellement en faillite. La dette s'est accrue de fa&ccedil;on exponentielle &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970 et lors des ann&eacute;es 1980, avec la chute du cours des mati&egrave;res premi&egrave;res et la hausse du baril de p&eacute;trole (Focsaneanu, 1985; Mubiala, 1991). On date commun&eacute;ment l'&eacute;mergence du probl&egrave;me de la dette des pays en d&eacute;veloppement dans l'ordre international, de la crise mexicaine d'ao&ucirc;t 1982.</p>      <p align="justify"> Lorsqu'un Etat se trouve dans la situation de crise de l'endettement, il a plusieurs choix. Grossi&egrave;rement, il peut soit d&eacute;cider de rembourser le pr&ecirc;t avec int&eacute;r&ecirc;t &agrave; l'organisme cr&eacute;ancier selon l'&eacute;ch&eacute;ancier initialement pr&eacute;vu; soit demander un r&eacute;am&eacute;nagement de sa dette pour &eacute;viter d'une part une sanction de la part de l'organisme pr&ecirc;teur et d'autre part d'avoir &agrave; ponctionner une trop grosse part de son budget pour rembourser le pr&ecirc;t; soit ne pas rembourser auquel cas il engagera sa responsabilit&eacute; et s'exposera &agrave; des sanctions.</p>      <p align="justify"> La premi&egrave;re solution est celle qui est socialement la plus difficile (et, au niveau interne, politiquement la plus risqu&eacute;e) car le remboursement tel que pr&eacute;vu par l'&eacute;ch&eacute;ancier initial, alors que la situation budg&eacute;taire n'est plus la m&ecirc;me, engendre une r&eacute;duction drastique d'autres secteurs, en pratique les secteurs sociaux, du budget au profit du service de la dette.</p>      <p align="justify"> La troisi&egrave;me solution est juridiquement la plus dangereuse. Ne pas rembourser une organisation pr&ecirc;teuse induit que cette organisation va prendre des sanctions pouvant aller jusqu'&agrave; l'exclusion de l'Etat consid&eacute;r&eacute; (Voir l'article 44 des statuts de la B. Afr. D, article VII section 3 de la B.I.A.D, article 42 de la B.As.D, article VI section 2 et article IV section 7 de la B.I.R.D, et article 17.1 de la BERD), et bien entendu une impossibilit&eacute; de demander un nouveau pr&ecirc;t, sans compter un effet ricochet sur les autres acteurs susceptibles de pr&ecirc;ter de l'argent (Il y a ainsi le risque de se voir appliquer la double-peine du syst&egrave;me de Bretton-Woods, car l'article VI section 3 de la B.I.R.D, pr&eacute;voit que &laquo; tout membre qui cesse d'&ecirc;tre membre du Fonds mon&eacute;taire international cessera automatiquement, trois mois plus tard, d'&ecirc;tre membre de la Banque, &agrave; moins que celleci n'est d&eacute;cid&eacute;, par un vote &agrave; la majorit&eacute; des trois quarts du total des voix attribu&eacute;es, de l'autoriser &agrave; rester membre &raquo;).</p>      <p align="justify"> Les seuls moyens juridiques pouvant &ecirc;tre invoqu&eacute;s pour &eacute;viter l'engagement de la responsabilit&eacute; internationale de l'Etat fautif, pourraient &ecirc;tre l'&eacute;tat de n&eacute;cessit&eacute; et le changement fondamental de circonstances, avec toutes les limites que ces moyens comportent.</p>      <p align="justify"> La seconde situation est celle majoritairement suivie car elle a la vertu pour l'organisation cr&eacute;anci&egrave;re de r&eacute;cup&eacute;rer l'argent investi m&ecirc;me si cela s'effectue sur une p&eacute;riode plus longue, et pour le pays d&eacute;biteur de permettre un effort de remboursement &eacute;chelonn&eacute;. C'est la raison pour laquelle en face de la situation de fort endettement, les Etats d&eacute;biteurs et leurs cr&eacute;anciers ont d&eacute;cid&eacute; de proc&eacute;der &agrave; la ren&eacute;gociation des accords de pr&ecirc;ts initiaux, ph&eacute;nom&egrave;ne qui est devenu, &agrave; partir des ann&eacute;es quatre-vingt, (Espinosa de los Monteros, 1995). Le revers de la m&eacute;daille &eacute;tant pour l'Etat, une d&eacute;pendance &eacute;conomique &agrave; l'&eacute;gard de l'organisation cr&eacute;anci&egrave;re plus longue, et financi&egrave;rement plus co&ucirc;teuse, puisque les int&eacute;r&ecirc;ts ne disparaissent pas.</p>      <p align="justify"> Ce ph&eacute;nom&egrave;ne int&eacute;resse les organisations internationales, et plus particuli&egrave;rement les institutions financi&egrave;res internationales. L'on sait que les Institutions de Bretton Woods sont devenues des partenaires omnipr&eacute;sents voir omnipotents des pays lourdement endett&eacute;s. Juridiquement parlant, il paraît fondamental de se demander comment se manifeste cette omnipotence, laissant &agrave; l'Etat endett&eacute; peu de marge de manœuvre?</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> D'une part, il semble qu'elles sont concern&eacute;es par les arri&eacute;r&eacute;s des paiements de leurs &eacute;tats membres, dans la relation bilat&eacute;rale cr&eacute;ancier - d&eacute;biteurs, qu'elles entretiennent avec eux. Mais ce n'est pas la seule relation qui les int&eacute;resse. En effet elles interviennent, aussi, dans les relations entre pays d&eacute;biteurs et cr&eacute;ancier publics. C'est la raison pour laquelle, la relation existante entre les Etats endett&eacute;s et les institutions financi&egrave;res internationale peut &ecirc;tre qualifi&eacute;e d'ambivalente (I).</p>      <p align="justify"> D'autre part, lorsqu'un cr&eacute;diteur, quel qu'il soit, acc&egrave;de &agrave; la demande de son d&eacute;biteur de r&eacute;am&eacute;nager sa dette, il le fait g&eacute;n&eacute;ralement, en imposant certaines conditions, certaines garanties, qui a priori sont exclusivement &eacute;conomique. Les institutions financi&egrave;res internationales n'&eacute;chappent pas &agrave; la r&egrave;gle. M&ecirc;me si la crise de la dette est ant&eacute;rieure &agrave; l'&eacute;mergence de la conditionnalit&eacute; d&eacute;mocratique, il n'en demeure pas moins que de nombreux liens vont &ecirc;tre cr&eacute;&eacute;s entre les deux. Une relation ambiguë, entre les deux, va se mettre en place (II).</p>  <font size="3">     <br>    <p><b>La relation ambivalente existant entre l'Etat endett&eacute; et les institutions financi&egrave;res internationales</b></p></font>      <p align="justify"> La premi&egrave;re relation qui int&eacute;resse les institutions financi&egrave;res est, donc, une relation bilat&eacute;rale, c'est-&agrave;-dire au titre de la cr&eacute;ance qu'elles d&eacute;tiennent &agrave; l'&eacute;gard d'un Etat d&eacute;biteur. Le cr&eacute;ancier, en pratique, ne se trouve pas dans la m&ecirc;me situation suivant qu'il s'agit d'une organisation ou d'un Etat. En effet nous allons voir que les organisations internationales sont dites &laquo; cr&eacute;anci&egrave;res privil&eacute;gi&eacute;es &raquo;, ce qui les place dans une situation favorable (1).</p>      <p align="justify"> Si, de prime abord, les organisations ne sont concern&eacute;es que par les dettes contract&eacute;es aupr&egrave;s d'elles, par un Etat, la pratique montre qu'elles peuvent &ecirc;tre aussi concern&eacute;es par les dettes contract&eacute;es par un Etat &agrave; l'&eacute;gard d'un autre Etat.</p>      <p align="justify"> Les Etats cr&eacute;anciers se sont regroup&eacute;s au sein d'un organisme informel appel&eacute; &laquo; Club de Paris &raquo; (Grard, 1995). Ce &laquo; Club &raquo;, qui &agrave; son pendant pour les cr&eacute;anciers priv&eacute;s appel&eacute; &laquo; Club de Londres &raquo;, a pour objectif de permettre aux cr&eacute;anciers et d&eacute;biteurs de r&eacute;am&eacute;nager la dette des seconds &agrave; l'&eacute;gard des premiers. Ce r&eacute;am&eacute;nagement peut prendre plusieurs formes (Ciss&eacute;, 1995)<a name="3"></a><a href="#3a"><sup>3</sup></a>. Mais quelques soient ces formes, ce &laquo; Club &raquo; a d&eacute;velopp&eacute; une pratique qui fait intervenir, dans cette relation bilat&eacute;rale, une organisation, pourtant non membre du &laquo;Club&raquo;: le FMI. Cette pratique a pris une telle ampleur et importance, qu'elle a abouti &laquo;&agrave; faire du Fonds un pivot central de la strat&eacute;gie de la dette&raquo; (Ciss&eacute;, 1995) (2).</p>  <font size="3">     <br>    <p><b>A) La relation entre l'Etat endett&eacute; et l'organisation cr&eacute;anci&egrave;re</b></p></font>      <p align="justify"> Les dettes contract&eacute;es &agrave; l'&eacute;gard des organisations internationales repr&eacute;sentent un volume non n&eacute;gligeable de l'endettement ext&eacute;rieur de ces Etats. Les organisations internationales cr&eacute;anci&egrave;res sont essentiellement le FMI, la Banque Mondiale et les Banques r&eacute;gionales de d&eacute;veloppement. Dans le cadre du continent africain, la dette ext&eacute;rieure est constitu&eacute;e au 2/3 de la dette publique.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> Ces dettes peuvent se mat&eacute;rialisaient de plusieurs fa&ccedil;ons &agrave; savoir soit l'Etat a emprunt&eacute; une certaine somme &agrave; l'organisation, ce qui est le cas des pr&ecirc;ts contract&eacute;s aupr&egrave;s des banques de d&eacute;veloppement; soit, dans le cas pr&eacute;cis du Fonds, il s'est engag&eacute; apr&egrave;s utilisation de son acc&egrave;s aux ressources du Fonds <i>(purchase) </i>&agrave; reconstituer sa quote-part <i>(repurchase), </i>ce qu'&eacute;videmment il n'a pas pu faire.</p>     <p align="justify"> Les arri&eacute;r&eacute;s de paiement ont augment&eacute; de fa&ccedil;on exponentielle au cours des ann&eacute;es 1980. Ainsi les arri&eacute;r&eacute;s de paiement au sein du Fonds, sont pass&eacute;s de 500 millions de dollars en 1986 &agrave; 2,8 milliards en 1989, et &agrave; 3,5 milliards de dollars en 1990 (Espinosa de los Monteros, 1995).</p>      <p align="justify"> Malgr&eacute; l'acceptation de ses arri&eacute;r&eacute;s, il n'en demeure pas moins que l'on consid&egrave;re que l'Etat doit rembourser, en priorit&eacute;, les dettes qu'il a contract&eacute;es &agrave; l'&eacute;gard des organisations. Cette consid&eacute;ration n'a pas de r&eacute;el fondement juridique, il s'agit plus d'une pratique tendant &agrave; faire des organisations des cr&eacute;anci&egrave;res privil&eacute;gi&eacute;es. Cette situation a sembl&eacute; contenter tout le monde, pendant un certain temps, les banques commerciales, tout comme les Etats, s'en accommodant.</p>      <p align="justify"> Certains auteurs se sont alors demand&eacute;s d'où venait cette consid&eacute;ration et si l'on pouvait parler de l'&eacute;mergence d'une coutume internationale consacrant la pratique. Le professeur Espinosa de los Monteros (1995) montre que l'on ne peut pas parler d'une coutume. En effet cela induirait l'impossibilit&eacute; pour le d&eacute;biteur de ren&eacute;gocier sa dette avec l'organisation, or la majorit&eacute; des statuts des institutions financi&egrave;re internationales pr&eacute;voient cette possibilit&eacute; (Voir par exemple pour le FMI , la d&eacute;cision n&deg; 12249-(00/77) du 27 juillet 2000, &laquo; Misreporting and non complying purchases in the general ressources account: guidelines on corrective action &raquo;, Selected decisions and selected documents ofthe IMF, 27<sup>&egrave;me</sup> &eacute;d., 30 juin 2003).</p>      <p align="justify"> De plus les institutions financi&egrave;res internationales ont mis en place des instruments permettant un all&eacute;gement de la dette. C'est le cas, notamment, de l'Initiative pour les Pays Pauvres Tr&egrave;s Endett&eacute; (P.P.T.E), que nous &eacute;tudierons plus avant.</p>      <p align="justify"> Ainsi les organisations internationales ont-elles &eacute;volu&eacute;, en acc&eacute;dant &agrave; une demande maintes fois r&eacute;it&eacute;r&eacute;e des Etats, &agrave; savoir le r&eacute;am&eacute;nagement de leurs dettes. Ce dernier peut prendre plusieurs formes soit un r&eacute;&eacute;chelonnement, soit une r&eacute;duction voire une annulation. Si l'on peut consid&eacute;rer que les organisations internationales demeurent &laquo;cr&eacute;anci&egrave;res privil&eacute;gi&eacute;es&raquo;, dans le sens où les Etats doivent s'efforcer dans un premier temps de les rembourser, il n'en demeure pas moins qu'elles peuvent octroyer &agrave; certains d&eacute;biteurs le privil&egrave;ge d'am&eacute;nager ce remboursement.</p>      <p align="justify"> Il semble que cet infl&eacute;chissement de la position des organisations cr&eacute;anci&egrave;res soit plus le fruit, comme dans le cadre des dettes bilat&eacute;rales, d'une conjonction d'int&eacute;r&ecirc;ts que d'une v&eacute;ritable solidarit&eacute; (Focseneanu, , 1985, p. 305) A contrario, Mubiala (1991, p. 307) pense que ce mouvement de cr&eacute;anciers en faveur d'une ren&eacute;gociation tient plus au fait &laquo;que les cr&eacute;anciers ont compris qu'en fin de compte, ils avaient int&eacute;r&ecirc;t &agrave; maintenir la solvabilit&eacute;, m&ecirc;me future des d&eacute;biteurs&raquo;.</p>      <p align="justify"> L'int&eacute;r&ecirc;t est alors de savoir en fonction de quels crit&egrave;res, elles octroient ce privil&egrave;ge? S'agitil uniquement de crit&egrave;res &eacute;conomiques ou en existe-t-il d'autres?</p>  <font size="3">     <br>    <p><b>B) L'intervention des institutions financi&egrave;res internationales dans les relations entre l'Etat d&eacute;biteur et les cr&eacute;anciers publics</b></p></font>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> Les institutions financi&egrave;res internationales ne sont pas &laquo;membres&raquo;, du &laquo;Club de Paris&raquo; regroupant les cr&eacute;anciers publics. Ce &laquo;Club&raquo; a pour objectif de traiter des dettes bilat&eacute;rales. A priori, les ifi ne sont pas concern&eacute;es par ses ren&eacute;gociations. Pourtant une pratique s'est d&eacute;velopp&eacute;e qui fait, notamment du fmi, un &eacute;l&eacute;ment indispensable de tout m&eacute;canisme de r&eacute;am&eacute;nagement de la dette.</p>      <p align="justify"> L'&eacute;l&eacute;ment central de cette pratique est l'accord de confirmation (&laquo; stand-by arrangement &raquo;). Il est central car il est &agrave; la fois une condition pr&eacute;alable au r&eacute;am&eacute;nagement, mais aussi une condition de validit&eacute; de l'accord conclu avec les participants au Club de Paris. Ainsi le Professeur Grard (1995) rappelle - t - il que les pr&eacute;ambules de tous les accords font &eacute;tat de l'importance que les pays cr&eacute;anciers attachent &agrave; l'ex&eacute;cution du programme du fonds.</p>      <p align="justify"> Il est d&eacute;sormais per&ccedil;u comme le cachet d'approbation du Fonds, <i>seal of approval </i>(Edwards Jr., 1985), car selon Ciss&eacute; (1995), &laquo;l'approbation par le Fonds d'un accord de confirmation signifie que le Fonds a pass&eacute; en revue les politiques et les perspectives &eacute;conomiques de l'Etat membre et a jug&eacute; qu'elles m&eacute;ritent d'&ecirc;tre appuy&eacute;es par l'utilisation des ressources du Fonds&raquo; (p. 283).</p>      <p align="justify"> L'accord de confirmation est devenu un pr&eacute;alable indispensable<a name="4"></a><a href="#4a"><sup>4</sup></a> &agrave; tout r&eacute;am&eacute;nagement de la dette publique bilat&eacute;rale (Ciss&eacute; 1995 ; MacLean, 1989). La l&eacute;gitimit&eacute; de cet accord pr&eacute;alable, r&eacute;side dans le fait que, pour les cr&eacute;anciers, seule une situation &eacute;conomique plus saine, peut leur permettre de retrouver leur cr&eacute;ance. Ainsi un Etat souhaitant obtenir de la part de ses cr&eacute;anciers publics, un r&eacute;&eacute;chelonnement, ou toute autre forme d'all&eacute;gement, doit d'abord se rendre &agrave; Washington.</p>      <p align="justify"> La question est alors de savoir de quelle mani&egrave;re, le FMI va accorder son soutien &agrave; une op&eacute;ration d'all&eacute;gement de la dette?</p>  </font>    <p align="justify"><font size="2" face="verdana"> Le 23 mai 1989, le Conseil d'administration du Fonds a adopt&eacute; des directives relatives au soutien de la part du Fonds pour les op&eacute;rations de r&eacute;duction de la dette et du service de la dette (Gianviti, 1989, annexes). Ces directives pr&eacute;voient que ce soutien sera li&eacute; aux programmes d'ajustement &agrave; moyen terme avec une forte composante relative aux r&eacute;formes structurelles, adopt&eacute;s dans le cadre d'accords de confirmation ou d'accords &eacute;largis. Ces programmes d'ajustement ne sont autres que les Facilit&eacute;s d'Ajustement Structurel (FAS) et Facilit&eacute; d'Ajustement Structurel Renforc&eacute; (FASR). Le soutien apport&eacute; par le Fonds le sera au cas par cas. Il est pr&eacute;vu qu'une attention particuli&egrave;re sera donn&eacute;e aux mesures qui permettront de mettre en place un climat propice aux investissements dans les pays membres, et qui permettront de renverser la fuite des capitaux et d'attirer les capitaux priv&eacute;s et les investissements directs. Ces mesures ne sont-elles pas celles pouvant &ecirc;tre adopt&eacute;es au titre de la &laquo;bonne gouvernance&raquo;? Cette derni&egrave;re &eacute;tant d&eacute;finie par le Fonds comme &quot;i) improving the management of public resources through refoms covering public sector institutions (e.g., the treasury, central bank, public enterprises, civil service and the official statistics function), including administratives procedures (e.g., expenditure control, budget management, and revenue collection); and ii) supporting the development and maintenance of a transparent and stable economic and regulatory environment conducive to efficient private sector activities (e.g., price systems, exchange and trade regimes, and banking systems and their related regulations)&quot; (Executive Board of the IMF,1997; Camdessus, 2008).</font></p>  <font face="verdana" size="2">    <p align="justify"> Ainsi, gr&acirc;ce &agrave; la place pr&eacute;pond&eacute;rante accord&eacute;e en pratique par les cr&eacute;anciers publics et priv&eacute;s au Fonds, mais aussi &agrave; la Banque, les institutions financi&egrave;res internationales ont pu introduire la &laquo;bonne gouvernance&raquo; dans le cadre des ren&eacute;gociations de la dette.</p>  <font size="3">     <br>    <p><b>II) Les ambigu&iuml;t&eacute;s de la relation dette - conditionnalit&eacute; d&eacute;mocratique: l'exemple de l'Initiative PPTE</b></p></font>      <p align="justify"> L'ambigu&iuml;t&eacute; r&eacute;side dans le fait que les organisations internationales, et plus particuli&egrave;rement les institutions financi&egrave;res internationales, se sont servies, entre autres, de la dette pour imposer le processus de d&eacute;mocratisation. il existe essentiellement deux relations. La premi&egrave;re fait de l'all&eacute;gement de la dette une cons&eacute;quence du processus de d&eacute;mocratisation et la seconde fait de la dette un v&eacute;hicule de conditionnalit&eacute; d&eacute;mocratique. Ces deux relations ne correspondent pas chacune &agrave; des instruments sp&eacute;cifiques mais plut&ocirc;t &agrave; une succession dans le temps.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> L'all&eacute;gement de la dette con&ccedil;ue comme cons&eacute;quence du processus de d&eacute;mocratisation, induit que, parmi les conditions requises pour pouvoir b&eacute;n&eacute;ficier des instruments relatifs &agrave; l'all&eacute;gement de la dette, il existe des conditions relatives &agrave; la d&eacute;mocratie. Ainsi ne peuvent y acc&eacute;der, n'y sont &eacute;ligibles que les Etats ayant entrepris des r&eacute;formes structurelles (1).</p>      <p align="justify"> La dette peut &ecirc;tre un v&eacute;hicule de la conditionnalit&eacute;, en ce sens que lorsqu'un Etat s'est engag&eacute; dans un programme de r&eacute;duction de sa dette, les organisations cr&eacute;anci&egrave;res peuvent lui &laquo; imposer &raquo;, au sein de ce programme, des conditions ayant trait &agrave; la d&eacute;mocratisation (2).</p>  <font size="3">     <br>    <p><b>A) La d&eacute;mocratisation et les conditions d'&eacute;ligibilit&eacute; aux programmes de r&eacute;duction de la dette</b></p></font>      <p align="justify"> Plusieurs programmes se sont succ&eacute;d&eacute;s dans le temps qui ont permis, au-del&agrave; des r&eacute;ductions (Grard, 1995) ou annulations bilat&eacute;rales (Grard, 2001), un r&eacute;am&eacute;nagement de la dette multilat&eacute;rale des Etats, notamment africains. Ces multiples programmes avaient un d&eacute;faut essentiel qui &eacute;tait celui d'incorporer le probl&egrave;me de la dette dans le cadre d'autres r&eacute;formes<a name="5"></a><a href="#5a"><sup>5</sup></a>. Il &eacute;tait pourtant n&eacute;cessaire de coordonner et centraliser son r&eacute;am&eacute;nagement.</p>      <p align="justify"> L'initiative en faveur des pays pauvres tr&egrave;s endett&eacute;s (PPTE) fut envisag&eacute;e en 1995 sous le nom &laquo;Multilateral Debt Facility&raquo;. Ce projet constitua <i>une </i>r&eacute;volution culturelle et juridique en mati&egrave;re de r&eacute;&eacute;chelonnement de la dette ext&eacute;rieure des Etats (Carreau, 1995), car jusqu'&agrave; cette date les IFI, du fait de leur statut de cr&eacute;anci&egrave;res privil&eacute;gi&eacute;es, ne voulaient pas ren&eacute;gocier la dette de leurs Etats membres. Toutefois conform&eacute;ment &agrave; la volont&eacute; des dirigeants du G7 lors du sommet d'Halifax (1995), les Institutions financi&egrave;res &eacute;labor&egrave;rent un nouveau m&eacute;canisme:</p>      <blockquote>     <p align="justify"> Le FMI et la Banque mondiale devraient faire preuve d'initiative et &eacute;laborer une approche multilat&eacute;rale globale pour venir en aide aux pays dont la dette multilat&eacute;rale et le ratio d'endettement atteignent des niveaux inqui&eacute;tants, en s'attaquant au fardeau de leurs dettes par la mise en œuvre souple des instruments existants et, si n&eacute;cessaire, de nouveaux m&eacute;canismes (...) Il conviendrait de mettre au point des strat&eacute;gies de d&eacute;gagement &agrave; l'intention des pays dont la dette multilat&eacute;rale est particuli&egrave;rement &eacute;lev&eacute;e, mais dont les ant&eacute;c&eacute;dents sont bons.</p> </blockquote>      <p align="justify"> Ce fut &agrave; la suite du Sommet de Lyon du G7, tenu le 29 juin 1996, que l'initiative fut lanc&eacute;e en septembre 1996 par la Banque et le Fonds. Le but de cette initiative &eacute;tait de permettre &agrave; certains Etats de retrouver un niveau de dette soutenable (Il est int&eacute;ressant de noter qu'une fois de plus le crit&egrave;re de &laquo;sustainability&raquo;, d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute; notamment &agrave; propos de la paix, a infiltr&eacute; un nouveau domaine de l'aide au d&eacute;veloppement). Le but &eacute;tant de permettre un d&eacute;veloppement durable.. Pour ce faire, il &eacute;tait n&eacute;cessaire de r&eacute;duire, l'endettement des Etats. Ainsi les bailleurs de fonds s'engageaient-ils, vis-&agrave;-vis des Etats b&eacute;n&eacute;ficiant de l'Initiative, &agrave; r&eacute;duire la dette bilat&eacute;rale jusqu'&agrave; 80% (90% et plus &agrave; partir de 1999). Cet engagement n'&eacute;tait pris qu'en contrepartie de l'adoption par les Etats d&eacute;biteurs de certaines mesures. En effet les conditions d'&eacute;ligibilit&eacute; pour pouvoir b&eacute;n&eacute;ficier de cette initiative sont multiples et le processus de mise en place assez complexe. Certaines conditions ont &eacute;t&eacute; revues en 1999, &agrave; la suite du Sommet du G7/G8 de Cologne. Cette r&eacute;forme a permis de faire pass&eacute; le nombre d'Etats potentiellement &eacute;ligibles de 29 &agrave; 36 en 1999 et 38 en 2003 (Gautam, 2003).</p>      <p align="justify"> Pour &ecirc;tre &eacute;ligible &agrave; cette initiative, les Etats doivent r&eacute;pondre essentiellement &agrave; deux crit&egrave;res. Les Etats ne doivent &ecirc;tre &eacute;ligibles qu'aux seuls financements concessionnels de l'A.I.D, et faire l'objet d'une F.A.S.R. Ceci implique qu'il ne s'agit que des Etats les plus pauvres, puisque ne sont &eacute;ligibles aux financements de l'AID que les Etats dont le Revenu National Brut est inf&eacute;rieur &agrave; un certain seuil. Ce dernier est d&eacute;termin&eacute; et mis &agrave; jour annuellement pour l'exercice 2009, il est de $1,095 par habitant par jour (En 2008, il y a 78 Etats &eacute;ligibles aux pr&ecirc;ts de l'AID. Sur ces 78 Etats, 39 sont des Etats Africains, d'Afrique sub-saharienne). Cela induit aussi que seuls sont &eacute;ligibles des Etats ayant mis en place pr&eacute;alablement et de mani&egrave;re satisfaisante des r&eacute;formes sous les auspices du FMI et de l'AID. Ceci r&eacute;duit de mani&egrave;re substantielle le nombre d'Etats &eacute;ligibles puisqu'ils ne sont plus, en juin 2008, que 41 Etats &agrave; l'&ecirc;tre, dont 33 Etats africains.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> Le but de l'Initiative est de permettre aux Etats tr&egrave;s endett&eacute;s de retrouver une dette soutenable. Initialement sous le r&eacute;gime de Lyon, on consid&eacute;rait que la dette &eacute;tait soutenable lorsque l'Etat avait un ratio valeur actualis&eacute;e nette (qui est &eacute;gale &agrave; la somme de toutes les obligations futures au titre du service de la dette existante (principal et int&eacute;r&ecirc;ts), &agrave; laquelle on applique un taux d'actualisation &eacute;gal au taux d'int&eacute;r&ecirc;t du march&eacute;) de la dette sur exportations compris entre 200 et 250% et un ratio de service de la dette sur exportations compris entre 20 et 25% (le ratio jug&eacute; soutenable, ou non, est d&eacute;fini au cas par cas &agrave; l'int&eacute;rieur des fourchettes mentionn&eacute;es). Une exception &agrave; ce r&eacute;gime est pr&eacute;vue pour les pays ayant une &eacute;conomie ouverte (On consid&egrave;re qu'un Etat a une &eacute;conomie ouverte lorsque son ratio des exportations au PIB d&eacute;passe 40% initialement et, 30% depuis 1999), une sorte de bonus &laquo;&agrave; l'ouverture&raquo;, puisque le ratio VAN de la dette sur exportations &eacute;tait ramen&eacute; &agrave; 200%. Toutefois comme le rel&egrave;ve M. Gautam (2003),</p>      <blockquote>     <p align="justify"> la base m&eacute;thodologique utilis&eacute;e pour les projections sur lesquelles repose l'analyse du degr&eacute; d'endettement tol&eacute;rable reste opaque et les hypoth&egrave;ses de croissance retenues pour ces analyses p&egrave;chent par exc&egrave;s d'optimisme si l'on en juge par les taux de croissance pass&eacute; (p. 136).</p> </blockquote>      <p align="justify"> De nombreuses critiques virent le jour. L'essentiel de ces critiques concernaient le niveau d'endettement requis, car comme le r&eacute;sume le professeur Grard (2001), &laquo; pour &ecirc;tre &eacute;ligible au traitement de Lyon, la charge repr&eacute;sent&eacute;e par l'endettement ext&eacute;rieur doit ruiner tout espoir de d&eacute;veloppement. Mais &eacute;tait-on s&ucirc;r &agrave; Lyon que la r&eacute;duction envisag&eacute;e n'&eacute;tablissait pas la dette &agrave; un niveau encore p&eacute;rilleux pour l'&eacute;conomie?&raquo; (p. 20). Ainsi se pose la question de savoir, ce qu'est r&eacute;ellement une &laquo;dette soutenable&raquo; et pour qui cette dette est soutenable? C'est la raison pour laquelle, lors de la r&eacute;vision de l'Initiative, en 1999, le ratio VAN de la dette sur exportations a &eacute;t&eacute; ramen&eacute; &agrave; 150%.</p>      <p align="justify"> La mise en place de l'initiative se fait en plusieurs &eacute;tapes. La premi&egrave;re &eacute;tape est celle qui se d&eacute;roule jusqu'&agrave; ce l'on appelle &laquo;le point de d&eacute;cision&raquo; <i>(d&eacute;cision point). </i>Pour pouvoir b&eacute;n&eacute;ficier de l'initiative, un Etat devait &eacute;tablir des &laquo;ant&eacute;c&eacute;dents satisfaisants&raquo;, pour les IFI, et, initialement, avoir conclu une Facilit&eacute; d'ajustement structurel renforc&eacute; (F.A.S.R). Or &agrave; travers les F.A.S.R s'est r&eacute;pandue la conditionnalit&eacute;, notamment gr&acirc;ce &agrave; la &laquo;bonne gouvernance&raquo; (Chavagneux, 2003).</p>      <p align="justify"> Depuis 1999, les F.A.S.R ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par les Facilit&eacute;s (FMI, 1991 b) sur la R&eacute;duction de la Pauvret&eacute; et Croissance (F.R.P.C). Il s'agit aussi d'une facilit&eacute; concessionnelle d'acc&egrave;s aux ressources du Fonds, en &eacute;change de l'adoption d'un programme de r&eacute;formes structurelles contr&ocirc;l&eacute; par le Fonds. Il y a toutefois une nouveaut&eacute;, puisque cette F.R.P.C est adopt&eacute;e conform&eacute;ment, &agrave; un autre instrument appel&eacute; Cadre strat&eacute;gique de lutte contre la pauvret&eacute; (C.S.L.P). Ce Cadre est adopt&eacute; par les autorit&eacute;s nationales, avec l'aide des I.F.I. Il doit &ecirc;tre avalis&eacute; par les Conseils d'Administration de la Banque et du Fonds.</p>      <p align="justify"> L'originalit&eacute; de l'&eacute;laboration de ce CSLP, est qu'il requiert pour son &eacute;laboration un large processus participatif, c'est-&agrave;-dire que la &laquo; soci&eacute;t&eacute; civile &raquo;, m&ecirc;me si ce terme est imparfait, doit intervenir. Le gouvernement n'est pas le seul maître, au niveau national, de l'adoption de l'acte mat&eacute;riel servant de base au CSLP, qu'est le Document Strat&eacute;gique de R&eacute;duction de la Pauvret&eacute; (D.S.R.P), avec lequel la F.R.P.C doit &ecirc;tre en ad&eacute;quation.</p>      <p align="justify"> Ainsi un Etat, pour pouvoir &ecirc;tre &eacute;ligible &agrave; l'Initiative P.P.T.E, doit avoir adopt&eacute; un acte, par le biais d'un processus participatif (on ne peut que regretter qu'il ne s'agisse pas d'un processus d&eacute;mocratique) faisant intervenir d'autres acteurs, que le gouvernement, le D.R.S.P. Il est &agrave; noter que les Conseils d'administration de la Banque et du Fonds, conscients du fait, que l'adoption d'un C.S.L.P risquait de prendre du temps, et donc de retarder l'&eacute;ligibilit&eacute; &agrave; l'Initiative PPTE, du candidat, ont d&eacute;cid&eacute; que ce dernier pourrait se pr&eacute;valoir d'un C.S.L.P int&eacute;rimaire. (FMI, 1999).</p>      <p align="justify"> Pendant cette p&eacute;riode, il continue &agrave; recevoir l'aide concessionnelle classique. Au terme de cette premi&egrave;re &eacute;tape, les bailleurs de fonds proc&egrave;dent &agrave; une analyse du degr&eacute; d'endettement de l'Etat pour d&eacute;terminer si elle est ou non, tol&eacute;rable. Pour ce faire, ils utilisent les donn&eacute;es pr&eacute;alablement cit&eacute;es.</p>      <p align="justify"> Les Conseils d'administrations du FMI et de la Banque statuent, au point de d&eacute;cision, sur l'admissibilit&eacute; du pays &agrave; l'Initiative. L'obligation faite &agrave; l'Etat d'adopter un D.S.R.P, sous peine de ne pas &ecirc;tre admissible, doit &ecirc;tre analys&eacute; comme un &eacute;l&eacute;ment de conditionnalit&eacute; d&eacute;mocratique. Les Etats tr&egrave;s endett&eacute;s, africains notamment, ont toujours le choix, purement th&eacute;orique, de ne pas acc&eacute;der &agrave; un programme de r&eacute;duction de la dette. La mise en place d'un tel programme ne se fait &eacute;videmment qu'&agrave; la demande de ces Etats. Toutefois non seulement ils sont fortement incit&eacute;s &agrave; les mettre en place (rapport des ministres des finances du G7, 1999) mais en plus, dans la majorit&eacute; des pays d'Afrique subsaharienne, le service de la dette repr&eacute;sente la plus grande part des d&eacute;penses inscrites dans le budget de l'Etat (Ainsi dans le cadre de son budget 2002, la R&eacute;publique du Congo a consacr&eacute; 46% de ses d&eacute;penses au service de la dette). Ils deviennent ainsi &laquo; otages de cr&eacute;ances, qui p&egrave;sent sur eux et du risque de sanction &eacute;conomique, par la mise hors-jeu du syst&egrave;me financier international &raquo; (Grard, 2001, p. 20).</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> Au-del&agrave; de la conditionnalit&eacute; s'appliquant au moment de l'&eacute;ligibilit&eacute;, une fois celle-ci acquise, un autre type de conditionnalit&eacute; s'applique.</p>  <font size="3">     <br>    <p><b>B) Les programmes de r&eacute;duction de la dette comme v&eacute;hicule de la conditionnalit&eacute;</b></p></font>      <p align="justify"> Si l'on reprend la proc&eacute;dure de l'Initiative, la deuxi&egrave;me &eacute;tape se termine avec &laquo;le point d'ach&egrave;vement&raquo; <i>(completion point). </i>Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;clar&eacute; admissible, l'Etat doit continuer l'ex&eacute;cution d'un programme d'ajustement structurel, d&eacute;sormais Facilit&eacute; pour la R&eacute;duction de la Pauvret&eacute; et Croissance (F.R.P.C). La dur&eacute;e de la seconde p&eacute;riode n'est pas limit&eacute;e, elle d&eacute;pend de la mise en œuvre, jug&eacute;e, satisfaisante du programme de r&eacute;formes, notamment en ce qui concerne la strat&eacute;gie de r&eacute;duction de la pauvret&eacute;.</p>      <p align="justify"> Durant cette deuxi&egrave;me p&eacute;riode, les cr&eacute;anciers bilat&eacute;raux et les banques commerciales sont cens&eacute;s r&eacute;&eacute;chelonner les obligations venant &agrave; &eacute;ch&eacute;ance en accordant une r&eacute;duction pouvant atteindre 90% de la VAN de la dette. Les IFI peuvent accorder un &laquo;all&eacute;gement transitoire&raquo; de la dette pendant cette p&eacute;riode.</p>      <p align="justify"> Le terme de cette p&eacute;riode est donc &laquo;le point d'ach&egrave;vement&raquo;. Ce point est atteint, plus ou moins rapidement, suivant &laquo;la performance de l'Etat&raquo;, selon les termes du Fonds. C'est lors de cette p&eacute;riode qu'intervient &agrave; nouveau la conditionnalit&eacute; d&eacute;mocratique.</p>      <p align="justify"> En effet, l'Etat d&eacute;biteur voit la r&eacute;duction de sa dette li&eacute;e &agrave; la r&eacute;alisation de certaines r&eacute;formes structurelles et sociales (depuis l'initiative PPTE renforc&eacute;e). Il y a ainsi conditionnalit&eacute; r&eacute;compense, dont le but est une incitation &agrave; l'acc&eacute;l&eacute;ration des r&eacute;formes. Cette m&eacute;thode n'est pas nouvelle puisque, comme le rappelle le professeur Grard (2001),</p>      <blockquote>     <p align="justify"> En tout &eacute;tat de cause, la nouvelle m&eacute;thode invite &agrave; se rem&eacute;morer une tranche de l'histoire europ&eacute;enne lorsque Fran&ccedil;ois 1<sup>er</sup> et Charles Quint se disputaient le Saint Empire romain germanique. Pour cette &eacute;lection imp&eacute;riale de 1519, les premi&egrave;res offres de l'or et les &eacute;lecteurs s'engagent &agrave; voter pour lui. Le second promet de l'or, beaucoup d'or, s'il est &eacute;lu: il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu... (p. 20).</p> </blockquote>      <p align="justify"> Or nous savons que les r&eacute;formes, dont il s'agit, ont trait &agrave; la r&eacute;forme de l'Etat, &agrave; un r&eacute;am&eacute;nagement des d&eacute;penses budg&eacute;taires sur les secteurs sociaux (surtout depuis la r&eacute;forme de 1999), etc.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> Sur un plan pratique, en juillet 2002, 8 Etats avaient atteint le point d'ach&egrave;vement (La Bolivie, le Burkina Faso, la Guyana, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Tanzanie et l'Ouganda), dont quatre pour la deuxi&egrave;me fois (La Bolivie, le Burkina Faso, le Mozambique et l'Ouganda), et 21 Etats avaient atteint le point de d&eacute;cision. La p&eacute;riode de latence, entre le point de d&eacute;cision et le point d'ach&egrave;vement, pendant laquelle l'Etat doit adopter les r&eacute;formes conformes au D.S.R.P (ou C.S.L.P), connaît une amplitude importante.</p>      <p align="justify"> Ainsi, si l'on excepte le cas de la C&ocirc;te d'Ivoire (qui a atteint le point de d&eacute;cision sous le r&eacute;gime de l'Initiative, en mars 1998, avant que guerre civile en d&eacute;cembre 1999, ait interrompu le processus devant amener au point d'ach&egrave;vement), cette amplitude, dans le cadre de l'Initiative renforc&eacute;e, varie entre 3 mois (l'Ouganda qui a atteint le point de d&eacute;cision en f&eacute;vrier 2000 et le point d'ach&egrave;vement en mai 2000) et 27 mois, pour les Etats ayant atteint le point d'ach&egrave;vement, c'est le cas de la Mauritanie, qui a atteint le point de d&eacute;cision en f&eacute;vrier 2000 et le point d'ach&egrave;vement en juin 2002 (Gautam, 2003).</p>      <p align="justify"> La seule explication de cette diff&eacute;rence r&eacute;side dans l'&eacute;tat d'avancement des r&eacute;formes entreprises dans le cadre d'un C.S.L.P. Comme l'avait sugg&eacute;r&eacute; les membres du G7/G8 &agrave; Cologne:</p>      <blockquote>     <p align="justify"> La deuxi&egrave;me &eacute;tape pourrait ainsi &ecirc;tre consid&eacute;rablement raccourcie lorsqu'un pays r&eacute;alise &agrave; l'avance d'ambitieux objectifs de politique (&laquo;point de r&eacute;alisation flottant&raquo;). Ce m&eacute;canisme devrait &eacute;noncer les &eacute;tapes prioritaires pr&eacute;cises &agrave; franchir pour approfondir les r&eacute;formes structurelles et accroître l'investissement du secteur priv&eacute;, notamment pour ce qui est de la r&eacute;duction de la pauvret&eacute; (Rapport des ministres des finances du G7, 1999, &sect;7).</p> </blockquote>      <p> Or cet avancement a soulev&eacute; de nombreuses critiques. Comme le rapporte, M. Gautam,</p>      <blockquote>     <p align="justify"> Les directives &eacute;nonc&eacute;es dans le cadre de l'initiative pour accroître les d&eacute;penses publiques privil&eacute;gient les secteurs sociaux par rapport aux autres secteurs (...). Cela pr&eacute;sente deux inconv&eacute;nients. Premi&egrave;rement, les crit&egrave;res de performance mettent l'accent sur les d&eacute;penses plut&ocirc;t que sur les r&eacute;sultats ou sur l'impact, alors que l'augmentation des d&eacute;penses peut se heurter &agrave; la loi des rendements d&eacute;croissants. Les minist&egrave;res de l'&eacute;ducation et de la sant&eacute; sont dans bien des cas mal arm&eacute;s pour g&eacute;rer efficacement un budget important (...). Deuxi&egrave;mement la rigidit&eacute; de l'allocation des ressources est un sujet de pr&eacute;occupation majeur que soulignent les repr&eacute;sentants des pays d&eacute;biteurs. Ils font observer que les restrictions externes qui p&egrave;sent sur l'allocation de leurs ressources peuvent &eacute;roder la discipline budg&eacute;taire et inciter les dirigeants nationaux &agrave; passer la main&raquo; (Gautam, 2003, p. 136).</p> </blockquote>      <p align="justify"> Ainsi la conditionnalit&eacute; r&eacute;compense, n'est pas forc&eacute;ment synonyme de conditionnalit&eacute; performance. L'octroi aveugle et syst&eacute;matique d'un avantage en raison de l'adoption d'une r&eacute;forme formelle, n'implique pas une effectivit&eacute; de cette r&eacute;forme. Il est n&eacute;cessaire de combiner cette forme de conditionnalit&eacute; avec l'effectivit&eacute; et la souplesse.</p>      <p align="justify"> Un dernier point m&eacute;rite d'&ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;. Le syst&egrave;me de l'Initiative PPTE devrait dans l'id&eacute;al non seulement permettre aux Etats d'avoir atteint un niveau de dette jug&eacute; soutenable mais aussi d'avoir adopt&eacute; les r&eacute;formes structurelles n&eacute;cessaires &agrave; une croissance &eacute;conomique. Les choses sont-elles si simples?</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p align="justify"> En effet l'Initiative suppose un niveau d'aide stable, voire en l&eacute;g&egrave;re progression, or ce n'est pas le cas. Ce postulat est appel&eacute; principe d'additionnalit&eacute;, selon lequel la r&eacute;duction du stock de la dette doit s'ajouter &agrave; l'aide au d&eacute;veloppement. Or depuis la mise en place de cette Initiative deux types de difficult&eacute;s sont apparues: un recul du volume global de l'aide au d&eacute;veloppement, et des difficult&eacute;s de financement de l'Initiative (Le co&ucirc;t total de l'aide apport&eacute;e aux pays dans le cadre de l'Initiative estim&eacute; &agrave; 36 milliards de dollars en VAN en 2001. La moiti&eacute; devant provenir de cr&eacute;anciers bilat&eacute;raux et le reste, pour l'essentiel, de cr&eacute;anciers multilat&eacute;raux. Or en 2001, le total des fonds engag&eacute;s en faveur du fonds fiduciaire PPTE, administr&eacute; par la Banque mondiale a atteint 2,6 milliards de dollars. Et les contributions vers&eacute;es se montaient &agrave; 1,6 milliards de dollars). L'aide publique au d&eacute;veloppement fournie par les pays de l'OCDE a chut&eacute;, depuis 1992, de 20%. Cette diminution a deux effets pervers: le premier est que les PPTE re&ccedil;oivent une aide moindre, en volume global, par rapport &agrave; l'aide vers&eacute;e dans la p&eacute;riode ant&eacute;rieure &agrave; l'Initiative; le second est que, dans le volume global des transferts nets de ressources, la part des PPTE est en constante augmentation de 45% en 1996 &agrave; 78% en 2001. Par voie de cons&eacute;quence, la part des Etats pauvres, mais pas assez endett&eacute; pour b&eacute;n&eacute;ficier de l'Initiative, r&eacute;gresse, ce qui laisserait &agrave; penser qu'il y a, pour pouvoir b&eacute;n&eacute;ficier de cette Initiative, une &laquo;prime &agrave; la mauvaise gestion&raquo; ou, a contrario, une p&eacute;nalisation des Etats tentant d'honorer leurs obligations (Raffinot, 2000).</p>      <p>De plus cette initiative implique que tous les cr&eacute;anciers jouent le jeu. Or les choses sont loin d'&ecirc;tre aussi &eacute;videntes tant pour les membres du club de Paris, que pour (et surtout) les Etats nonmembres (<a href="http://www.imf.org/external/np/pp/2007/eng/110707.pdf" target="_blank">http://www.imf.org/external/np/pp/2007/eng/110707.pdf</a>).</p>      <p align="justify"> Il y a ainsi dans le traitement par la Communaut&eacute; internationale des donateurs, des probl&egrave;mes engendr&eacute;s par la dette, une ambigu&iuml;t&eacute; certaine, qui permet aux institutions financi&egrave;res d'augmenter le nombre de conditionnalit&eacute;, en vue de la r&eacute;duction de cette dette (Abulgasem Abokshem, 1995).</p>      <p align="justify"> Ambigu&iuml;t&eacute; renforc&eacute;e par la perspective d'une annulation totale de la dette. Pour compl&eacute;ter l'initiative PPTE, le G8 d&eacute;cida en juin 2005 de mettre en place une nouvelle initiative: L'initiative d'all&eacute;gement de la dette multilat&eacute;rale (IADM). L'IADM vise l'annulation int&eacute;grale des cr&eacute;ances admissibles de trois institutions multilat&eacute;rales sur un ensemble de pays &agrave; faible revenu, afin d'aider ces pays &agrave; progresser sur la voie des objectifs du Mill&eacute;naire pour le d&eacute;veloppement (OMD) des Nations Unies, dont le but essentiel est de r&eacute;duire de moiti&eacute;, &agrave; l'horizon 2015, le nombre de personnes vivant dans la pauvret&eacute;. De prime abord, on ne peut que se f&eacute;liciter de cette nouvelle initiative. Cela &eacute;tant elle souffre de nombreuses lacunes dont la plus importante est la suivante: il n'y a pas d'annulation collective des cr&eacute;anciers, chacun pris individuellement (m&ecirc;me si certains essaient de se coordonner) d&eacute;cide des crit&egrave;res et du moment de l'annulation. Ainsi pour le FMI, elle ne concerne que les Etats ayant atteint le point d'ach&egrave;vement de l'initiative PPTE et ceux dont le revenu par habitant est inf&eacute;rieur  &agrave; 380 dollars EU et qui ont encore une dette envers le FMI &agrave; la fin 2004, &agrave; la convenance du Conseil d'Administration du FMI.</p>      <p align="justify"> Or une fois de plus, les exigences pos&eacute;es par les institutions financi&egrave;res internationales imposent aux Etats d'adopter des r&eacute;formes politiques.</p>      <p align="justify"> La question que l'on peut d&egrave;s lors se poser est la suivante: bien que proclam&eacute;e &agrave; grand renfort de m&eacute;dias et de communication auquel se m&ecirc;lent de bons sentiments, cette annulation totale de la dette, tant souhait&eacute;e par les d&eacute;biteurs, n'est elle pas un leurre, un moyen de faire esp&eacute;rer des Etats sur un avenir meilleur, tout en portant atteinte &agrave; leur souverainet&eacute;?</p>  <hr> <font size="3">     <br>    <p><b>References</b></p></font>      <!-- ref --><p>Abulgasem Abokshem, M. A. (1995), The role of the IMF in the international debt management: The case of Sub-Saharan Africa. En D. Carreau, &amp; M. N. Shaw (Eds.), <i>La dette ext&eacute;rieure/ The external debt </i>(pp. 315-342). Dordrecht: Martinus Nijhoff Publishers.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000111&pid=S1657-8953200800020000500001&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p>Camdessus, M. (s.d.) <i>Good governance: the IMF's role. </i>Consult&eacute; le 15 august 2008, <a href="http://www.imf.org/external/pubs/ft/expr/governgovindex.htm" target="_blank">http://www.imf.org/external/pubs/ft/expr/governgovindex.htm</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000112&pid=S1657-8953200800020000500002&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Carreau, D. (1985). Le r&eacute;&eacute;chelonnement de la dette ext&eacute;rieure des Etats. <i>Journal du droil international</i> 112:5-48.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000113&pid=S1657-8953200800020000500003&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Carreau, D. (1995). Chronique de droit international &eacute;conomique. <i>Annuaire fran&ccedil;ais de droit international</i> 36:632-677.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000114&pid=S1657-8953200800020000500004&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Carreau, D. &amp; Shaw, M. M. (1995). <i>La dette ext&eacute;rieure/ The external debt. </i>Dordrecht, Holanda: Martinus Nijhoff Publishers.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000115&pid=S1657-8953200800020000500005&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Ciss&eacute;, H. (1995), Le Fonds Mon&eacute;taire International et l'endettement ext&eacute;rieur, En D. Carreau &amp; M. N. Shaw (Eds.), <i>La dette ext&eacute;rieure/ The external debt </i>(pp. 277-313). Dordrecht: Martinus Nijhoff Publishers.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000116&pid=S1657-8953200800020000500006&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Chavagneux, Ch. (2003). FMI, Banque mondiale: le tournant politique. <i>Revue d'&eacute;conomie financi&egrave;re</i> 70:209-218.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000117&pid=S1657-8953200800020000500007&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Delaume, G. (1955). Jurisdiction of Courts and International Loans: A Study of Lender's Practice. <i>Journal of Comparative Law</i> 6:189-193.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000118&pid=S1657-8953200800020000500008&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Espinosa de los Monteros, R. Z. (1995), Les dettes publiques des Etats &agrave; l'&eacute;gard des organisations internationales. En: D. Carreau &amp; M. Shaw (Eds.), <i>La dette ext&eacute;rieure/ The external debt </i>(pp. 258-272). Dordrecht, Holanda: Martinus Nijhoff Publishers.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000119&pid=S1657-8953200800020000500009&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Edwards Jr., R.W. (1985). Is an IMF Stand-by Arrangement a &laquo; Seal of Approval &raquo; on which other Creditor can rely?. <i>New York University Journal of International Law and Politics</i> 17:573-612.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000120&pid=S1657-8953200800020000500010&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p>Executive Board of the IMF (1997). <i>The role of the IMF in governance issues: guidance note. </i>Consult&eacute; le 15 august 2008, <a href="http://www.imf.org/external/pubs/ft/exrp/govern/govindex.htm" target="_blank">http://www.imf.org/external/pubs/ft/exrp/govern/govindex.htm</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000121&pid=S1657-8953200800020000500011&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p>FMI (1999), Cadre strat&eacute;gique de lutte contre la pauvret&eacute;. consult&eacute; le 15 octobre 2008, <a href="http://www.imf.org/external/np/pdr/prsp/fre/poverty1.htm" target="_blank">http://www.imf.org/external/np/pdr/prsp/fre/poverty1.htm</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000122&pid=S1657-8953200800020000500012&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Focsaneanu, L. (1985). Endettement ext&eacute;rieur, ren&eacute;gociation des dettes, contr&ocirc;le du cr&eacute;dit transnational. <i>Revue geineirale de droit international public</i> 2:299-352.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000123&pid=S1657-8953200800020000500013&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Gautam, M. (2003), Debt relief for the Poorest. An OED review of the HIPC Initiative, <i>World Bank Operations Evaluation Department, </i>Washington D.C, p. 136&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000124&pid=S1657-8953200800020000500014&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Gianviti, F. (1989), The IMF and external debt, <i>R.C.A.D.L</i> 215:205-286.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000125&pid=S1657-8953200800020000500015&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Grard, L. (1995), Le Club de Paris et les dettes publiques des Etats, En: D. Carreau &amp; M. Shaw (Eds.), <i>La dette ext&eacute;rieure/ The external debt </i>(pp. 197-254). Dordrecht, Holanda: Martinus Nijhoff Publishers.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000126&pid=S1657-8953200800020000500016&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p>Grard, L. (2001), L'œuvre des instances financi&egrave;res internationales en faveur de l'all&eacute;gement de la dette des Etats d'Afrique subsaharienne, <i>Afrilex, </i>2 &#91;versi&oacute;n electr&oacute;nica: <a href="http://www.afrilex.u-bordeaux4.fr/IMG/pdf/2dos2grard.pdf" target="_blank">http://www.afrilex.u-bordeaux4.fr/IMG/pdf/2dos2grard.pdf</a>&#93;.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000127&pid=S1657-8953200800020000500017&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> MacLean, R. G. (1989), Legal aspect of external debt, <i>R.C.A.D.I., </i> vol. 214, p. 75.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000128&pid=S1657-8953200800020000500018&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Meetarbhan, M. J. N. (1995). Vers un droit international de la dette ext&eacute;rieure. En: D. Carreau &amp; M. Shaw (Eds.), <i>La dette ext&eacute;rieure/ The external debt </i>(pp. 485-534). Dordrecht, Holanda: Martinus Nijhoff Publishers&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000129&pid=S1657-8953200800020000500019&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Mubiala, M. (1991), La ren&eacute;gociation de la dette du tiers-monde (&eacute;tude juridique), <i>R.J.P.I.C, 3-4, </i>305-311.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000130&pid=S1657-8953200800020000500020&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Raffinot, M. (2000). Le cadeau empoisonn&eacute; de l'annulation de la dette. <i>Probl&egrave;mes &eacute;conomiques</i> 2664:4-9.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000131&pid=S1657-8953200800020000500021&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p align="justify"> Rapport des ministres des finances du G7 (18-20 juin 1999), sur l'initiative d'all&eacute;gement de la dette de Cologne, <i>pr&eacute;sent&eacute; au Sommet &eacute;conomique de Cologne.</i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000132&pid=S1657-8953200800020000500022&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --><!-- ref --><p>Sommet de Halifax (1995). Examen des institutions internationales. Consult&eacute; le 15 august 2008, <a href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/onu-organisations-internationales_1032/organisations-economiques-financieres_1124/g7-g8_2562/ precedents-sommets_719/canada-sommet-halifax-15-17-juin-1995_733/examen-institutions-internationales_3704.html" target="_blank">http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/onu-organisations-internationales_1032/organisations-economiques-financieres_1124/g7-g8_2562/ precedents-sommets_719/canada-sommet-halifax-15-17-juin-1995_733/examen-institutions-internationales_3704.html</a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000133&pid=S1657-8953200800020000500023&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --> ]]></body><back>
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